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Une campagne sans nuage pour Macky Sall à New York
À New York, l'entourage de l'ancien président se frotte les mains. L'hostilité du régime de Dakar envers l'administration américaine pourrait bien devenir le meilleur atout de leur candidat
 
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S’ils ne chantent pas victoire à cette étape, les membres du staff du candidat africain à la succession de Guterres ne se veulent pas pessimistes pour autant. Tous considèrent que leur campagne se déroule de manière lisse et que leur champion se défend bien par rapport à toute la concurrence. Ils bénissent même les invectives de Sonko contre Trump qui, selon eux, augmenteraient les chances de leur candidat.

La campagne de Macky Sall à New York, pour le poste de Secrétaire général des Nations unies, va passer une étape décisive ce mercredi 22 avril. Ce jour-là, le candidat africain passera en audition devant les représentants des pays membres du Conseil de sécurité, ceux-là mêmes qui vont décider de son sort.

Toutefois, les membres de l’entourage de l’ancien Président du Sénégal, tout en se gardant de faire montre d’un optimisme excessif et outrecuidant, ne semblent pas du tout inquiets de la manière dont se déroule la campagne de leur champion.

En fait, à cette étape de la campagne, la seule vraie inquiétude viendrait plutôt de la nature versatile du Président américain. Donald Trump peut afficher une opinion la veille et exprimer un avis totalement contraire le lendemain. Ce qui fait qu’il est difficile de prédire à l’avance du sens qu’il donnera au vote de son pays.

Néanmoins, reçu de manière individuelle par tous les représentants des pays membres du Conseil de sécurité, Macky Sall est sorti de ces entretiens revigoré dans sa ligne. Son entourage de campagne, parlant sous anonymat, a déclaré que les échanges ont été emplis de cordialité avec chaque représentant. Et ce qui est encore plus fort : aucun des pays n’a semblé vouloir mettre en évidence ce que les Sénégalais opposés à la candidature de leur compatriote veulent qualifier de «bilan sanglant de son règne».

En d’autres termes, «aucun pays n’a mentionné, ne serait-ce que de manière implicite, les fameux 84 morts, la dette cachée, ou une quelconque entorse à la pratique démocratique sous la gouvernance de Macky Sall», a précisé un membre de la campagne. Une manière d’indiquer que les pays membres de l’Onu ne se déterminent qu’en fonction de leurs intérêts propres.

Et même l’argument habituellement avancé, de la rotation des secrétaires généraux par continent, n’a jamais été pertinent. Car, d’abord, cette clause n’existe pas explicitement dans la Charte des Nations unies. L’un des interlocuteurs de M. Sall a relevé que parmi les 16 candidats nommés à la tête de l’Onu, les pays occidentaux ont obtenu 7 mandats, l’Asie en a eu 4, l’Afrique 3, de même que l’Amérique latine. Par contre, ni l’Océanie ni l’Europe de l’Est n’ont jamais obtenu un seul mandat. De même, tous les discours sur la parité des genres n’ont pas permis de porter une seule femme à la tête de l’organisation. Une preuve, s’il en était besoin, que les votes des Etats ne sont déterminés que par leurs propres intérêts, et par la compétence supposée du candidat en face d’eux.

La même source ajoutera que, par ailleurs, la sortie intempestive de Ousmane Sonko contre le président Trump serait même venue renforcer la candidature de l’ancien Président aux yeux des membres de l’Administration américaine. Elle commentera : «C’est une bonne chose que son gouvernement ait refusé de nous soutenir. Les Américains auront compris qu’il n’est pas le candidat de ses ennemis.» Rien que cela pourrait être un point positif pour Trump et ses collaborateurs.

Donc, en priant pour que Trump ne se levât pas du mauvais pied le jour du vote, les observateurs estiment que la campagne de Macky Sall à New York se déroule d’une manière encore plus lisse que les rails du Ter de Dakar à Diamniadio.

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