La première édition des « rencontres de l’as » ou « le temps du savoir» s’est déroulée dans la nuit de vendredi à samedi dernier, à l’université Cheikh Anta Diop (Ucad). La rencontre placée sous le thème de l’ «Etude critique de l’œuvre du Pr Cheikh Anta Diop», a permis aux différents participants de débattre autour des grandes thèses défendues par le dernier pharaon. Différentes thématiques ayant trait à l’égyptologie, aux fondements économiques d’un Etat fédéral d’Afrique noire et la place de la femme noire ont été discutées lors de cet événement. dans deux mois, «Les rencontres de L’as» se pencheront sur le plan Sénégal émergent (Pse).
C’est sur de belles notes de musique du chanteur Souleymane Faye que la manifestation « Les rencontres de L’As» a débuté dans le Grand amphithéâtre de l’Ucad II. Le public a pris d’assaut dès le début de la soirée la grande salle pour suivre les différentes communications sur l’oeuvre de Cheikh Anta Diop. Les différents panélistes ont procédé à une étude critique de l’oeuvre de l’éminent égyptologue. Dans son discours d’ouverture, le Directeur de publication de « L’As », Mamadou Thierno Talla a indiqué que cet événement, « Les rencontres de L’As » ou « le temps du savoir », consiste en une série de grandes conférences à l’UCAD 2 pour réhabiliter les débats d’idée au coeur de l’Université. «Le journal ‘’L’As’’ propose d’organiser, les vendredis soirs, des échanges avec le monde étudiant sur les grandes problématiques qui traversent notre société.
Ainsi, des leaders d’opinions viendront partager avec les étudiants et le public leurs connaissances ; absorber leurs préoccupations et permettre des expressions nouvelles de se diffuser», a-t-il expliqué. «Les rencontres de L’As» auront lieu tous les deux mois. La prochaine conférence sera consacrée au Plan Sénégal émergent (Pse).
Des membres du gouvernement défenseurs du PSE et des membres de l’opposition et des universitaires hostiles à ce plan vont débattre autour de ce plan. Il y aura une confrontation d’idées dans laquelle, j’espère, jaillira la lumière utile à tout le monde», a martelé le patron du Groupe 3 M Comm, éditeur de «L’As». Il a fait savoir dans la foulée, qu’il avait créé et rattaché au quotidien «L’As» un site exclusivement consacré au savoir et à la connaissance du nom de «assavoir.com » .
Malheureusement, dit-il, le projet s’est avéré trop jeune et a été noyé dans le brouhaha d’une actualité tourbillonnante soluble dans la routine quotidienne. Convaincu que l’instruction est le premier pas vers la liberté, il a voulu que « L’As » quotidien continue de porter ce projet. « Je souhaite que « L’As » quotidien s’empare avec vous de l’avenir de ce pays et du destin de l’Afrique. Nous allons ensemble lors de ces rencontres de « L’As » évacuer cette trivialité facile qui consiste à résumer l’acronyme LMD en lutte, musique et danse, et décider que lire, maîtriser et débattre pouvait aboutir à un vrai LMD c’est-à-dire Licence, Master et Doctorat», dit-il. Le journaliste Mame Less Camara, un des modérateurs de la rencontre, a affirmé qu’avec ce rendez- vous, Mamadou Thierno Talla renoue avec une tradition qui consistait à réunir des porteurs de savoir avec le public. « Il ya quelques dizaines d’années, des rencontres comme celles-ci étaient très courus à Dakar. Elles se tenaient au centre culturel Daniel Brothier. Et nous y allions, jeunes, pour rencontrer des gens qui nous instruisaient et nous faisaient découvrir des choses intéressantes», a rappelé Mame Less Camara.
LA PERTINENCE DE LA PENSEE DE CHEIKH ANTA DIOP …
Les panélistes en l’occurrence les professeurs Aboubacry Moussa Lam, Bouba Diop, l’économiste et ancien ministre, El Hadji Ibrahima Sall et enfin l’enseignante à la faculté de Droit Madame Fatou Kiné Camara ont gratifié le public de brillants exposés sur l’oeuvre de Cheikh Anta Diop. Dans sa communication l’égyptologue Aboubacry Moussa Lam a démontré la primauté de la civilisation égyptienne dans les domaines scientifiques, politiques et techniques durant l’antiquité. Le Pr Bouba Diop a montré l’influence de la civilisation égyptienne sur tout le pourtour méditerranéen principalement en Grèce. L’ancien ministre du plan Ibrahima Sall a analysé les théories de Cheikh Anta Diop sur les fondements économiques d’un Etat fédéral d’Afrique noire. La juriste Fatou Kiné Camara a disserté sur la place qu’accorde Cheikh Anta à la femme africaine dans nos sociétés. Les communications ont été suivies de débats très riches avec une large participation des d’étudiants.
