(SenePlus) - À moins de 24 heures d'un match décisif contre l'Irak à Toronto, l'ambiance au sein de la délégation sénégalaise est lourde, marquée par deux défaites et une série de couacs logistiques. Dans un reportage diffusé sur la RTS, l'envoyé spécial Ibrahima Mboup dresse un tableau sans concession de la situation des Lions.
C'est un départ sans faste ni sourires que les Lions du Sénégal ont effectué en direction de Toronto. Capuches sur la tête, visages fermés, les joueurs ont quitté leur base de New Jersey dans une atmosphère que l'envoyé spécial de la RTS Ibrahima Mboup décrit comme « véritablement très pesante ». Une poignée de journalistes — une dizaine à peine — était présente pour couvrir ce départ, sans aucun supporter pour réchauffer l'ambiance. Le poids de deux défaites consécutives, contre la France puis contre la Norvège, se lisait sur tous les visages.
Pourtant, l'espoir mathématique demeure. Une victoire convaincante face à l'Irak pourrait encore propulser le Sénégal dans la phase suivante. Tout dépendra, selon Ibrahima Mboup, des choix tactiques de Pape Thiaw. « Cette équipe nationale n'appartient pas à un joueur ou à un autre, ça appartient à tout un pays », rappelle le journaliste, appelant le sélectionneur à dépasser toute considération sentimentale et à titulariser les jeunes en forme plutôt que de s'accrocher à des cadres en difficulté. Après l'absence de rotation entre le match contre la France et celui contre la Norvège — et les conséquences que l'on connaît —, le message est clair : il est temps de secouer le onze de départ.
Des couacs logistiques qui alourdissent le contexte
Au-delà du terrain, la délégation sénégalaise est frappée par une cascade de problèmes administratifs. Le photographe officiel de la Fédération sénégalaise de football (FSF) et l'un des cameramans n'ont pas obtenu leur visa pour le Canada et sont restés à quai. Seul l'infographiste, décrit comme un profil multitâche, a pu faire le déplacement et tentera de combler partiellement ces absences. Plusieurs membres du comité exécutif de la FSF sont également bloqués, les procédures de demande de visa ayant été lancées trop tardivement depuis Dakar. Ils suivront le match depuis des fan zones à New York ou New Jersey.
La presse sénégalaise en résidence aux États-Unis se trouve, elle, dans une situation particulièrement délicate. Les quelque quarante envoyés spéciaux présents depuis le début de la compétition sont piégés par leur visa américain à entrée unique : rejoindre Toronto pour couvrir le match signifierait renoncer à revenir sur le territoire américain en cas de qualification du Sénégal. Seuls quelques journalistes partis directement du Sénégal vers le Canada, sans passer par les États-Unis, peuvent assurer la couverture du match sur place.
Le 12e homme attendu malgré tout
Du côté des supporters, la mobilisation s'organise tant bien que mal. Depuis le New Jersey, au moins deux bus sont prévus pour rallier Toronto, soit environ six heures de route. Mais l'accès au stade reste un obstacle majeur : sur les 400 billets alloués par l'État sénégalais aux supporters basés au Canada pour ce troisième match, plus de 1 500 personnes auraient déposé une demande. La distribution s'annonce donc très tendue, d'autant que les billets disponibles sur le marché atteignent 1 000 dollars ou plus, un tarif hors de portée pour beaucoup.
Malgré ces contraintes, Ibrahima Mboup se veut optimiste quant à une présence sénégalaise dans les tribunes du stade canadien. Les Lions, dit-il, « auront besoin de ce supplément d'âme » pour aborder dans les meilleures conditions un match qui engage toute la suite de leur Mondial.