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Par Abdoul Aziz Diop
Ma plainte ouverte contre Ousmane Sonko
EXCLUSIF SENEPLUS - Pour l’opposant menteur, la tâche de liquidation par l’image ternie de l’adversaire est d’autant plus aisée que les fortes densités de populations des zones urbaines en expansion rapide permettent d’atteindre la grande masse
 
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Le mercredi 17 juin 2026, à 9:26, j’ai reçu un appel d’un adjudant de la Direction de la cybersécurité. Ledit adjudant dont la courtoisie força mon respect et ma considération me notifia ma convocation pour que je sois entendu le même jour à 15 heures précises sur une vidéo me concernant. Pris de court, j’ai poursuivi ma conversation avec mon interlocuteur en lui suggérant la date du jeudi 18 juin 2026 à 10 heures précises pour me rendre à la Cybersécurité. Il raccrocha après m’avoir demandé d’attendre. Au second appel à 9:29, il accepta ma proposition après avoir consulté son supérieur hiérarchique. J’ai alors profité de la communication qui dura 2 minutes pour dire à l’adjudant combien je suis ravi d’échanger avec lui, l’occasion m’étant donné de lui dire à vive voix la haute idée que je fais des Forces de défense et de sécurité (FDS) sans lesquelles le maintien de l’ordre et la protection défaillants des biens et des personnes constitueraient un énorme préjudice pour les Sénégalaises et les Sénégalais sur toute l’étendue du territoire de la République du Sénégal.

Pour n’avoir pas lu les journaux du mercredi 17 mai 2026, je me suis contenté de bribes d’information provenant d’amis indignés à la lecture de titres comme : « Abdoul Aziz Diop activement recherché », « Mandat d’arrêt contre Abdoul Aziz Diop », « Après ses insultes contre Sonko, Abdoul Aziz Diop en passe d’être arrêté », etc. En écoutant et/ou en apercevant sur l’écran de mon smartphone le gribouillage insensé de quelques titres, je fis une fois encore le constat que très peu de personnes savent ce que « Démocratie sénégalaise » veut dire et que la régression dont elle pâtit depuis 2021 peut être valablement imputé au chef de « Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité » (Pastef) dont le blanc-seing donné aux militants et aux sympathisants constitue une incitation permanente dudit chef de parti à multiplier les dérives verbales, toutes impunies, qui rythment son action sur le terrain.

Qu’est-ce que « Démocratie sénégalaise » veut dire ?

« Démocratie sénégalaise » est l’une des expressions les plus usitées dans le débat public au Sénégal à travers les médias - presse écrite et presse en ligne comprises - dans les rencontres politiquement connotées comme le lancement d’ouvrages politiques s’appuyant, selon les autrices et les auteurs, sur l’observation et/ou sur les résultats de recherches en sciences sociales toutes disciplines confondues. Mais jamais les animatrices et les animateurs de ce qu’on appelle « Démocratie sénégalaise » n’ont pris le recul - pouvant être coûteux - nécessaire lors d’une pause permettant de déterminer les rouages de la démocratie sénégalaise et la place de chacun d’eux dans l’animation avant  les grands choix démocratiques lors des élections. Heureusement, la Constitution actuellement en vigueur - de janvier 2001 relookée à la suite du référendum constitutionnel du 20 mars 2016 - dit de la démocratie sénégalaise, dès le Préambule, ce qu’aucun texte juridico-politique ne dit d’elle :

Constitution de la République du Sénégal

Le peuple du Sénégal souverain,

PROCLAME : 

« la volonté du Sénégal d'être un Etat moderne qui fonctionne selon le jeu loyal et équitable entre une majorité qui gouverne et une opposition démocratique, et un Etat qui reconnaît cette opposition comme un pilier fondamental de la démocratie et un rouage indispensable au bon fonctionnement du mécanisme démocratique ».

Ma convocation à la Direction de la cybersécurité au prétexte de propos injurieux tenus lors d’un entretien, le samedi 13 juin 2026, avec une journaliste de la chaîne de télévision YËGLÈ TV s’inscrit dans l’optique de la diabolisation par médias interposés, d’isolement et de privation de liberté d’un démocrate - Abdoul Aziz Diop - totalisant à lui tout seul un quart de siècle de vie politique à succès qui lui a valu l’élévation au rang de Chevalier dans l’ordre national du Lion.

De la division du travail politique 

Le préambule de la Constitution met en relief une division du travail politique d’une rare clarté théorique et pratique dont la teneur est sans cesse bafouée par Pastef et son chef politique.

