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Le silence "cannibale" de l'État envers Amadou Lamine Sall
Le poète sénégalais a dû renoncer à briguer le secrétariat général de l'OIF, faute de soutien de l'État. Une désillusion qu'il dénonce aujourd'hui avec la plume acérée qu'on lui connaît
 
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1004065
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(SenePlus) - Le poète sénégalais Amadou Lamine Sall ne dirigera pas l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Faute de parrainage officiel de l'État sénégalais, sa candidature n'a pas pu être déposée avant la clôture officielle du 3 avril 2026. Dans une tribune poignante, l'homme de lettres dénonce le mépris et l'indifférence des autorités face à un projet qui visait à honorer son pays.

C'est avec la plume affûtée qui a fait sa renommée mondiale que le poète Amadou Lamine Sall a acté la fin de ses ambitions pour la Francophonie. Dans une tribune intitulée « Clôture des candidatures ! Le Sénégal indifférent », publiée le 10 avril 2026 dans le quotidien La Dépêche (n°934), le lauréat des Grands Prix de l'Académie française exprime son amertume face à l'inaction de son propre pays.

« Nous avons été éduqués dans le respect, c’est donc dans le respect que nous abordons le silence cannibale, bu jusqu’à la lie, qui traduit l’indifférence ferme du Sénégal à ne pas porter notre candidature à la tête de la Francophonie », écrit d'emblée l'intellectuel sénégalais.

Depuis le 6 août 2025, date à laquelle il avait formellement sollicité le soutien du président de la République, Amadou Lamine Sall est resté dans l'attente. Les statuts de l'OIF exigent en effet le parrainage officiel d'un État membre pour valider toute candidature au secrétariat général. Mais pendant neuf mois, c'est un « silence de cathédrale désertée » qui lui a été opposé.

« Aucun retour de correspondance, aucun message, aucune prise de position, ni oui ni non, n’ont été formulés par qui de droit. Sans sourate, une dernière pelle de sable a enseveli la candidature d’un fils qui ne cherchait qu’à honorer son pays », déplore-t-il dans sa tribune. Lors d'un entretien accordé la veille au quotidien L'Observateur, l'écrivain avait même fustigé cette situation en la qualifiant de véritable « incivilité républicaine ». Le Sénégal a finalement choisi de soutenir une candidature de la RD Congo, s'alignant sur plusieurs autres pays du continent.

Malgré la rudesse de ce qu'il qualifie de « gifle » institutionnelle, Amadou Lamine Sall refuse de s'enfermer dans le ressentiment. Son texte est avant tout un immense message de gratitude envers ceux qui ont cru en son projet de « refonder la Francophonie ». Il remercie chaleureusement la presse sénégalaise, les intellectuels, les anciens responsables de la Francophonie (dont Jean-Louis Roy), ainsi que de nombreuses personnalités politiques françaises qui lui ont témoigné leur soutien.

L'ancien disciple de Léopold Sédar Senghor rappelle que sa démarche ne visait pas la gloire personnelle : « Ce n’est pas Amadou Lamine Sall qui allait être promu, mais le Sénégal lui-même ». Faisant preuve de hauteur, le poète s'incline « souverainement » devant le choix de l'État, concluant sur une note vibrante : « Ce pays ne sera pas un naufrage ! [...] C’est par la dignité que nous répondrons à l’humiliation ». Et de souhaiter, en homme de lettres accompli, « bonne chance et une belle mission » au futur Secrétaire général de l'OIF.

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