Acculés de toutes parts depuis leur assaut meurtrier du samedi 25 avril dernier, les groupes terroristes semblent désormais dérouler une autre phase de leur stratégie : frapper les infrastructures stratégiques afin d’éprouver davantage les populations maliennes et de susciter un mécontentement populaire susceptible d’affaiblir le régime militaire en place.
Hier, c’est la ligne haute tension issue du barrage hydroélectrique de Barrage de Manantali qui a été sabotée, provoquant un dysfonctionnement majeur dans le circuit d’alimentation électrique du Mali. Cette opération d’envergure intervient dans un contexte où le pays demeure confronté à de sérieuses difficultés d’approvisionnement énergétique, aggravées par l’irrégularité des livraisons d’hydrocarbures transitant principalement par le Sénégal. L’appoint du Niger et du Burkina Faso reste insuffisant pour assurer le fonctionnement optimal des installations de production énergétique
Les conséquences de ce sabotage risquent d’être durement ressenties par les populations. L’approvisionnement en eau potable, le fonctionnement des structures hospitalières ainsi que plusieurs services essentiels pourraient subir d’importantes perturbations, le temps que les équipes techniques procèdent à la remise en état des pylônes et des installations endommagées, sous la protection des forces de défense et de sécurité.
Il va sans dire que le Sénégal et la Mauritanie pourraient également ressentir les effets de cette attaque en raison de l’interconnexion des réseaux électriques régionaux. Le flux énergétique provenant de Manantali est notamment dispatché à partir du Poste électrique de Tobène, dans le département de Tivaouane.
Toutefois, la Senelec dispose aujourd’hui d’un avantage stratégique grâce à la diversification progressive du mix énergétique national, notamment à travers les infrastructures d’énergies renouvelables implantées à Taïba Ndiaye, Tène‐Mérina Ndakhar, Sindian et dans d’autres localités.
En tout état de cause, le Mali mérite d’être soutenu sous diverses formes dans sa lutte contre le terrorisme, tant cette menace dépasse désormais le seul cadre national pour constituer un défi majeur à la stabilité et à la sécurité de toute la sous‐région ouest‐africaine.