Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Gueye Diop, a procédé à l’inauguration du nouveau siège du Groupe Duopharm et à la pose de la première pierre de sa future unité de production « Défi Pharma ». Ce projet ambitieux de 23 milliards de francs CFA vise à réduire drastiquement la dépendance du pays aux importations de médicaments.
L a cérémonie a réuni Rufisque, les autorités, les partenaires financiers et plus de 550 pharmaciens actionnaires. L’évènement constitue un double jalon pour l'autonomie sanitaire nationale. Ce projet intervient alors que plus de 90 % des médicaments consommés au Sénégal sont encore importés, pesant lourdement sur la balance commerciale du pays.
Pour Mme Sokhna Diagne Ndiaye, Présidente du Conseil d’Administration (PCA) de Duopharm, cet événement est l'aboutissement d'un pari audacieux lancé il y a 15 ans par des professionnels locaux.
« En inaugurant notre siège et en lançant Défi Pharma, nous ne franchissons pas seulement une étape industrielle : nous concrétisons la vision de centaines de pharmaciens qui ont choisi d'investir leur épargne dans la santé de leur pays », a-t-elle déclaré avec émotion.
Elle a rappelé que le groupe, dont le capital est 100 % national, dessert aujourd'hui plus de 1200 officines. Avec cette nouvelle usine, le groupe boucle son intégration sur toute la chaîne de valeur : de la production à la distribution. La PCA a souligné l'urgence d'une telle infrastructure en rappelant les leçons de la pandémie : « la crise de la COVID-19 et les tensions géopolitiques nous ont rappelé que la santé d'une nation ne peut dépendre de chaînes logistiques lointaines ». L’usine Défi Pharma, qui devrait être opérationnelle entre 2027 et 2028, représente un investissement colossal de 23 milliards de francs CFA avec des capacités de production impressionnantes estimées de 450 millions de comprimés, 50 millions de gélules, ainsi que des millions de flacons de sirop et de tubes de pommade chaque année. Ce projet devrait générer 133 emplois directs qualifiés et 400 emplois indirects. Le soutien indéfectible de l'État Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Gueye Diop, a salué ce projet qui s'inscrit parfaitement dans l'agenda national « Sénégal 2050 ». Il a insisté sur le fait que la sécurité d'un pays repose sur sa capacité à produire ses propres remèdes.
« Sans souveraineté médicale, sans souveraineté pharmaceutique, point de souveraineté », a martelé le ministre Serigne Gueye Diop.
Face aux requêtes des industriels, le ministre s'est montré très ouvert aux réformes nécessaires pour protéger la production locale. Il a notamment pointé du doigt les incohérences actuelles : « On ne peut pas comprendre que tous ces médicaments viennent encore de France ou de l'Union européenne. Nous devons corriger les distorsions au niveau douanier, fiscal et de la TVA ».
Dans un geste fort pour encourager l'expansion du groupe, le ministre a annoncé l'octroi d'une assiette foncière de 20 hectares à Touba pour les futures installations du groupe, soulignant la position stratégique de cette zone pour la distribution nationale.
Au-delà de la production, Défi Pharma ambitionne de devenir un pôle de recherche et de développement (R&D). Le Ministre a encouragé une collaboration étroite entre l'État, les universités et des instituts comme l'Institut Pasteur pour développer des médicaments adaptés aux réalités africaines.
Alors que la Zone de libre échange continentale (ZLECAF) se profile, le Sénégal, à travers des initiatives comme celle de Duopharm, se positionne pour devenir un pôle d'excellence pharmaceutique en Afrique de l'Ouest. « Seuls nous allons vite, mais ensemble nous irons plus loin pour continuer à vivre la pharmacie » a dit Mme Sokhna Diagne Ndiaye.