(SenePlus) - Le paysage politique sénégalais s'agite suite à la décision de l'État de reprendre le contrôle exclusif du bloc gazier Yakaar-Teranga. Si le Premier ministre Ousmane Sonko célèbre un tournant historique pour la souveraineté nationale, le leader politique Mamoudou Ibra Kane invite à la prudence, s'interrogeant sur les réelles modalités de ce retrait.
La réaction ne s'est pas fait attendre. Quelques heures seulement après la sortie du chef du gouvernement, Mamoudou Ibra Kane a pris la parole pour apporter un bémol de taille à l'enthousiasme officiel. Sur ses réseaux sociaux, le leader du mouvement Demain c’est maintenant a exprimé son scepticisme quant à l'absence de contrepartie financière annoncée par le pouvoir.
Pour lui, la gestion de ressources aussi stratégiques que le gaz nécessite une « sérénité » et une transparence totale. Il a notamment mis en garde contre une communication qui pourrait être perçue comme purement politique, rappelant que dans le secteur extractif, les départs « sans frais » de majors pétrolières sont rares et cachent souvent des enjeux juridiques ou des engagements futurs pour l'État.
Cette sortie intervient en réponse à l'annonce du Premier ministre ce jeudi 23 avril 2026. Ousmane Sonko a officialisé le retrait définitif de la compagnie américaine Kosmos Energy du bloc gazier Yakaar-Teranga, situé au large de Cayar.
Le chef du gouvernement a présenté cet accord comme une « victoire majeure » pour le Sénégal, affirmant que le pays récupérait ses actifs « sans décaisser un seul franc ». Selon lui, cette opération permet à la société nationale PETROSEN de devenir l'unique détentrice de la licence, marquant ainsi le début d'une ère de renégociation systématique des contrats jugés défavorables aux intérêts nationaux.
Revenant à la charge, Mamoudou Ibra Kane souligne les risques d'une telle posture. S'il ne s'oppose pas au principe de souveraineté, il s'inquiète de l'impact de ces annonces sur l'attractivité du Sénégal auprès des investisseurs internationaux.
Dans son post, il suggère que l'heure devrait être à la construction d'un modèle économique viable pour PETROSEN plutôt qu'à la confrontation verbale. Il insiste sur le fait que la réussite du projet Yakaar-Teranga, vital pour la stratégie « Gas-to-Power » du pays, dépendra de la capacité du gouvernement à rassurer ses partenaires techniques et financiers, loin de toute agitation médiatique.