Le gouvernement sénégalais a suspendu, le 8 juillet 2026, les Déclarations d’Importation de Produits Alimentaires (DIPA) et a octroyé de nouvelles subventions aux rizeries pour protéger la filière nationale face à la concurrence asiatique. Cependant, une pause d’un mois seulement — expirant dès le 8 août 2026 — reste largement insuffisante.
Ce délai trop court ne permet absolument pas de mobiliser les ressources palliatives nécessaires, ni de restructurer durablement un marché intérieur déséquilibré par une inflation alimentaire qui a dépassé 12 % en glissement annuel au premier semestre 2026. Une trêve si brève ne peut en aucun cas justifier les efforts exigés des acteurs locaux pour porter le taux de couverture des besoins nationaux en riz local de 35 % aujourd’hui à un objectif de 60 % d’ici 2030.
D’ici 2028, en rapport avec nos partenaires techniques et financiers, nous engagerons un effort de R&D visant à déployer de nouvelles variétés de riz adaptées aux demandes locales et aux cycles climatologiques.
Pour inverser durablement la tendance, un plan d’action axé sur la qualité et le packaging est indispensable, avec une mise en œuvre en trois phases (2026–2027, 2028–2029, 2030–2032) :
• Modernisation industrielle : réévaluation du potentiel des entreprises existantes telles que la Compagnie Agricole de Saint-Louis du Sénégal (CASL) et Agro Industries du Nord (A.I.N) situées à Ross-Béthio, et examiner, au moyen de subventions ciblées la mise à niveau de leurs équipements et machines de tri optique, avec un objectif de réduction des taux d’impuretés de 80 % et une uniformisation du calibrage sur 90 % des volumes transformés d’ici fin 2028.
• Standardisation du packaging : emballages modernes en formats de 25 kg et 50 kg, avec un objectif de généralisation à 75 % des rizeries labellisées d’ici 2029.
• Labellisation d’origine : certification « Origine Sénégal », avec un objectif de couverture de 50 % de la production commercialisée d’ici 2030.
• Logistique intégrée : réseau de distribution reliant la vallée du fleuve aux boutiques de quartier, avec un objectif de réduction des délais de livraison de 40 % et des pertes post-récolte de 15 % à moins de 5 % d’ici 2031.
Le succès de ce plan repose exclusivement sur un accompagnement diligent et permanent de l’État compte tenu de la transversalité du secteur agricole dans son ensemble. Le cumul de mauvaise gestion de la filière depuis les indépendances en 1960, continue de produire une hémorragie financière estimée à plusieurs centaines de milliards de FCFA cumulés, qui plombe aujourd’hui nos rizières locales et régionales. Sans réformes structurelles profondes et urgentes engagées avant 2027, les investissements actuels resteront vains.