(SenePlus) - Le Mali a essuyé, samedi 18 juillet, l'une des pertes militaires les plus lourdes depuis le début de sa crise sécuritaire il y a une quinzaine d'années. Un convoi de l'armée malienne qui quittait la ville stratégique d'Anéfis pour rallier Gao est tombé dans une embuscade tendue par une coalition de combattants indépendantistes touaregs du Front de libération de l'Azawad (FLA) et de jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Selon un bilan provisoire communiqué dimanche par des sources locales et militaires à l'AFP, l'attaque a fait plus de 50 morts et une vingtaine de prisonniers dans les rangs des Forces armées maliennes (FAMa).
Cette embuscade s'inscrit dans le prolongement direct de la bataille d'Anéfis, engagée début juillet. Le 4 juillet, la coalition FLA-JNIM avait lancé une offensive de grande ampleur sur la localité, située entre Gao et Kidal, avant que les forces maliennes et les paramilitaires russes de l'Africa Corps ne parviennent à reprendre le contrôle de la ville le 9 juillet, au prix de plusieurs jours de combats et d'un premier convoi de renfort repoussé près de Tabankort. Le convoi visé samedi faisait partie des renforts envoyés depuis Gao pour consolider cette position reconquise, un axe qui reste sous la pression constante des groupes armés.
D'après les témoignages recueillis par l'AFP, plusieurs militaires auraient été exécutés après avoir été capturés, un élément qui a conduit l'état-major malien à ouvrir une enquête sur les circonstances de ce revers. Les paramilitaires russes, déjà positionnés à Gao au moment des faits, n'auraient pour leur part subi aucune perte, un déséquilibre qui alimente les interrogations récurrentes sur la répartition des risques entre soldats maliens et supplétifs de l'Africa Corps depuis le retrait de Wagner et son remplacement par ce groupe téléguidé par Moscou.
Cette nouvelle attaque illustre la fragilité persistante du dispositif sécuritaire malien, près d'une décennie et demie après le déclenchement de la crise de 2012. Depuis les deux coups d'État de 2020 et 2021, la junte au pouvoir avait fait de la reconquête territoriale et de la lutte contre les groupes jihadistes et indépendantistes l'axe central de sa légitimité. Un an plus tôt, en août 2024, l'armée malienne et ses alliés russes avaient déjà subi une défaite marquante à Tinzaouatène, près de la frontière algérienne. Le nord du pays, où se concentrent les enjeux territoriaux touaregs et l'implantation jihadiste, demeure ainsi le principal front d'une guerre dont l'issue paraît toujours aussi incertaine.