Le Directeur de la Promotion de la Bonne gouvernance au ministère de l’Intégration africaine du NEPAD et de la promotion de la Bonne gouvernance, Ibrahima Dème, s’est expliqué sur le choix du PNUD pour exécuter le programme d’urgence du développement national. Une décision du Chef de l’Etat qui a créé une levée de boucliers notamment de la Société civile mais aussi de certains économistes.
Ibrahima Dème justifie le choix de Macky Sall de confier l’exécution du programme d’urgence du développement communautaire (PUDC) par le PNUD. Le Directeur de la Promotion de la Bonne gouvernance au ministère de l’Intégration africaine du NEPAD et de la promotion de la Bonne gouvernance, relève trois aspects.
Selon lui, «il faut prendre en compte d’abord, c’est le contexte dans lequel évolue le Sénégal aujourd’hui avec un monde rural où les besoins en terme d’infrastructures et de financements des initiatives de développement sont extrêmement importants.»
Ensuite, M. Dème relève, «une administration qui est dans une phase de transition vers un nouveau mode de gestion axé sur les résultats qui entrent en vigueur en 2017».
Enfin, il souligne «c’est le PNUD qui une agence d’exécution du système des Nations Unies et qui a capitalisé une grande expérience en matière d’appui au développement avec des outils personnels. Des procédures et un personnel technique de haute qualification. Ce n’est pas l’administration qui est délaissée mais c’est le PNUD qui est impliqué dans la mise en œuvre d’un programme étatique».
«C’est une nouvelle démarche du président de la République qui vient répondre à une préoccupation essentielle, d’avoir des résultats de développement à la base parce qu’aujourd’hui les problèmes sont nombreux en milieu rural, il est important d’avoir une stratégie et des mécanismes qui permettent aux populations de bénéficier très rapidement et dans les meilleurs délais de la mise en œuvre des activités», conclut-il.
Mais, ces explications n’ont pas convainc, le Congad encore moins, Abdoulaye Makhtar Diop.
Contestant ce choix de l’Etat du Sénégal, le CONGAD met en avant l’existence «d’organes exécutifs rompus à la tâche» comme «l’AGEROUTE, la Direction de l’Hydraulique rurale, l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), les démembrements du ministère en charge de la Famille, les Organisations Non Gouvernementales d’Appui au Développement (ONG), etc.»
Sur ce point, le Directeur de la Promotion de la bonne gouvernance, précise sur la RFM que «toutes ces structures sont en train de travailler sur des programmes spécifiques».
Et que «ce qui est nouveau, c’est que nous sommes dans une phase d’urgence à réaliser des infrastructures dans le monde rural. Tout le dispositif est piloté à partir de la Primature avec un comité de pilotage et un conseiller du Premier ministre chargé du suivi de ce programme (…)».
Ancien ministre de la Fonction publique, Abdoulaye Makhtar Diop n’est pas non plus convaincu. «Ce que le président vient de faire annonce ce qu’il veut faire globalement : externaliser les missions de l’Etat vers une Organisation des Nations Unies. Cela me parait très bizarre. L’externalisation peut se faire vers d’autres structures spécialisées mais je ne pense pas que le programme des Nations unies a pour vocation la mise en œuvre sur le terrain des programmes du gouvernement financés entièrement par l’Etat du Sénégal». Fort de ce fait, il préfère penser à «une période test».
Ce, d’autant plus que déclare Abdoulaye Makhtar Diop : «Aller très vite ne veut pas dire, se mettre en marge des procédures et des organes de contrôle. L’efficacité de l’administration, je ne la remets pas en cause. Ce qui peut faire croire que l’administration est lente dans l’exécution, c’est peut-être la volonté politique d’aboutir à des résultats dans des cours délais (…)».