Du droit positif sénégalais

Le droit est dit positif lorsque son application par les juges a le primat sur les analyses théoriques et/ou métaphysiques auquel il se prête. Droit applicable donc positif. Aujourd’hui même, l’ensemble des règles juridiques en vigueur dans l’État du Sénégal et qui s’appliquent effectivement, constitue le droit positif sénégalais. L’application effective, en cas de nécessité, de la Constitution par le juge constitutionnel fait que la loi fondamentale est une partie intégrante du droit positif. 

La Constitution a néanmoins la particularité d’être la norme suprême en vigueur dans un État dont elle constitue la base de l'ordre juridique. Aussi nous sert-elle seule ici de ligne de démarcation pour montrer comment est divisé le travail politique au Sénégal et comment cette division permet de cerner la bonne ou mauvaise qualité de l’engagement citoyen que l’on soit au pouvoir ou que l’on s’en éloigne peu ou prou.

Du travail politique et de sa division

Ce que nous désignons ici par travail politique n’est pas un travail en tant que tel puisqu’il exclut une rémunération et ne vise évidemment pas la production de biens et de services. Comme tout travail, il requiert néanmoins un effort physique et intellectuel plus ou moins intense qui légitime une division nettement moins accentuée que celle opérée par les entreprises à travers la répartition horizontale - dictée par la spécialisation - ou verticale - par souci de hiérarchisation - des tâches et sous-tâches. Dans la division du travail politique dont il est question ici, l’accent est mis sur la séparation drastique en deux agrégats antagonistes que sont le pouvoir politique et l’opposition politique. Dans le cas du Sénégal, la division du travail politique est l’œuvre du constituant dont la mouture finale de la Constitution proposée éclaire la séparation dès son préambule. Le peuple du Sénégal souverain y proclame « la volonté du Sénégal d'être un État moderne qui fonctionne selon le jeu loyal et équitable entre une majorité qui gouverne et une opposition démocratique, et un Etat qui reconnaît cette opposition comme un pilier fondamental de la démocratie et un rouage indispensable au bon fonctionnement du mécanisme démocratique ». Comme si la loyauté et l’équité entre la majorité et l’opposition ne suffisaient pas au moment de l’écriture de la loi fondamentale, le constituant fait de l’opposition un « pilier fondamental » et un « rouage indispensable » qui empruntent à la division du travail rémunéré et générateur de richesses la hiérarchie qui profite d’abord à l’opposition en la positionnant au-dessus de la majorité. Évidemment cette dernière n’en pâtit que très peu ou pas du tout dès lors que sa position de pouvoir et les avantages et privilèges qu’elle en tire sont assez intimidants pour l’opposition démocratique et républicaine. Le sentiment d’illégitimité qui peut en découler ou en découle réellement est pour beaucoup dans l’engagement citoyen d’un côté comme de l’autre, l’épithète citoyen recouvrant ici la même réalité républicaine,  égale pour tous,  que l’on soit au pouvoir ou dans l’opposition. Deux travers - la paresse et le mensonge politiques - ne se manifestent plus alors de la même manière, quand ils ne se métamorphosent pas, dépendant du côté où se situe le citoyen engagé.

L’univers des possibles est alors celui des scénarios dont nous privilégions deux d’entre eux pour expliquer autant que faire se peut la cause principale des mensonges de l’opposant le mieux placé par rapport à tous les autres contempteurs du pouvoir - premier scénario - et la cause principale de la considérable métamorphose des mensonges - deuxième scénario - en cas de succès électoraux et d’accession au pouvoir. Là où le premier scénario est celui explicatif de l’artifice de l’opposant menteur, le deuxième en dit long sur le commis incompétent qui n’est personne d’autre que l’opposant menteur promu dirigeant donc grand commis de l’État plus par le rang que par les aptitudes avérées et les résultats concrets qu’elles permettent d’engranger.

