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À mon avis, une réconciliation paraît difficile
Secoué par de nouvelles dissensions internes, le Parti socialiste peine à retrouver sa place. Pour Amadou Serigne THIAM, Enseignant chercheur en Sciences politique à l’Ucad, cette crise est le résultat d’un long processus marqué par la perte du pouvoir
 
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Secoué par de nouvelles dissensions internes, le Parti socialiste peine à retrouver sa place sur l’échiquier politique sénégalais. Pour Amadou Serigne Thiam, Enseignant chercheur en Sciences politique à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), cette crise est le résultat d’un long processus marqué par la perte du pouvoir, l’érosion de son électorat et les rivalités de leadership. Dans cet entretien, il estime qu’une réconciliation entre les différents camps paraît peu probable et appelle à une refondation du parti autour d’un nouveau souffle politique.

Comment appréciez-vous cette nouvelle crise au sein du PS ? 

La nouvelle crise qui secoue le Parti socialiste est à la fois une crise de leadership et une crise existentielle. En réalité, elle remonte à la perte du pouvoir et à la dualité qui existait déjà entre feu Ousmane Tanor Dieng et Khalifa Sall. À cela s’ajoute l’érosion progressive de son électorat au fil des années. 

Le parti dispose-t-il encore d’une offre politique susceptible de séduire les jeunes générations et de retrouver une place centrale dans le paysage politique sénégalais ? 

Aujourd’hui, il faut reconnaître que le Parti socialiste ne parvient plus à séduire la jeunesse. Il n’arrive plus à proposer une offre politique alternative capable de fédérer les Sénégalais et de recueillir leur adhésion. Il avait davantage d’impact lorsqu’il faisait partie de la coalition Benno Bokk Yakaar et participait à l’exercice du pouvoir. Mais aujourd’hui, il s’agit davantage d’une structure dont le contenu est miné par des querelles de leadership et de légitimité. 

Quels sont, selon vous, les scénarios les plus probables pour les prochains mois ? 

Le scénario le plus probable serait d’engager des discussions avec Khalifa Sall afin d’explorer les possibilités d’une alliance avec le Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR), dans le but de peser davantage dans le jeu électoral. 

Une réconciliation entre les différents camps est-elle encore possible ? 

À mon avis, une réconciliation paraît difficile. Le fossé qui s’est creusé est profond et chaque acteur tend à construire sa propre bannière politique. Pour qu’une réconciliation soit effective, il faudrait que les différents leaders renoncent à leurs ambitions personnelles et acceptent de se retrouver derrière une même figure fédératrice. À cet égard, Khalifa Sall semble avoir le profil adéquat, dans la mesure où il constitue un trait d’union entre les anciens militants et la jeune génération. 

Que devrait faire en priorité Aminata Mbengue Ndiaye pour restaurer l’unité du parti ? 

Aminata Mbengue Ndiaye ne semble plus avoir les moyens politiques de porter seule le Parti socialiste ou de poursuivre ce combat. Elle devrait envisager de passer le relais, tout en œuvrant au rassemblement de la famille socialiste et à l’organisation d’un congrès, afin de permettre au parti de retrouver un nouveau souffle. 

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