Le parti Pastef-Les Patriotes (l’ex-responsable de Diourbel affirme que « le Sénégal est plus grand que chacun d’entre nous » et dit agir « en son âme et conscience », sans projet politique commun avec le chef de l’État.Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité) enregistre son premier cas de démission depuis sa rupture avec le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, sur fond de divergences concernant la composition du nouveau gouvernement. Moussa Bala Fofana qui a choisi de ne pas se conformer aux orientations de Pastef en acceptant sa reconduction au poste de ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires dans le nouveau gouvernement, a annoncé hier, jeudi 4 juin, sa démission du parti.
Dans un communiqué rendu public, le désormais ex-responsable patriote dans la région de Diourbel a justifié cette décision par sa « liberté de conscience ». « La liberté de conscience n’a de sens que lorsqu’on accepte d’en assumer les conséquences. C’est pourquoi, afin que nul ne puisse douter de la cohérence de ma démarche, j’ai décidé de démissionner, à compter de ce jour, de Pastef Les Patriotes », a-t-il déclaré.
Poursuivant son propos, Moussa Bala Fofana a toutefois indiqué avoir pris cette décision « sans rancœur, sans amertume, sans esprit de rupture et, au contraire, dans un esprit de collaboration sincère pour l’intérêt supérieur de la Nation ». Car, selon lui, « un patriote peut bien démissionner d’un parti, mais jamais de la Patrie ». Sous ce rapport, il a juré « au nom d’Allah que jamais le président de la République ne m’a parlé de projet politique », affirmant avoir « agi en toute liberté et à titre personnel, en son âme et conscience, sans aucune arrière-pensée »
Revenant sur les raisons qui l’ont amené à franchir ce pas, il a expliqué avoir simplement choisi de poursuivre la mission qui lui avait été confiée au service du Sénégal, conformément aux promesses faites au peuple sénégalais lors de la campagne de 2024, plutôt que de s’inscrire dans une logique partisane. « Le Sénégal est plus grand que chacun d’entre nous. J’ai agi par loyauté : la loyauté envers ma conscience, mon sens du devoir, ma liberté et ma dignité. C’est cette conviction qui a guidé ma décision. Je n’ai pas choisi la facilité ; j’ai choisi le devoir, parfois ingrat. Je n’ai pas choisi le confort de la popularité ; j’ai choisi la continuité du service public dans la sobriété et la responsabilité », a-t-il insisté.
Toutefois, malgré cette décision, Moussa Bala Fofana, a également tenu à réitérer ses propos fraternels à l’endroit du président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Selon lui, « au-delà des circonstances politiques du moment, il demeure pour moi un grand frère, un compagnon de lutte et une personnalité pour laquelle je conserve de l’estime, du respect et de la considération. Nous avons partagé des combats, des convictions et une même volonté de contribuer à la transformation de notre pays. Rien de ce qui se passe aujourd’hui ne saurait effacer cette histoire commune ni les liens forgés dans la sincérité, l’intelligence et le respect mutuel ».