Le grand jour est arrivé. Ce mardi 16 juin 2026, le Sénégal entre en lice dans la Coupe du monde FIFA 2026 avec une affiche qui fait déjà vibrer toute l’Afrique : un duel face à la France, au parfum de revanche, de nostalgie et d’histoire. Vingt quatre ans après l’exploit retentissant de Séoul, où les Lions de la Teranga avaient terrassé les Bleus (10) lors du match d’ouverture du Mondial 2002, les deux nations se retrouvent à nouveau sur la plus grande scène du football mondial.
Cette fois‐ci, le contexte est différent, mais l’enjeu reste immense. Dans un groupe I également composé de la Norvège et de l’Irak, le Sénégal en‐ tend confirmer son statut de champion d’Afrique et de puissance montante du football mondial. Une Coupe du monde historique.
Organisée conjointement par les États‐Unis, le Ca‐ nada et le Mexique, cette 23e édition de la Coupe du monde est celle de tous les records. Pour la première fois, la compétition réunit 48 sélections nationales contre 32 lors des précédentes éditions. Un format élargi qui porte le nombre total de rencontres à 104, réparties dans seize villes hôtes à travers l’Amérique du Nord.
Dans ce contexte inédit, les Lions débarquent avec de solides arguments. Sacrés champions d’Afrique au Maroc en début d’année, les hommes de Pape Thiaw arrivent avec une confiance renforcée par une dynamique positive et une génération talentueuse mêlant expérience et jeunesse.
UNE QUALIFICATION FORGÉE DANS LE CARACTÈRE
Le parcours qualificatif du Sénégal n’a pourtant pas été un long fleuve tranquille. Les Lions ont dû batailler jusqu’au bout, notamment face à la Ré‐ publique démocratique du Congo.
Le tournant de cette campagne reste sans doute cette soirée du 9 septembre 2025 au Stade des Martyrs de Kinshasa. Menés 2‐0, les Sénégalais ont trouvé les ressources mentales et techniques pour renverser la situation et s’imposer finalement 3‐2 grâce à des réalisations de Pape Guèye, Nicolas Jackson et Pape Matar Sarr.
Une victoire spectaculaire qui a validé le billet direct pour la Coupe du monde et confirmé la résilience d’un groupe qui refuse d’abdiquer
Les champions d’Afrique veulent voir plus grand Le sacre continental décroché au Maroc a conforté le Sénégal parmi les poids lourds du football africain. Solides défensivement, puissants dans les duels, disciplinés tactiquement et redoutables en transition, les Lions possèdent aujourd’hui l’un des effectifs les plus complets du continent
À la tête de cette génération se trouve toujours Sadio Mané. À 34 ans, l’attaquant sénégalais et de Al Nassr demeure l’âme et le visage de cette sélection. Meilleur joueur de la CAN 2026, il continue d’incarner l’ambition d’un pays tout entier. L’ancien joueur de Liverpool a marqué l’histoire du football sénégalais en battant pratiquement tous les records détenus auparavant par El Hadji Diouf. Double champion d’Afrique, Ballon d’Or africain à plusieurs reprises et ancien dauphin du Ballon d’Or européen, Mané s’apprête à disputer ce qui devrait être sa dernière Coupe du monde. Autour de lui gravitent plusieurs cadres historiques qui ont porté le Sénégal au sommet du football africain. Le capitaine Kalidou Koulibaly, le milieu Idrissa Gana Guèye et le gardien Édouard Mendy constituent encore l’épine dorsale d’un groupe qui allie maturité et expérience.
Ces vétérans auront la mission d’encadrer une génération ambitieuse qui rêve d’écrire sa propre page d’histoire après les quarts de finale de 2002, l’élimination au premier tour en 2018 et le huitième de finale atteint au Qatar en 2022.
LES PÉPITES SÉNÉGALAISES À SURVEILLER
L’une des grandes forces du Sénégal réside dans l’émergence d’une nouvelle génération déjà rom‐ pue aux exigences du très haut niveau européen. À seulement 18 ans, Ibrahim Mbaye représente l’un des plus grands espoirs du football sénégalais. L’attaquant du Paris Saint‐Germain, double champion d’Europe en titre avec le club parisien, figure parmi les plus jeunes joueurs du tournoi. Rapide, technique et audacieux, il pourrait être l’une des révélations de la compétition.
Autre jeune talent très attendu : Bara Sapoko Ndiaye. Le milieu de terrain de 18 ans évoluant au Bayern Munich fait partie des surprises de la liste de Pape Thiaw. Sa qualité technique, sa vision du jeu et sa capacité à casser les lignes pourraient lui permettre de gagner rapidement du temps de jeu
Devant, Nicolas Jackson et Assane Diao incarnent également cette nouvelle vague offensive. Leur vitesse, leur percussion et leur capacité à éliminer dans les un‐contre‐un constituent des armes importantes pour le Sénégal.
