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Macky Sall se positionne comme "bâtisseur de ponts" pour diriger l'ONU
L'ex-président a subi mardi un marathon de questions de la part des 193 États membres réunis en dialogue interactif. Restauration de la confiance, réforme de l'ONU, conflits mondiaux et représentation africaine au Conseil de sécurité ont dominé la partie
 
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  • https://www.youtube.com/watch?v=_abzNucIMgM

(SenePlus) - L'ancien président sénégalais a défendu mardi 22 avril sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies lors d'un dialogue interactif marathon de près de trois heures. Face aux représentants des 193 États membres, il a plaidé pour une ONU réformée, impartiale et capable de restaurer la confiance entre les nations.

Macky Sall a ouvert son propos en rappelant ses 12 années à la tête du Sénégal et son expérience des forums multilatéraux. "Ce que je souhaite apporter à l'organisation, c'est une tradition d'échange de plusieurs années avec la plupart des dirigeants ici représentés, au G7, au G20 et dans d'autres cadres bilatéraux et multilatéraux", a-t-il déclaré devant l'Assemblée générale.

Sa première priorité, a-t-il annoncé, serait de "contribuer à restaurer la confiance, apaiser les tensions, réduire les fractures et redonner espoir dans notre action collective". L'ancien chef d'État s'est positionné comme un secrétaire général impartial qui "parle à tous et qui écoute tous", se définissant comme un "bâtisseur de ponts entre les nations, entre les cultures et les civilisations, entre l'est et l'ouest, entre le nord et le sud".

Sur la diplomatie préventive, Macky Sall a promis d'engager "sans délai une diplomatie préventive plus active dans l'alerte précoce, la médiation, la coopération entre les nations, surtout celle entre les Nations-Unies et les organisations régionales". Il a également annoncé vouloir travailler avec les États membres sur "l'efficacité des opérations de maintien de la paix" et maintenir "les droits humains au cœur de l'agenda des Nations-Unies".

Financement du développement et réforme de l'architecture mondiale

Face à l'insuffisance des financements publics pour les infrastructures de développement, le candidat a proposé une approche renouvelée. "Le financement du développement soit davantage porté par le partenariat, l'investissement et le commerce appuyé par un meilleur accès au crédit afin de soutenir une croissance et une prospérité partagée", a-t-il plaidé. Il a suggéré que le forum annuel sur le financement du développement réunissant l'ONU, les institutions de Bretton Woods, l'OMC et le secteur privé serve de catalyseur.

Sur la réforme de l'ONU, Macky Sall s'est montré déterminé. "Si je suis élu, je continuerai les efforts de réforme par une gestion transparente et rigoureuse", a-t-il affirmé, précisant que trois impératifs guideraient son action : "rationaliser, simplifier, optimiser". Il a promis une meilleure coordination entre agences, fonds et programmes pour éviter les duplications, rappelant que sur 40 000 mandats votés depuis la création de l'ONU, seuls 4 000 sont actuellement actifs.

Interrogé par de nombreux groupes régionaux, dont le G77, l'Union européenne, le groupe africain et les petits États insulaires, Macky Sall a dû répondre à des questions pointues sur sa vision des conflits actuels. Sur le conflit entre l'Ukraine et la Russie, il a rappelé s'être rendu à Kiev avec six chefs d'État africains et à Sotchi en 2022. "Lorsqu'un membre permanent du conseil de sécurité participe à un conflit, il est très difficile de trouver une solution", a-t-il reconnu, tout en s'engageant à "poursuivre inlassablement" les efforts de paix.

Pour le Moyen-Orient, il a identifié comme urgence "la résolution du conflit entre les États-Unis d'Amérique, Israël et la République islamique d'Iran", tout en soulignant la nécessité de travailler sur "le Moyen-Orient qui est un conflit qui a duré depuis plusieurs décennies entre Israël et la Palestine". Il n'a pas oublié l'Afrique, qualifiant le conflit au Soudan de "plus meurtrier aujourd'hui où on a le plus de victimes qui se déplacent".

Parité femmes-hommes et représentation africaine

Sur l'égalité des genres, Macky Sall a fait une annonce claire. "Déjà mon adjointe sera une femme. Venant du sud, elle viendra du nord", a-t-il déclaré, avant de détailler son bilan au Sénégal : première femme Premier ministre, premières femmes gouverneurs de région, première femme chef de la police, première femme générale de l'armée. "Je suis un 'he for she', quelqu'un qui va davantage travailler pour la promotion des femmes et pour le droit des femmes", a-t-il martelé.

Concernant la réforme du Conseil de sécurité, le candidat a défendu la position africaine. "Le consensus d'Ezulwini" prévoit deux postes de membres permanents avec droit de veto et deux postes additionnels de membres non permanents pour l'Afrique. "En tant que secrétaire général, mon rôle c'est d'accompagner une réforme consensuelle", a-t-il précisé, tout en insistant sur la nécessité de préserver l'efficacité du Conseil.

Sur le changement climatique, Macky Sall a plaidé pour une attention particulière aux pays vulnérables. "L'Afrique pollue pour moins de 4% et subit de plein fouet les effets de changement climatiques", a-t-il rappelé, promettant de renforcer le financement de l'action climatique pour les petits États insulaires et les pays côtiers qui "sont plutôt des victimes" de la pollution mondiale.

Face aux questions sur le terrorisme en Afrique, l'ancien président de l'Union africaine a lancé un appel. "Nous ne devons pas laisser les seuls pays engagés particulièrement en Afrique face au terrorisme international", a-t-il plaidé, soulignant que "l'Afrique devient le ventre mou dans la lutte contre le terrorisme international" et rappelant l'hommage dû aux "plus de 4 000 membres de casque bleu qui sont morts au front" depuis 1948.

En conclusion, après près de trois heures d'échanges avec les représentants des États membres et de la société civile, Macky Sall a lancé un appel à l'unité. "Nous sommes à la croisée des chemins aujourd'hui. D'un côté, il y a un monde avec des nations divisées et de l'autre côté, il y a un monde où les nations sont unies", a-t-il déclaré, ajoutant : "Dans un monde fracturé, comme jamais, nous devons rétablir la confiance et nous devons à nouveau avoir la volonté d'agir ensemble."

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