DES CADEAUX AUX ETUDIANTS
Puis arrive l’heur de jauger le savoir des apprenants. Des quiz aux étudiants avec des cadeaux offerts : bourses d’études complètes, ordinateurs, tablettes, tickets de transports. Le tout offert par Office Choice, Dakar Dem Dikk, La Poste et l’eau La Casamançaise. D’éminentes personnalités ont assisté à la rencontre parmi lesquelles, des hommes de médias comme Mamadou Ibra Kane d’Africom, Mamoudou Ibra Kane de GFM, Issa Sall de Nouvel Horizon, des anciens ministres comme Abdou Fall, l’architecte Pierre Goudiaby Atepa, l’ancien CEMGA, le général Mansour Sek, le notaire Me Pape Sambaré Diop, des professeurs d’Université comme l’ancien Secrétaire général du Saes Seydi Ababacar Ndiaye, des magistrats… Dr Cheikh Diallo et son épouse, le recteur de l’Université du Sine Saloum Amadou Tidiane Guiro, des hommes politiques comme Diallo Diop…
REACTIONS… REACTIONS…
THIERNO TALLA, DIRECTEUR DE PUBLICATION DE «L’AS» «JE SUIS UN AMOUREUX DU SAVOIR»
«Je suis un amoureux du savoir. J’ai toujours été fasciné par la pensée du Pr Cheikh Anta Diop. J’ai admiré son engagement panafricaniste, son engagement politique, sa quête effrénée de recherche de la science et du savoir. C’est pourquoi, je lui ai dédié cette première rencontre. Je veux que le débat d’idées, le savoir soit au centre de la vie universitaire. L’université est le temple du savoir. «Lux Mea Lex», dit-on. La lumière et le savoir doivent être notre guide. C’est pour cette raison que nous l’avons démarrée par l’Université. Il y aura d’autres grandes rencontres sur d’autres thématiques qui intéressent notre société et qui intéressent tout le monde. (…».
AZIZ SALMAN FALL POLITISTE «NOUS DEVONS NOUS ABREUVER DU SAVOIR DE CHEIKH ANTA DIOP SUR L’EGYPTE ANTIQUE»
Cette rencontre de «L’As» nous renvoie au grand débat qui a marqué notre jeunesse à l’Ucad. Il faut rendre hommage à « L’As » qui consacre cette première journée des nuits du savoir à ce monument du savoir. Si un journal peut sortir de son simple rôle de diffuseur d’informations pour rentrer dans l’univers universitaire, c’est une très bonne initiative. Cheikh Anta Diop reste toujours d’actualité. Il a développé une pensée holistique qui est peu comprise par les étudiants. Il faut la vulgariser davantage. Nous devons nous abreuver de son savoir sur l’Egypte antique. Il faut lire les livres de Cheikh Mbacké Diop son fils et celui de Pathé Diagne pour voir d’autres développements. Je pense qu’on doit introduire la pensée de Cheikh Anta dans le cursus scolaire les éléments de base de l’enseignement scientifique en Afrique. Nous devons toujours nous conformer aux conseils de Cheikh Anta Diop qui déclarait «armez vous de science jusqu’aux dents».
BOUNA ALBOURY NDIAYE PORTE PAROLE DU RASSEMBLEMENT NATIONAL DEMOCRATIQUE (RND) «CETTE RENCONTRE PARTICIPE A L’ANIMATION DE L’ESPACE UNIVERSITAIRE PAR UNE CONFRONTATION D’IDEES»
Nous saluons cette initiative du journal « L’As ». Cette rencontre participe à l’animation de l’espace universitaire par une confrontation d’idées. Elle va remettre au goût du jour les batailles d’idées au sein de l’espace public. Les thèses produites par le Pr Cheikh Anta Diop me semblent très pertinentes à discuter et à débattre. Cheikh Anta Diop a produit une pensée scientifique au service d’un programme politique. Ce projet politique a donné naissance au Rnd. Ce parti est l’héritière de grandes formations cheikhantistes comme le Bloc des masses sénégalais (Bms). Nous avons décidé de faire notre, la pensée du dernier pharaon. Nous pensons que «L’As» va participer à la diffusion des grandes idées de Cheikh Anta Diop».
FATOU MBAYE DIRECTRICE MARKETING DE LA POSTE «NOTRE SOCIETE A POUR AMBITION DE SOUTENIR LA POPULATION ET PLUS PARTICULIEREMENT LES ETUDIANTS»
La poste ne peut pas rater un événement pareil. Nous avons voulu accompagner cette initiative de «L’As». Notre société a pour ambition de soutenir la population et plus particulièrement les étudiants. De ce fait, nous avons voulu communier avec « L’As » pour faire plaisir aux étudiants. Nous voulons aussi montrer que la Poste est une entreprise nationale, publique qui joue un rôle important sur le plan social et économique».