(SenePlus) - Sur Polymarket, la plus grande plateforme mondiale de marchés prédictifs, l'ancien président sénégalais figure parmi les quatre principaux candidats au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Mais les parieurs privilégient largement Rafael Grossi, directeur de l'AIEA, crédité de 60% de chances.
Les spéculateurs mondiaux ne croient pas (encore) au scénario Macky Sall à la tête de l'ONU. Sur Polymarket, la plateforme de paris prédictifs qui avait correctement anticipé la victoire de Donald Trump en 2024, l'ancien chef d'État sénégalais n'obtient que 5% de probabilité de devenir le prochain Secrétaire général des Nations Unies, selon les données consultées ce mercredi 23 avril 2026.
Le marché, ouvert le 22 avril 2026 à 14h (heure de l'Est américain), classe Macky Sall en troisième position à égalité avec l'ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet. Loin devant, Rafael Grossi, l'Argentin qui dirige l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), domine les pronostics avec 60% de chances. La Costaricienne Rebecca Grynspan, actuellement secrétaire générale de la CNUCED, arrive en deuxième position avec 23%.
Le marché précise dans ses règles qu'« un processus de sélection est actuellement en cours pour choisir le prochain Secrétaire général des Nations Unies, le mandat actuel devant prendre fin le 31 décembre 2026 ». Selon Polymarket, la nomination devra être formalisée avant le 30 juin 2027 à 17h (heure de l'Est), faute de quoi le marché sera résolu en faveur de l'option « Autre ».
Avec un volume de transactions de 2 300 dollars seulement, ce marché reste pour l'instant marginal sur la plateforme, un signe que les traders considèrent cette succession comme peu prévisible ou qu'ils attendent des signaux plus clairs avant d'engager des fonds importants. Pour comparaison, les marchés sur le conflit Iran-États-Unis ou sur les élections américaines génèrent des volumes se chiffrant en millions de dollars.
La faible cote accordée à Macky Sall contraste avec la couverture médiatique dont bénéficie sa candidature au Sénégal et dans certains médias africains. Elle reflète peut-être le scepticisme des investisseurs internationaux face aux chances réelles d'un candidat africain dans un contexte géopolitique dominé par les grandes puissances, ou l'absence à ce stade d'un soutien diplomatique visible et massif en sa faveur.
Polymarket, qui se présente comme « le plus grand marché prédictif au monde », opère via des entités juridiques distinctes. Sa version américaine est régulée par la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) en tant que « Designated Contract Market », tandis que sa plateforme internationale fonctionne de manière indépendante sans supervision de la CFTC.
Le site avertit que « le trading comporte un risque substantiel de perte » et que la résolution du marché se fera « principalement sur la base d'informations officielles des Nations Unies, bien qu'un consensus de sources crédibles puisse également être utilisé ». Une simple recommandation du Conseil de sécurité ne suffira pas : seule compte la nomination formelle, excluant tout Secrétaire général par intérim.
À ce stade, les parieurs mondiaux semblent parier sur une succession technique et consensuelle incarnée par Rafael Grossi, plutôt que sur un candidat porteur d'un projet de rupture ou de rééquilibrage géopolitique comme pourrait l'être Macky Sall.