L’opposant fâché avec la vérité

Dans un travail normal, la rémunération, en échange de la production de biens et services pour répondre à la demande d’un marché bien étudié et durablement prometteur, motive principalement l’effort physique et/ou intellectuel du travailleur. En disparaissant du travail politique à but non lucratif, la rémunération dégarnit - pas toujours - l’aire de la motivation physico-intellectuelle. Parcourir les distances qu’il faut pour aller au contact des citoyens et des territoires qui les abritent et les entretiennent par leur rendement permet à l’opposant de se faire une idée exacte des manques et des besoins à satisfaire en établissant un état des lieux exhaustif dont dépend l’écriture qualitative d’un plan adéquat de transformation du réel indésirable. Quant à l’opposant fâché avec la vérité, la disponibilité de moyens de communication bon marché (radio, télévision, Internet, réseaux sociaux, etc.) suffit à atteindre les cibles que l’on ne conquiert plus par un programme puisqu’il suffit juste de leur servir des tonnes de mensonges sur l’adversaire au pouvoir dont on comprend parfaitement pourquoi l’action est encore insatisfaisante ou timidement satisfaisante pour la collectivité tout entière. Et pour l’opposant menteur, la tâche de liquidation par l’image ternie de l’adversaire est d’autant plus aisée que les fortes densités de populations des zones urbaines en expansion rapide permettent d’atteindre la grande masse des électrices et des électeurs qui se plaignent des services publics défaillants, de la vie chère et de la promiscuité que ne corrigent pas les politiques publiques d’aménagement du territoire et de logement social. Évidemment, les retards de livraison des biens et services publics dédouanent l’opposant paresseux du diagnostic qui inspire subjectivement l’énoncé des valeurs et objectivement les mesures clés et leur cadrage financier. Plus un opposant est paresseux, plus il ment et plus il cristallise les mécontentements sans qu’il ne soit nécessaire de dire comment les dissiper dans un horizon raisonnable pour les laissés-pour-compte. Juste pour dire que paresse politique et mensonge politique vont de pair pour former le diptyque scénarisé par l’opposant dont les tares constituent le répertoire, prohibé et inscrit dans la mémoire collective pour y demeurer à  jamais, mais auquel plus personne ne prête attention. De sorte que l’erreur fatale au pouvoir est de penser que le public n’est pas dupe et qu’il ne se laisse pas distraire. Mettre hors d’état de nuire ne consiste pas à dire la vérité que personne ne cherche à connaître. La contrariété passe alors par le débat auquel participent les deux franges - pouvoir et opposition - qui se partagent le travail politique. Le débat, déjà bon marché, permet de ne rien laisser passer. Quand le pouvoir y renonce par le mépris de l’autre, l'illusion du nombre dont les vrais contours lui échappent mène inexorablement à sa perte.

Le dirigeant perdu

Le dirigeant perdu est celui du deuxième scénario explicatif de l’attentisme, voire de l’immobilisme. L’opposant dont la crise légitime, à ses yeux,  le mensonge pris pour la vérité arrive enfin au pouvoir en terrain inconnu sans avoir toutes les cartes en main. Il ne sait pas où il est. La tentation du mensonge ne le quitte pas, mais la contre-vérité s’explique moins par la ruse que par la méconnaissance du terrain - diagnostic absent - et des dossiers de l’État. Il ne parle que de ce qu’il ne sait pas, mais qu’il fait semblant de savoir.

Le discours de politique générale n’est que le masque - pas pour longtemps - derrière lequel il s’abrite en y consacrant de longs passages au régime défait et à son legs désastreux. Le climat instauré est celui dans lequel baigne une nouvelle opposition priée par l’opinion de se taire par décence et où le débat est capturé par les médias sortis à peine du jeu de l’opposition ancienne pour se renouveler et donner la parole aux leaders d’opinion crédibles prêts à discuter des convergences et divergences qui font le charme d’une démocratie apaisée. Tout ce à quoi rechigne le grand commis perdu.

Dans chacun des scénarios - celui de l’opposant fâché avec la vérité et celui du dirigeant perdu - la Constitution n’est évidemment pas muette puisqu’elle montre de manière explicite de quoi est fait le travail politique et les relations de travail politique au sein des institutions et en dehors d’elles. L’entreprise politique dispose de prérogatives constitutionnelles lui permettant de surmonter les obstacles à la répartition horizontale et verticale des tâches et sous-tâches politiques et à leur exécution effective durant le mandat en cours. Écrit et dit en cas d’application, le droit positif dont la Constitution est l’esprit et la lettre suprêmes fait que nul n’est indispensable.

On voit bien qu’en tranchant dans le vif la question du pouvoir par une division préambulaire du travail politique assez favorable à l’opposition, la Constitution de la République du Sénégal de janvier 2001, encore en vigueur en dépit  des quinze points de réformes constitutionnelles ratifiés par référendum le 20 mars 2016, préfigure encore aujourd’hui! les contributions qualitatives d’acteurs politiques mus par l’intérêt général sur une longue période.

