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Waly Diouf Bodiang, le soldat Sonko au cœur de la fracture du pouvoir
"Rat écervelé", "momie politique", "canidé alcoolique".. le directeur du port de Dakar cultive un style polémique sur les réseaux sociaux. Cette agressivité assumée en fait l'icône de l'aile radicale de Pastef et le bouclier médiatique du Premier ministre
 
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(SenePlus) - Dans la crise qui secoue le sommet de l'État depuis des mois, la plupart des cadres de Pastef naviguent avec prudence entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko. Waly Diouf Bodiang, lui, a choisi son camp sans ambiguïté. Directeur général du port autonome de Dakar depuis avril 2024, cet ancien inspecteur des impôts de 49 ans est devenu la figure de proue de la faction radicale du parti au pouvoir, celle qui place le leader de Pastef au-dessus de toute autre considération politique.

Dans un long entretien accordé à Jeune Afrique et publié le 2 mai 2026, ce membre du cabinet politique d'Ousmane Sonko expose une vision du pouvoir qui résume les fractures internes du régime. "Il est mon périmètre politique", déclare-t-il à propos du Premier ministre, une formule qui dit tout de sa hiérarchie des loyautés.

Sur les réseaux sociaux, Bodiang s'est fait une spécialité : attaquer violemment tous ceux qui critiquent Sonko ou le gouvernement. Ancien prisonnier politique sous Macky Sall, aujourd'hui haut fonctionnaire, il cultive un style polémique qui détonne dans le paysage institutionnel. Ses publications mêlent insultes crues et culte de la personnalité assumé, allant jusqu'à comparer l'histoire de Sonko à celle de l'esclavage.

Cette posture lui vaut une popularité certaine auprès de la base militante la plus radicale, celle qui voit dans le Premier ministre le véritable dépositaire du projet révolutionnaire de mars 2024. Un analyste cité par le magazine panafricain le qualifie de "fedayin du Premier ministre", ces combattants prêts à tout pour leur leader.

Diomaye ? "Je ne vois qu'Ousmane Sonko"

C'est sur la fracture entre les deux têtes de l'exécutif que Bodiang se montre le plus explicite. La création par le président d'une coalition parallèle à Pastef, baptisée "Diomaye président", constitue selon lui une "contradiction politique inattendue". Pire encore : la nomination d'Aminata Touré à la tête de cette structure a été "la goutte d'eau qui a fait déborder le vase", rapporte Jeune Afrique.

Pourtant nommé par Diomaye Faye, le directeur du port refuse catégoriquement de jouer les médiateurs : "Il y a toujours des bonnes volontés qui tentent d'arrondir les angles. Je n'en fais pas partie. Je n'en vois pas l'utilité." Son objectif est limpide : "faire d'Ousmane Sonko le président de la République" en 2029.

Ce positionnement fait de lui l'un des piliers du cercle restreint des inconditionnels sur qui Sonko pourra compter en cas de rupture définitive avec le chef de l'État, aux côtés du maire de Dakar Abass Fall et du directeur de la Caisse des dépôts Fadilou Keïta, selon des cadres du parti interrogés par le magazine.

Ancien secrétaire général du syndicat des impôts créé par Sonko et cofondateur de Pastef en 2014, Bodiang occupe aujourd'hui le poste stratégique de responsable de la sécurité au cabinet politique du Premier ministre. Le congrès du parti prévu en juin pourrait redistribuer les cartes, mais une chose semble acquise : dans la bataille pour le contrôle de Pastef et la succession de Diomaye, Waly Diouf Bodiang a déjà tranché. Il a d'ailleurs tenu à ce que cette phrase figure dans l'article de Jeune Afrique : "Je m'oppose à tout ce qui s'oppose à Ousmane Sonko."

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