(SenePlus) - C'est dans le cadre de la réunion du Think tank des cadres de la coalition Diomaye Président, ce dimanche 14 juin 2026, qu'Abdoulaye Tine, porte-parole de la présidence de la République, a pris la parole pour éclairer l'opinion sur les ressorts du nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô.
Abdoulaye Tine a été sans ambages sur les critères ayant guidé le président Bassirou Diomaye Faye dans la composition de son équipe gouvernementale. Le premier, et le plus déterminant, est la compétence. D'où le caractère résolument technocratique du nouveau cabinet. Mais la compétence seule ne suffit pas, elle peut même, selon le porte-parole, se révéler dangereuse en l'absence d'alignement politique. C'est pourquoi un deuxième critère s'est imposé : la loyauté. « Sans la loyauté, la compétence ne sert à rien. Elle peut même être dangereuse s'il y a un compétent qui n'est pas loyal parce qu'il peut y avoir des détournements d'objectif », a-t-il averti.
Le troisième critère, la déférence, renvoie directement à la lettre de la Constitution. Le président de la République, rappelle Tine, est le chef suprême des armées, nomme à tous les emplois civils et militaires et préside les conseils de sécurité et de défense. À ce titre, c'est à lui et à lui seul qu'il revient de définir la politique de la nation et d'exercer l'autorité dans le déploiement des politiques publiques.
Au-delà des critères de sélection, Abdoulaye Tine a également mis en cause une dérive institutionnelle observée durant les deux premières années du mandat : la coexistence, dans les esprits de nombreux collaborateurs, d'une ligne de démarcation entre l'action de la présidence et celle de la Primature. Une distinction qu'il qualifie de « factice ». Constitutionnellement, souligne-t-il, ces deux entités sont deux facettes d'une même réalité indissociable : le président définit la politique de la nation, le Premier ministre la coordonne et l'exécute.
Le porte-parole a annoncé un « retour de balancier » vers les équilibres institutionnels initiaux, où présidence et Primature concourent aux mêmes objectifs, chacune dans le respect de ses prérogatives propres, mais dans un esprit de collaboration pleine et entière.
Cette clarification doctrinale s'accompagne d'un changement méthodologique profond. Le nouveau gouvernement entend substituer à la logique de dépenses engagées une logique de résultats concrets, au service des aspirations légitimes des citoyens, en matière d'éducation, de santé, d'emploi et d'égalité des chances. La périodicité des conseils des ministres sera également revue, passant d'un rythme hebdomadaire à bimensuel, la semaine intermédiaire étant consacrée à l'évaluation systématique de l'action gouvernementale.