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Le Monde salue la perte d'objets africains dans les musées français
Michel Guerrin consacre une chronique enthousiaste à la loi sur les restitutions adoptée début mai. Le journaliste estime que les musées français vont perdre nombre de pièces essentielles d'Afrique ou d'Asie, et que c'est une excellente nouvelle
 
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(SenePlus) - Le rédacteur en chef au Monde qualifie la loi sur les restitutions de "texte formidable" et salue un profond changement de mentalité en France et en Europe. Pour lui, le fait que les musées français perdent de nombreux objets africains ou asiatiques est une excellente nouvelle.

Michel Guerrin, rédacteur en chef au Monde, consacre une chronique enthousiaste à la loi sur les restitutions adoptée début mai. Il qualifie le texte de "formidable" et "historique", soulignant qu'il était "inimaginable il y a dix ans". Le vote à l'unanimité constitue selon lui un exploit en période de crispations identitaires.

Le chroniqueur observe un profond changement de mentalité en France et en Europe qu'Emmanuel Macron a pressenti. La nouvelle génération dans les musées occidentaux est bien plus favorable aux restitutions que la précédente. Un sondage de 2021 a révélé que plus d'un Britannique sur deux soutient le retour des marbres du Parthénon à la Grèce, ce que Guerrin qualifie de "sacrée surprise".

Le journaliste salue particulièrement deux audaces du texte. D'abord, il couvre non seulement les objets entrés illégalement en France mais aussi de façon "illicite", comme un achat à vil prix, une façon de pointer la colonisation. Ensuite, il ne conditionne plus les restitutions à la présence de musées aux "standards internationaux" en Afrique.

Guerrin reprend une formule employée par le site Afrique XXI : depuis quand un braqueur a-t-il un droit de regard sur le destin d'un bien qu'il a volé ? L'État restitué fait ce qu'il veut, peut déposer l'objet où il veut selon ses normes, voire le donner ou le vendre.

Face aux craintes de voir les musées français se vider, le chroniqueur estime qu'il y a de la marge avec 150 000 objets d'Afrique subsaharienne. Mais il assume pleinement : "Nos musées vont perdre nombre de pièces essentielles d'Afrique ou d'Asie, et c'est très bien."

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