La Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a franchi un cap décisif dans la structuration de son football en officialisant, ce dimanche 19 avril 2026, une vaste réorganisation de ses encadrements techniques.
Cette réforme, l’une des plus ambitieuses de ces dernières années, intervient dans la foulée de la nomination de Souleymane Diallo au poste stratégique de Directeur technique national (DTN). Elle traduit une volonté forte de refonder les bases du football sénégalais, en mettant l’accent sur la formation, la performance durable et la valorisation du vivier national.
Avec plus de 400 candidatures enregistrées, le processus de recrutement mis en place par la FSF s’est voulu rigoureux, sélectif et transparent. À son terme, il a permis de doter presque toutes les sélections nationales de staffs techniques complets et renouvelés. Une exception notable subsiste toutefois : l’équipe nationale A masculine, volontairement maintenue en dehors de cette vague de changements, dans un souci de stabilité au sommet de la pyramide.
Le symbole le plus fort de cette réorganisation reste sans doute le retour de Serigne Saliou Dia à la tête de la sélection olympique (U23). Figure reconnue du football local, il retrouve un poste qu’il avait marqué de son empreinte en menant le Sénégal au sacre lors des Jeux africains de 2015.
Fort de son expérience avec les catégories de jeunes, notamment couronnée par un titre continental avec les U17 en 2023, Dia aura pour mission prioritaire de qualifier les Lions pour les Jeux olympiques, une compétition que le pays n’a plus disputée depuis Jeux olympiques de Londres 2012. Ce choix s’inscrit dans une logique de continuité et de maîtrise des circuits de formation vers le haut niveau. Au‐delà de ce retour stratégique, c’est toute l’architecture technique du football sénégalais qui a été repensée. L’équipe nationale locale est désormais confiée à Aliou Mal, tandis que Malick Daff conserve les commandes des U20, avec un encadrement revisité pour insuffler un nouvel élan. Chez les U17, la responsabilité a été confiée à Lamine Ludovic Sané, alors que la catégorie U15 sera dirigée par Ousmane Diop.
La filière féminine, en pleine progression ces dernières années, bénéficie également d’une attention particulière. La FSF a opté pour la continuité avec le maintien de Mame Moussa Cissé à la tête de l’équipe A, tout en renouvelant les staffs des catégories jeunes. Ainsi, Abatalib Fall prend en charge les U20, Christian Basse les U17, et Fatou Mery Faye les U15. Une organisation qui vise à structurer durablement la progression des joueuses et à renforcer la compétitivité du Sénégal sur la scène africaine.
Dans le même temps, la FSF a choisi de préserver ses acquis dans certaines disciplines. C’est le cas du beach soccer, où Ngalla Sylla est reconduit dans ses fonctions. Un choix logique au regard des performances régulières du Sénégal sur la scène continentale et internationale dans cette discipline. Derrière cette refonte globale se dessine une vision claire portée par Souleymane Diallo : harmoniser les méthodes de travail, créer des passerelles entre les différentes sélections et bâtir un projet technique cohérent à long terme. L’objectif est de garantir une meilleure transition des talents entre les catégories, tout en instaurant des standards élevés en matière de formation et de per‐ formance.
La prochaine étape de cette réforme sera la nomination des Teams Managers pour chaque sélection, afin de compléter le dis‐ positif organisationnel. Mais au‐delà des annonces, c’est désormais sur le terrain que cette nouvelle dynamique sera jugée. Les compétitions continentales à venir pour les équipes de jeunes constitueront un premier test grandeur nature. En engageant cette transformation en profondeur, la FSF affiche clairement ses ambitions : consolider la place du Sénégal parmi les grandes nations du football africain et préparer, dès aujourd’hui, les succès de demain.