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Santé numérique, la jeunesse et la société civile poussent pour un cadre légal dédié
Jeunes acteurs et organisations de la société civile ont appelé à accélérer la mise en place de règles claires pour encadrer l’usage des données médicales, estimant que leur bonne gestion sont essentielles à la modernisation du système sanitaire.
 
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1006045
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(SenePlus) - La transformation numérique du système de santé sénégalais s’impose progressivement comme un enjeu central des politiques publiques, au croisement de la modernisation des services, de la gouvernance des données et de la couverture sanitaire universelle. À Dakar, des acteurs de la société civile et de la jeunesse ont réaffirmé la nécessité d’un cadre légal spécifique à la santé numérique, à l’occasion d’une table ronde initiée par la coalition Transform Health Sénégal, réunissant décideurs et parties prenantes.

Point focal des jeunes de la coalition, Awa Beye a rappelé que la dynamique actuelle s’inscrit dans la continuité d’un forum organisé en avril, au cours duquel il était prévu une table ronde qui réunirait des décideurs autour des enjeux liés à la santé numérique. Cette rencontre tenue ce mercredi 25 juin 2026 a notamment permis de poser les bases d’un dialogue entre institutions, société civile et jeunesse.

Elle souligne qu’au-delà de la loi actuelle encadrant les données à caractère personnel, le Sénégal a besoin d’un dispositif juridique spécifiquement dédié à la santé numérique. Un projet de texte est en cours d’élaboration, mais sa finalisation et son adoption nécessitent, selon elle, un engagement fort des décideurs politiques, notamment au niveau parlementaire.

Dans cette perspective, la coalition plaide pour une implication accrue de l’ensemble des parties prenantes, afin d’accélérer le processus législatif et de garantir une meilleure prise en charge des spécificités liées aux données de santé. Pour Awa Beye, la transformation du système de santé passe inévitablement par la digitalisation des services et des données médicales, considérée comme un levier de développement et d’efficacité.

Elle insiste également sur le rôle central des jeunes dans cette transition. Porteurs d’innovation et familiers des outils numériques, ils constituent un relais essentiel pour accompagner les politiques publiques et favoriser leur appropriation. C’est dans cette logique que Transform Health Sénégal a mis en place une communauté de jeunes destinée à renforcer les initiatives et à structurer leur contribution à différents niveaux.

Une transformation numérique devant être encadrée et inclusive

De son côté, Fatimata Mamadou Lamine Sy, secrétaire exécutive de l’Association sénégalaise pour l’avenir de la femme et de l’enfant (ASAFE), a insisté sur la nécessité d’une transformation numérique maîtrisée du système de santé. Elle estime que la digitalisation ne peut réussir sans une implication active de la jeunesse, principale utilisatrice des outils numériques.

Selon elle, la modernisation du système de santé doit reposer sur une adhésion collective et un encadrement rigoureux, notamment en matière de gestion des données sensibles. Cette transformation implique un important travail de sensibilisation communautaire, porté en grande partie par les jeunes, à travers des formations adaptées aux niveaux local et régional.

Elle met également en avant la nécessité de renforcer les compétences des acteurs impliqués dans le traitement des données de santé. Au-delà des aspects techniques, elle insiste sur l’importance de l’éthique professionnelle et du respect strict du secret médical, considérés comme des piliers essentiels de la confiance entre patients et système de santé.

Pour elle, les craintes liées aux dérives numériques peuvent être levées à condition d’une meilleure implication des organisations de jeunesse dès les premières étapes de la réforme. Cette approche permettrait aux jeunes de jouer pleinement leur rôle de médiateurs auprès des communautés, notamment en matière de droits des patients.

Elle rappelle que chaque patient doit être conscient que les informations partagées dans une structure sanitaire lui appartiennent et doivent rester confidentielles. Cette appropriation passe par un travail de sensibilisation soutenu, mais également par une meilleure diffusion des textes juridiques.

Fatimata Mamadou Lamine Sy souligne par ailleurs les défis persistants liés au renforcement des capacités des jeunes et des organisations de la société civile sur les questions de digitalisation et de gouvernance des données. Elle plaide pour une vulgarisation des textes juridiques, y compris à travers leur traduction en langues nationales, afin de favoriser une meilleure compréhension et appropriation par les populations.

Dans cette logique, elle appelle à une gouvernance transparente et inclusive du processus de transformation numérique, condition essentielle pour garantir la protection des données personnelles et la confiance des citoyens dans le système de santé.

Dans un contexte marqué par les ambitions de modernisation du secteur sanitaire et les objectifs de couverture sanitaire universelle, la santé numérique apparaît ainsi comme un levier stratégique. Sa réussite dépendra toutefois de la capacité des acteurs à concilier innovation technologique, protection des données et participation citoyenne.

 

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