(SenePlus) - La feuille de route de l'administration américaine pour les institutions financières internationales est claire : fin de l'éparpillement et retour aux fondamentaux. Dans une déclaration officielle publiée le 15 avril 2026 par le département du Trésor américain, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a profité des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale pour recadrer fermement les deux organisations. Sous l'impulsion de l'agenda économique "America First" du président Donald Trump, les États-Unis réclament un abandon immédiat des objectifs liés au climat et aux questions sociétales.
Le message adressé au Fonds monétaire international est sans équivoque. Selon le document officiel du Trésor, l'institution a souffert ces dernières années d'une véritable « dérive des missions » (mission creep). Washington estime que le FMI s'est trop éloigné de son mandat originel en s'immisçant dans des domaines jugés hors de ses compétences, « tels que le développement international, le changement climatique, le genre et les questions sociales ».
Pour restaurer sa crédibilité, le Trésor américain exige que le Fonds « abandonne ces éléments superflus et se concentre sur le travail économique critique ». Les États-Unis attendent notamment du FMI qu'il se recentre sur la stabilité macroéconomique, la surveillance des déséquilibres mondiaux et des programmes de prêts stricts. Ces derniers doivent, selon Washington, reposer sur une véritable conditionnalité politique visant à résoudre les problèmes de balance des paiements, plutôt que de prioriser le simple volume des financements accordés.
La Banque mondiale priée de renoncer à ses objectifs climatiques
La Banque mondiale n'échappe pas aux critiques de l'administration américaine. Le secrétaire Bessent appelle l'institution à se reconcentrer exclusivement sur la réduction de la pauvreté et la croissance économique, en promouvant l'autosuffisance des pays en développement. Cette réorientation passe par une demande choc : l'abandon pur et simple de l'objectif de consacrer 45% de ses financements au climat.
Dans sa déclaration, le Trésor américain fustige cette cible climatique qu'il accuse d'engendrer de l'inefficacité, de « fausser les prises de décisions économiques et d'éloigner la Banque de sa mission principale ». Washington s'impatiente d'ailleurs de voir expirer le Plan d'action sur le changement climatique, espérant que la Banque délaissera cette « focalisation myope sur le climat et les volumes de financement » au profit de projets réellement capables de sortir les populations de la pauvreté.
En rupture totale avec les politiques environnementales des années précédentes, les États-Unis demandent à la Banque mondiale de soutenir une approche énergétique globale (« all-of-the-above »), incluant explicitement les combustibles fossiles. Le document souligne que la Banque doit lever les freins sur le financement du gaz naturel, du pétrole et du charbon, arguant que « l'abondance énergétique déclenche l'abondance économique ». Le Trésor se félicite également de la fin de l'interdiction de financer l'énergie nucléaire, actée l'année dernière, considérant ces sources d'énergie comme indispensables pour stimuler la croissance et soutenir la viabilité de la dette des pays en développement.