PAPE THIAW, L’ARCHITECTE DE LA TRANSITION
À 45 ans, Pape Thiaw dirige aujourd’hui une sélection qu’il connaît parfaitement. Ancien inter‐ national sénégalais, membre du groupe de la Coupe du monde 2002, il a progressivement gravi les échelons du football national.
Après des débuts sur le banc de Niarry Tally entre 2018 et 2021, il a ensuite pris les commandes de la sélection locale avec laquelle il a remporté le Championnat d’Afrique des nations (CHAN).
Promu dans le staff de l’équipe A aux côtés d’Aliou Cissé, il a finalement pris les rênes de la sélection nationale avant d’être confirmé à son poste en décembre 2024 après un intérim convaincant.
Sa capacité à adapter ses systèmes tactiques est régulièrement saluée. Tantôt adepte du 4‐3‐3, tantôt capable d’évoluer avec une défense à trois comme lors de la dernière CAN, Thiaw a démontré sa faculté à trouver les ajustements nécessaires dans les grands rendez‐vous. Le Sénégal disputera en 2026 sa quatrième Coupe du monde après les éditions 2002, 2018 et 2022
France – Sénégal, un choc aux allures de remake Impossible d’évoquer ce premier match sans penser à l’exploit du 31 mai 2002. Ce jour‐là, les Lions avaient surpris le monde entier en battant la France championne du monde en titre grâce à un but de Papa Bouba Diop. Vingt‐quatre ans plus tard, le contexte est différent mais la symbolique demeure forte.
Le Sénégal arrive après une préparation mitigée marquée par une défaite contre les États‐Unis (3‐ 2) et un match nul face à l’Arabie saoudite (0‐0). Des résultats qui ont laissé apparaître certaines fragilités, notamment sur le plan défensif
En face, la France (17 participations) reste l’un des grands favoris du tournoi malgré une préparation contrastée. Battus par la Côte d’Ivoire (2‐1) à Nantes, les Bleus ont ensuite rassuré en dominant l’Irlande du Nord (3‐1) grâce à un triplé de Michael Olise.
Championne du monde en 2018 et finaliste en 2022, la France occupe toujours les premières places du classement mondial et possède un effectif impressionnant.
Kylian Mbappé, auteur d’une saison décevante avec le Real Madrid, entend profiter de cette Coupe du monde pour rebondir. Mais l’arme principale des Bleus reste aujourd’hui Ousmane Dembélé, Ballon d’Or européen en titre et double champion d’Europe avec le Paris Saint‐Germain. Pour Didier Deschamps, qui dispute vraisemblablement sa dernière Coupe du monde à la tête de la sélection française, l’objectif est clair : aller chercher un deuxième titre mondial.
LA NORVÈGE ET L’IRAK, DES ADVERSAIRES À NE PAS NÉGLIGER
Après la France, le Sénégal devra également se mesurer à la Norvège et à l’Irak.
Les Scandinaves reviennent en Coupe du monde pour la première fois depuis 1998 (4 participations : 1938, 1994, 1998, 2026). Leur principale menace se nomme Erling Haaland. À 25 ans, l’attaquant de Manchester City dispute sa première phase finale mondiale après une nouvelle saison prolifique marquée par 38 buts en 52 rencontres toutes compétitions confondues.
Disciplinée et physiquement solide, la Norvège re‐ présente un adversaire redoutable pour n’importe quelle sélection.
L’Irak, de son côté, effectue son retour dans le concert mondial après quarante ans d’absence (2 participations : 1986, 2026). Les Lions de Mésopotamie s’appuient notamment sur leur capitaine et meilleur buteur actuel, Aymen Hussein.
Surnommé le « Cowboy d’Orient », l’attaquant irakien totalise déjà 32 réalisations sous le maillot national et pourrait profiter de ce Mondial pour se rapprocher du record historique détenu par Younis Mahmoud.
L’HEURE DE VÉRITÉ
Porté par son titre continental, son expérience des grandes compétitions et l’émergence d’une nouvelle génération prometteuse, le Sénégal nourrit de légitimes ambitions dans cette Coupe du monde 2026.
Le premier défi se nomme France. Une affiche qui réveille forcément les souvenirs du glorieux exploit de 2002. Mais au‐delà de l’histoire, les Lions veulent surtout démontrer qu’ils appartiennent désormais durablement au cercle des grandes nations du football mondial
Pour Sadio Mané et ses coéquipiers, l’heure est venue de rugir à nouveau. Et pourquoi pas de faire tomber les Coqs une seconde fois pour entrer de la plus belle des manières dans leur Mon‐ dial américain.