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Quand Aminata Touré raille le hold-up de l'Assemblée
Face aux cadres de la coalition Diomaye, la superviseure générale a ironisé sur la précipitation de Sonko à s'attribuer la paternité des textes présidentiels de loi tout en glissant une sévère mise en garde politique
 
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1005681
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  • https://www.youtube.com/watch?v=oCtJF64EXmw

(SenePlus) - Avec une métaphore aussi imagée que tranchante, la superviseure générale de la coalition Diomaye Président a commenté la reprise par l'Assemblée nationale des textes présidentiels. Derrière l'ironie, un avertissement clair sur les limites du jeu institutionnel.

Réunie ce dimanche 14 juin autour de leur think tank, la coalition Diomaye Président écoutait Aminata Touré commenter avec un sourire entendu l'une des séquences politiques les plus discutées de ces dernières semaines : la transformation des quatre projets de loi du président Bassirou Diomaye Faye en propositions de loi de l'Assemblée nationale, désormais présidée par Ousmane Sonko. « C'est un peu comme quand une femme va à l'accouchement et puis tout à coup, il y a un monsieur qui sort de quelque part, prend le bébé et court avec : c'est mon bébé, c'est mon bébé. Non, il y a eu un père avant », a lancé la superviseure générale, provoquant les rires de l'assistance.

La boutade ne doit pas faire oublier le fond du message. Mimi Touré a aussitôt recadré son propos : ces textes, quelle que soit la forme procédurale retenue, sont bel et bien issus du dialogue national initié par le chef de l'État. « Tant que ça reste dans le cadre du jeu démocratique, on peut en sourire », a-t-elle consenti. Mais la superviseure générale a été plus directe encore dans des déclarations antérieures à l'adresse du nouveau président de l'Assemblée nationale. « Si tout le monde reste dans le respect de ses prérogatives et met en avant les intérêts du Sénégal, on ne devrait pas avoir de problèmes. J'espère qu'on ne sera pas dans une situation où on va utiliser une institution pour assouvir des intérêts personnels », avait-elle prévenu, ajoutant que le pays ne pouvait se permettre des « scènes de ménage éternelles ».

Au-delà de la passe d'armes institutionnelle, Aminata Touré est venue fixer le cap politique de la coalition. Devant les cadres réunis pour cette rencontre qualifiée d'exceptionnelle, elle a assigné au think tank une mission claire : accompagner l'action du gouvernement du Premier ministre Lô pour bâtir un bilan « apprécié par les Sénégalais » et remporter les prochaines joutes électorales. « Nous ferons la politique autant que nous voudrons, mais il s'agit à l'arrivée d'améliorer les conditions de vie des Sénégalais et rien d'autre », a-t-elle martelé.

Pour y parvenir, la haute représentante du chef de l'État a appelé à mobiliser les meilleurs cerveaux — y compris dans l'opposition et la société civile — autour de secteurs porteurs comme le tourisme, la pêche, la culture et l'agriculture, avec un triptyque stratégique : financement, modernisation, création de valeur ajoutée. Un programme de richesse endogène pensé, in fine, comme le meilleur argument électoral que la coalition puisse opposer à ses adversaires.

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