Skip to main content
Réformes politiques et institutionnelles : Me Mame Adama Guèye plaide pour une République plus exigeante
Invité de l’émission L'invité de #MNF Me Mame Adama Guèye a livré une analyse approfondie de la situation politique nationale, mêlant critiques, propositions et appels à une gouvernance plus rigoureuse.
 
ID
1004906
{"id":1004906,"title":"Réformes politiques et institutionnelles : Me Mame Adama Guèye plaide pour une République plus exigeante","subheadline":"Invité de l’émission L'invité de #MNF Me Mame Adama Guèye a livré une analyse approfondie de la situation politique nationale, mêlant critiques, propositions et appels à une gouvernance plus rigoureuse. ","image":"/sites/default/files/2026-05/mnf_adama.jpg","link":"/article/reformes-politiques-et-institutionnelles-me-mame-adama-gueye-plaide-pour-une-republique"}
  • https://www.youtube.com/watch?v=FFkse8A436Q&t=1444s

Invité de l’émission L'invité de #MNF, Me Mame Adama Guèye a livré une analyse approfondie de la situation politique nationale, mêlant critiques, propositions et appels à une gouvernance plus rigoureuse. L’ancien bâtonnier, figure reconnue de la société civile et ancien président du Forum civil, a notamment insisté sur la nécessité de renforcer l’État de droit, de rationaliser les partis politiques et de rééquilibrer les pouvoirs au sein des institutions sénégalaises.

Au cours de cet entretien, Me Guèye a d’abord réagi à la récente sortie médiatique du président de la République consacrée aux réformes institutionnelles. Selon lui, le débat politique actuel reste excessivement centré sur les querelles partisanes alors que les véritables priorités du pays concernent davantage les questions économiques, sociales et institutionnelles. Il a regretté une fragilisation progressive des institutions, notamment de l’Assemblée nationale, qu’il juge affaiblie par le niveau du débat politique et par certaines tensions observées entre responsables publics.

L’avocat s’est également montré très critique concernant la gestion des fonds politiques. Pour lui, l’utilisation de l’argent public doit obéir à un impératif absolu de transparence et de redevabilité. Même lorsque certaines dépenses relèvent du secret d’État, Me Guèye estime qu’un mécanisme indépendant de contrôle et de certification devrait être instauré afin d’éviter toute dérive clientéliste. Selon lui, « l’argent public est sacré » et ne saurait être laissé à la seule appréciation politique du pouvoir exécutif.

Revenant sur l’appel du chef de l’État aux « forces vives de la nation », Me Guèye a affirmé comprendre l’idée de rassemblement national, tout en soulignant que les véritables urgences du moment demeurent la situation économique et les difficultés sociales. Il a aussi mis en garde contre les pratiques de transhumance politique et les nominations à caractère partisan, qu’il considère contraires à l’éthique républicaine. À ce propos, il a plaidé pour une réforme majeure : l’instauration systématique d’appels à candidatures pour les postes de direction dans l’administration et les entreprises publiques.

Selon lui, le Sénégal gagnerait à s’inspirer de modèles comme le Rwanda, le Bénin ou encore Singapour, où les nominations de hauts responsables reposent davantage sur les compétences, l’expérience et l’intégrité que sur les appartenances politiques. Me Guèye a notamment proposé le recours à des cabinets spécialisés dans la sélection de profils afin d’assurer plus de professionnalisme dans les recrutements publics.

Sur les réformes du code électoral, l’ancien candidat à la présidentielle s’est montré globalement favorable à plusieurs mesures annoncées par les autorités. Il a particulièrement salué l’introduction du bulletin unique, qu’il considère comme une avancée majeure à la fois pour la transparence électorale et pour la réduction des coûts des scrutins. Il a également soutenu le principe de la révision permanente des listes électorales ainsi que la dématérialisation progressive du processus électoral.

En revanche, Me Guèye a appelé à la prudence concernant le transfert total de l’organisation des élections à une structure indépendante. S’il reconnaît la nécessité de soustraire le processus électoral à l’influence politique du ministère de l’Intérieur, il estime néanmoins que certaines dimensions logistiques et sécuritaires demeurent extrêmement complexes et nécessitent encore l’appui de l’administration centrale.

L’ancien président du Forum civil s’est aussi prononcé en faveur d’une rationalisation des partis politiques. Il juge anormal que le Sénégal compte plusieurs centaines de formations politiques, dont certaines n’existent pratiquement que sur le papier. Sans remettre en cause la liberté d’association, il considère qu’un minimum de représentativité et de légitimité devrait être exigé pour créer un parti politique.

Concernant la transformation annoncée du Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle, Me Guèye a relativisé la portée de cette réforme. À ses yeux, il s’agit davantage d’un changement de dénomination que d’une véritable rupture institutionnelle. Il estime toutefois positive l’idée d’élargir la composition de l’organe et de diversifier les modalités de désignation de ses membres afin de renforcer sa crédibilité et sa légitimité.

L’avocat a également insisté sur la nécessité d’un véritable rééquilibrage des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Il regrette que les réformes actuelles restent, selon lui, « cosmétiques » sur ce point. Me Guèye plaide notamment pour une justice réellement indépendante, une réforme profonde du Conseil supérieur de la magistrature et une limitation plus claire de l’influence du pouvoir exécutif sur la carrière des magistrats.

Enfin, il a défendu l’idée d’une « sacralisation de la liberté » dans la Constitution sénégalaise, estimant que la détention devrait rester l’exception et non la règle. Pour lui, le Sénégal doit désormais dépasser les débats purement politiciens et construire un véritable consensus national autour des principes de bonne gouvernance, de compétence, d’intégrité et de responsabilité publique.

1004906
ID
1004906
Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3