(SenePlus) - Abdoulaye Ndiaye, 37 ans, figure parmi les finalistes de l'Africa NextGen Economist Prize. Ce Sénégalais, professeur d'économie à la Stern School of Business de New York University, consacre ses travaux à une question centrale pour l'Afrique : comment les États peuvent-ils mobiliser des ressources et développer leur capacité fiscale pour créer des infrastructures et se développer ?
Ses recherches examinent le rôle des administrations fiscales dans la croissance économique des pays africains. « En Afrique, l'économie ne se fait pas uniquement par les entreprises, mais l'État joue un rôle fort et il est essentiel de comprendre comment améliorer ce rôle-là », explique-t-il.
Le chercheur s'intéresse également à la soutenabilité de la dette, une question motivée par l'exemple du Sénégal qui s'est retrouvé avec une situation de dette non déclarée. Ses travaux visent à identifier les chemins de sortie de ces crises en Afrique et à clarifier les paramètres en jeu pour permettre aux gouvernants de prendre de meilleures décisions.
Abdoulaye Ndiaye plaide pour le développement de théories économiques adaptées aux spécificités africaines. « Il ne s'agit pas uniquement de reprendre les théories qui sont importées d'ailleurs, mais de voir quelles sont les spécificités et d'utiliser des théories qui sont adaptées », insiste-t-il.
Au-delà de la recherche académique, l'économiste sénégalais défend l'importance d'influencer les politiques publiques. « Ce n'est pas juste se limiter à écrire des papiers pour mes pairs académiques, mais aussi de se poser des questions qui ont trait à l'Afrique directement et qui peuvent influencer les politiques publiques », souligne-t-il.
Il appelle à une plus grande présence des jeunes économistes africains, non seulement dans les institutions internationales comme le FMI et la Banque mondiale, mais aussi dans les universités où ils peuvent mener des discussions critiques. « Nous avons besoin d'économistes décideurs, mais aussi d'économistes penseurs afin qu'il n'y ait pas cette distinction en Afrique entre le politique et la technique », conclut-il.