Tout n’était pas perdu, comme nous l’écrivions ici même. Et les joueurs de l’équipe nationale l’ont brillamment démontré contre les Irakiens lors de leur dernier match de groupe en gagnant par 5 buts à zéro. Seuls les Allemands ont fait mieux contre Curaçao (7‐1) lors de cette Coupe du monde. D’aucuns avanceront qu’en face se trouvait une modeste équipe. Toutes les équipes n’ont certes pas le même niveau à la bourse du football mondial mais sont d’une égale dignité. Toutes sont présentes à ce tournoi après être passé par des qualifications parfois ardues.
La victoire des lions prend d’autant plus d’importance et a une portée historique puisqu’elle est à la fois le plus large succès du Sénégal en phase finale de la Coupe du monde et de la CAN réunies et aussi d’une équipe africaine dans cette compétition universelle.
Enfin, cette victoire permet au football sénégalais de se qualifier pour le second tour en trois compétitions sur quatre.
Autant de significations qui replacent les lions dans une compétition où ils étaient attendus mais dont les deux premières sorties avaient jeté une ombre sur leurs capacités démontrées ces derniers temps, notamment à la CAN du Maroc.
La deuxième période du match a montré une équipe vaillante et des joueurs impliqués dans le jeu. C’est ce collectif que leurs parti‐ sans veulent voir.
Il ne s’agit pas d’opposer les plus jeunes, à leurs aînés qui ont tout donné à cette équipe. Mais de mettre en place un dosage équilibré et de faire confiance aux nouveaux arrivants impatientes d’apporter leur savoir‐faire pour le bien de l’équipe.
L’expérience et le métier sont importants dans ce genre de compétitions mais aussi le talent et l’audace de la jeunesse sont parfois nécessaires. Le sélectionneur l’a bien compris pour ce match où l’équipe et le coach étaient attendus par leurs supporters.
Ce qui s’est vérifié une fois c’est que, à chaque fois que l’équipe nationale joue la CAN ou la Coupe du monde, cela devient une affaire nationale où tous se sentent concernés. Le sélectionneur et les joueurs en sont conscients. La prestation de vendredi dernier au Canada contre l’Irak est la réponse désirée par tous ceux qui sont concernés par l’équipe nationale.
Ce match abouti entretient ́la flamme vacillante après les deux premières rencontres. Une autre compétition commence où il n’y aura plus de calcul. Tout redevient possible contre la Belgique qui misera sur l’expérience de ses stars qui, il y a huit ans en Russie, ont raté la plus belle occasion de gagner la Coupe du monde avec les De Bryne, Lukaku et le gardien de but Courtois qui sont toujours là.
Les lions ont donné des raisons de croire en leurs capacités contre les Irakiens. Ils ont re‐ trouvé leur football en deuxième mi‐temps et le coach a fait un choix qui s’est avéré judicieux sur l’utilisation des joueurs.
Mamadou Koumé (De Toronto)