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Quel est le véritable niveau des élèves du CM2 ?
Le CFEE 2026 (Certificat de Fin d’Études Élémentaires) a en‐ registré l’un des meilleurs résultats de l’histoire de l’école sénégalaise avec un taux d’admission de 94,49%. Près de 95% des élèves ont tous obtenu leur ticket d’entrée au collège !
 
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Les enseignants Ibrahima Khalil Fall et Cheikh Niang touchent du doigt là où ça fait véritablement mal.. Cette année, le taux national de réussite de 94,49% au Cfee est tout aussi exceptionnel et inédit. Des performances saluées presque partout ! Mais beaucoup d’enseignants pensent que les excellents résultats du Cfee 2026 méritent d’être analysés avec lucidité et objectivité. Certains comme l’écrivain Ibrahima Khalil Fall et l’enseignant Cheikh Niang affirment que le véritable niveau des élèves a été surtout révélé par le Cfee blanc !

Le CFEE 2026 (Certificat de Fin d’Études Élémentaires) a en‐ registré l’un des meilleurs résultats de l’histoire de l’école sénégalaise avec un taux d’admission de 94,49%. Près de 95% des élèves ont tous obtenu leur ticket d’entrée au collège ! Plusieurs académies dépassent d’ailleurs les 95%. D’autres ont fait un record inédit. C’est le cas de Matam qui a pu obtenir 99% de taux de réussite cette année. Des performances qui méritent d’être saluées. Car, elles témoignent des efforts des élèves, des enseignants, des parents et de l’ensemble de la communauté éducative. Mais au‐delà des statistiques, cer‐ tains enseignants restent encore septiques. Pour eux, certaines questions méritent d’être posées. «Ces résultats traduisent‐ils une amélioration réelle du niveau des apprentissages ? Le nouveau format du Cfee évalue‐t‐il suffisamment les compétences fondamentales des élèves ? Un taux national proche de 95% reflète‐t‐il fidèlement la réalité des acquis scolaires»?

Autant de question que se pose actuellement l’enseignant écrivain Ibrahima Khalil Fall. Ce dernier ne mâche pas ses mots. Pour lui, «la réussite est importante, mais la qualité de l’éducation l’est davantage». Enseignant à l’école Cheikh Ibra Faye de l’Ief de Kébémer dans l’inspection d’académie de Louga, M. Fall indique qu’»un système éducatif se juge moins par le nombre de diplômés que par les compétences réelles acquises par les apprenants. Le débat ne doit donc pas porter uniquement sur les taux de réussite, mais aussi sur la maitrise de la lecture, de l’écriture, du calcul, de la pensée critique et de la résolution de problèmes. Le véritable défi n’est pas de faire réussir tous les élèves à un examen, mais de garantir que chaque élève possède les connaissances et compétences nécessaires pour réussir dans la vie».

Entre performances statistiques et..

En tous les cas, les résultats du Certificat de Fin d’Études Élémentaires (CFEE) de cette année se caractérisent par des taux de réussite exceptionnellement élevés au niveau des centres d’examen. Dans de nombreuses écoles, les admissions ont atteint ou avoisiné les 100 %. Si ces performances peuvent être perçues comme un motif de satisfaction pour les autorités éducatives, les communautés scolaires et les familles, «elles soulèvent néanmoins des interrogations légitimes quant à leur adéquation avec les réalités pédagogiques observées sur le terrain», dixit l’enseignant Cheikh Niang. Qui souligne que l’année scolaire écoulée a en effet été marquée par plusieurs contraintes susceptibles d’affecter les apprentissages. Parmi celles‐ci figurent les mouvements de grève ayant entraîné la perte de plus de 150 heures de cours dans plusieurs établissements, avec pour conséquence une réduction significative du quantum horaire normalement consacré aux enseignements. Des perturbations qui, de son avis, ne sont généralement pas sans incidence sur l’acquisition des compétences attendues chez les apprenants.

Pis encore, il a fait appel aux résultats de l’essai national organisé quelques semaines avant l’examen final, et qui avaient mis en évidence des insuffisances importantes dans la maîtrise des savoirs fondamentaux chez les élèves du Cm2. Ces données avaient alors suscité de nombreuses préoccupations parmi les acteurs du système éducatif. Dès lors, il pense que «l’écart observé entre ces évaluations diagnostiques et les résultats définitifs du CFEE appelle une analyse rigoureuse et objective. Cette réflexion s’inscrit également dans un contexte marqué par la suppression de l’entrée en sixième et l’introduction de nouvelles modalités de correction des épreuves. Ces réformes, bien qu’elles puissent répondre à des objectifs de démocratisation et d’amélioration de l’accès à l’éducation, méritent d’être évaluées à l’aune de leur impact réel sur la qualité des apprentissages et sur la crédibilité des mécanismes d’évaluation. Il convient de rappeler que la performance d’un système éducatif ne saurait être appréciée exclusivement à travers les taux de réussite aux examens. Les indicateurs quantitatifs doivent être complétés par une ana‐ lyse qualitative portant sur le niveau réel de maîtrise des compétences, la capacité de raisonnement des élèves, leurs aptitudes rédactionnelles ainsi que leur compréhension des notions fondamentales enseignées». Sur ce, il précise que son intention est loin de remettre en cause les efforts des enseignants, des élèves ou de l’administration éducative. Sa démarche, dit‐il, vise à promouvoir une culture de l’évaluation fondée sur l’objectivité scientifique et l’amélioration continue. Il est formel. «La recherche de résultats satisfaisants ne doit jamais occulter l’impératif de qualité qui constitue le fonde‐ ment même de toute politique éducative durable. 

En définitive, les excellents résultats enregistrés cette année doivent être accueillis avec satisfaction, mais également avec prudence et esprit critique. Ils offrent l’opportunité d’engager une réflexion approfondie sur les conditions réelles des apprentissages, la pertinence des réformes engagées et les mécanismes d’évaluation mis en œuvre. «, a‐t‐il laissé entendre. Pour M. Niang, et au‐delà des statistiques, l’enjeu fondamental demeure la formation de citoyens compétents, autonomes et capables de contribuer efficacement au développement de la Nation.

...exigences de qualité éducative

C’est aussi l’avis de l’enseignant écrivain, Ibrahima Khalil Fall. Qui pense que la qualité de l’éducation doit demeurer notre principale préoccupation, car au‐delà des chiffres, c’est l’avenir de nos enfants et de notre Nation qui est en jeu. Il affirme que le véritable niveau des élèves a été surtout révélé par le CFEE blanc que par les résultats finaux. «Cet essai national avait mis en évidence des difficultés importantes dans la maitrise des compétences de base chez de nombreux apprenants. Des lors, lorsque des taux de réussite de 90% à 100% sont enregistrés dans la quasi‐totalité des écoles, il est légitime de s’interroger sur les facteurs qui expliquent un tel écart. La question n’est pas de nier les efforts des enseignants, des élèves ou de l’administration, mais de savoir si les résultats obtenus reflètent réellement le niveau des apprentis‐ sages. Un système éducatif performant ne se mesure pas uniquement au pourcentage d’admis, mais aussi à la capacité des élèves à lire, comprendre, raisonner, rédiger et résoudre des problèmes. Le véritable défi est donc de garantir que les statistiques de réussite correspondent à une réelle maitrise des compétences attendues», a‐t‐il expliqué. 

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