En recevant les cahiers de doléances lors de la Fête du travail, le Président Bassirou Diomaye Faye a fait face à un front syndical désabusé. Entre bilan amer du Pacte de stabilité sociale et menaces de grève généralisée, Mody Guiro, Secrétaire général de la Cnts, a rappelé à l’Exécutif que le respect des engagements n’est pas une faveur, mais un principe non négociable.
Un Pacte de stabilité au bord de la rupture ? Mody Guiro, leader de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts), n’a pas usé de langue de bois lors de la remise officielle des cahiers de doléances. Un an après la signature du Pacte de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable, le constat est cinglant : «La situation sociale actuelle n’est pas celle que nous avions souhaitée», a-t-il déploré. Bien que les centrales syndicales se soient engagées en 2025, parfois malgré les réticences de leur base, le sentiment de trahison prédomine aujourd’hui. Pour le patron de la Cnts, si la volonté de dialogue demeure intacte chez les travailleurs, l’Etat semble avoir déserté le terrain des discussions.
Un diagnostic alarmant
Le diagnostic de Mody Guiro pointe une cause majeure aux tensions actuelles : les lenteurs bureaucratiques et le manque de suivi des rencontres tripartites. Cette inertie administrative fragilise plusieurs secteurs clés : un apaisement précaire après avoir frôlé l’année blanche dans l’éducation, une radicalisation croissante des personnels soignants dans la santé et une menace de grève générale brandie par la Fédération des syndicats autonomes dans le secteur public.
Une «piqûre de rappel» au chef de l’Etat
Face au Président Bassirou Diomaye Faye, Mody Guiro a administré une véritable mise en demeure : «Nous venons rappeler des principes. La centrale ne peut plus s’engager dans des pactes dont les règles du jeu ne sont pas respectées, au risque de perdre toute crédibilité auprès des travailleurs.»
Tout en saluant l’ouverture des ministres de l’Education nationale, de la Fonction publique et du Budget -dont l’implication a permis de sauver l’année scolaire-, le Sg de la Cnts a appelé le chef de l’Etat à «trouver les voies et moyens nécessaires pour des consensus forts». Il a conclu en rappelant que si la grève est un droit constitutionnel, elle reste un ultime recours : «Elle n’est utilisée qu’en dernier ressort, après avoir épuisé toutes les voies de recours possibles.»