Les responsables et militants de la Fédération Urbaine du Parti Démocratique Sénégalais de Saint‐Louis sont dans tous leurs états. Ils ont tenu un point de presse pour dénoncer ce qu’ils qualifient de forcing d’Adja Oumiyatou Faye, fille du maire Mansour Faye, qui leur a envoyé un huissier pour leur intimer l’ordre de quitter la permanence de leur parti qui lui appartiendrait.
Ces partisans du président Abdoulaye Wade disent niet et comptent mener le combat pour, disent‐ils, garder leur siège qui est un patrimoine du PDS.
Le secrétaire général de la Fédération PDS de Saint‐Louis, Djibril Sakho, très en colère, déclare que l’actuel maire Mansour Faye, « à travers sa fille Adja Oumiyatou Faye, n’a aucun cadeau à offrir au président Abdoulaye Wade pour la célébration de ses cent ans au mois de Mai prochain que de vouloir prendre sa permanence à Saint-Louis »
Mais, le responsable PDS de Saint‐Louis indique que c’est un cadeau empoisonné, vu l’assignation servie à cette dernière qui soutient que c’est sa propriété.
«Nous ne manquerons pas d’interpeller des institutions comme l’OFNAC pour que cette affaire soit tirée au clair», a‐t‐il déclaré.
Djibril Sakho saisit l’occasion pour demander des explications sur les formes d’enrichissement qui ont permis à la fille de Mansour Faye d’acquérir ce bien du PDS.
Il a également interpellé l’ancien directeur général de la société SN‐HLM, M. Kassé, actuel président du Conseil départemental de Tambacounda, pour qu’il explique comment administrativement, on a pu transcrire un autre nom à la place du Parti Démocratique Sénégalais.
«À l’heure où l’Afrique et le monde entier sont en train de célébrer l’anniversaire de Me Wade, il est inconcevable qu’on puisse nous demander de déguerpir les lieux», fulmine‐t‐il.
M. Sakho place toutefois cela dans le contexte de la concurrence et du regain d’activités du PDS, qui a affiché son ambition de participer aux élections locales en présentant un candidat
Djibril Sakho appelle ainsi à la grande mobilisation pour dire non à ce qu’il qualifie de forfaiture.
«Nous nous battrons jusqu’à notre dernier souffle pour que ce bien légué par notre leader national reste entre les mains du PDS», a‐t‐il conclu
Témoin des événements, Samba Wade, président de la Fédération urbaine de Saint‐ Louis du PDS, revient sur le processus qui a abouti à l’implantation de cette permanence.
«Je suis un témoin oculaire. Lorsque l’entrepreneur est venu à SaintLouis et montrait le plan à feu Ousmane Masseck Ndiaye pour la réfection de cette permanence. J’étais là, présent, en compagnie de feu Ousmane Masseck Ndiaye et de Lamine Sylla. Farba Senghor, qui avait été envoyé par le président Abdoulaye Wade pour vérifier les papiers de la maison, avait pris Me Fatima Fall comme huissier. Je faisais partie de la délégation qui s’était rendue à la SNHLM, dont le siège est à côté de la permanence. On avait inscrit le nom du PDS et non celui d’Abdoulaye Wade sur les papiers. Et si, après des années, une fille du nom d’Adja Oumiyatou Faye envoie le même huissier, Me Fatima Fall, qui était en compagnie de Farba Senghor en son temps et se chargeait du dossier, pour dire que la maison lui appartient, il y a problème, il y a anguille sous roche. Ils sont en train de réveiller un volcan qui dort», a‐t‐il révélé.
Moussa Ndiaye, militant de la première heure du PDS, confirme que le siège appartient au PDS et a rappelé le caractère symbolique des lieux
«Le président Abdoulaye Wade a tenu son premier meeting dans ce lieu, en 1974, et à l’époque les autorités du PS étaient tellement surprises qu’elles avaient même coupé l’électricité. Nous étions obligés de placer un tabouret pour que la foule puisse voir la silhouette de Me Wade», a‐t‐il rappelé avant d’assimiler cette affaire à une agression d’un allié du PDS, parce que partageant le même groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, Takku Wallu
Il interpelle la justice pour que le faussaire puisse être identifié et épinglé, ainsi que tous les complices
«En 2022, lors de la première audience, la dame a été déboutée et l’avocat du PDS à l’époque, c’était Me Alioune Abatalib Gueye, qui en sait beaucoup», a‐t‐il rappelé.
Les militants et responsables du Parti Démocratique Sénégalais soutiennent mordicus que ce siège leur appartient et que si la plaignante a un papier administratif à présenter, elle n’a qu’à s’adresser au président Abdoulaye Wade qui leur avait octroyé ce local.
Ils disent ne reculer d’un iota pour préserver leur bien.
Les membres du PDS se posent la question de savoir d’où la fille de Mansour Faye tire l’argent et interpellent l’État du Sénégal, à travers l’OFNAC, sur cette affaire.