Où en sommes-nous deux après la troisième alternance ? Si cette contribution au débat constitue le prisme perfectible sous lequel le commentaire libre et/ou l’analyse sont  objectivés, elle aurait permis d’atteindre, au moins en partie, son objectif qui est de poser les premiers jalons d’une théorie de la division du travail politique comme prélude à un engagement citoyen dont le développement économique et social est l’unique horizon. L’aventure qui ne fait que commencer continue si Dieu le veut. 

Mais pour les raisons dites plus haut, Ousmane Sonko n’y participera pas faute de pouvoir la torpiller en neutralisant par tous les moyens ses principaux acteurs dont moi-même. 

Plainte contre Ousmane Sonko

La plainte contre le pire ennemi de la démocratie sénégalaise et du développement économique et social du Sénégal qu’est Ousmane Sonko est une plainte contre celui dont l’ascension politique est synonyme de vie politique illibérale faites d’agressions gravissimes contre l’État de droit, de concentration des pouvoirs, de contrôle de l’opinion et de l’information par l’enrôlement politique, le bâillonnement des médias, la marginalisation outrancière de l’opposition, etc.

Qui est Ousmane Sonko en politique ?

Points saillants

Mai 2023

À son procès pour « viol et menaces de mort » ouvert en mai 2023 devant la Chambre criminelle du Tribunal de Dakar, Ousmane Sonko ne s’est pas présenté pour deux raisons qu’il précisa lui-même :

1. « Désobéissance civile » en violation de l’article 7 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen à laquelle adhère le Peuple souverain du Sénégal (Préambule de la Constitution) ;

2. Invocation d’un « complot politique » dont les comploteurs n’ont jamais été identifiés.

Ousmane Sonko avait alors été condamné par contumace.

Juillet 2023

Ousmane Sonko est arrêté le 28 juillet 2023 à la suite d’une altercation près de son domicile avec une gendarme en civil dont il arracha le téléphone avec lequel la gendarme faisait son travail.

Sonko avait alors été inculpé par le Procureur de la République de plusieurs chefs d’accusation dont le vol de portable, l’agression d’un agent de renseignement, l’appel à l’insurrection, etc.

Mars 2024

Ousmane Sonko n'a pas pu être candidat à l'élection présidentielle de mars 2024 pour cause d’inéligibilité suite à sa condamnation définitive par la Cour suprême à six mois de prison avec sursis pour diffamation.

Dates et faits

Août 2016

Révocation de la Fonction publique pour violation du secret professionnel.

Mai 2023

- Viol & Menaces de mort requalifiés  de corruption de la jeunesse ;

- Contumax ;

- Désobéissance civile

- Complotisme…

Juiillet 2023

- Vol du téléphone d’une gendarme ;

- Agression d’une gendarme ;

- Appel à l’insurrection…

Février 2024

- Diffamation ;

- 6 mois de prison avec sursis ;

- 200 000 000 F CFA d’amende impayée ;

- Inéligibilité..,

Juin 2026

- Limogeage du poste de Premier ministre ;

- Viol du règlement intérieur de l’Assemblée nationale non couvert par le service public de l’audiovisuel …

Plainte contre Ousmane Sonko

La présente plainte contre le chef politique Ousmane Sonko porte d’abord sur l’entrave au débat démocratique à travers les médias. À la télévision essentiellement, les plateaux se sont singularisés pendant les deux dernières années de Pastef au pouvoir par l’absence remarquée d’analystes et de commentateurs accusés d’écart de langage lors de ripostes à des faits d’actualité dont Ousmane Sonko est au cœur et placés sous mandat de dépôt pour cause d’instruction abusive ou à la suite de procès expéditifs.

À cela s’ajoute le parrainage par Pastef de tiktokeuses et de tiktokeurs dont l’interférence négative sur la qualité du débat démocratique passe par l’injure publique, la calomnie, la diffamation, la médisance, etc., dans le but prémédité de l’occupation d’un terrain politique vidé de ses opposants pour la prise du pouvoir et sa conservation sans possibilité pour l’opposition de provoquer les alternances régulières qui assurent à la démocratie sénégalaise sa vitalité et sa bonne image en Afrique et dans le reste monde. 

Dans les deux précédents cas d’agressions contre la démocratie sénégalaise, Ousmane Sonko doit être jugé et condamné, à défaut de relaxes, au versement par son parti d’une compensation du fait du maintien arbitraire en détention de citoyennes et de citoyens sénégalais dont le seul tort est d’assurer à la démocratie sénégalaise le bon fonctionnement apaisé auquel le pays doit sa stabilité et sa bonne signature dans ses relations avec ses partenaires techniques et financiers traditionnels et nouveaux.

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