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L’ASCODEM menace d’une « journée sans taxis » face à la crise économique
Exigeant le paiement de la dette intérieure, une réforme douanière, mais aussi la libération du PDG de Locafrique, Khadim Ba, l'organisation menace de paralyser le pays
 
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L’Association Sénégalaise des Commerçants et Délégués de Marchés (ASCODEM) sonne l’alerte sur la situation économique du pays. Face à la presse, hier mardi, l’organisation a dénoncé les difficultés auxquelles sont confrontés les opérateurs économiques, mettant en garde contre un affaiblissement durable du tissu économique national. Elle réclame notamment l’apurement de la dette intérieure, une réforme du Code des douanes, un dialogue avec les autorités et la libération du PDG de Locafrique, Khadim Ba. À défaut de réponses, l’ASCODEM annonce une série d’actions de mobilisation, dont une journée sans taxis, ainsi que d’autres formes de mobilisation.

L’association sénégalaise des Commerçants et délégués de marchés (ASCODEM) hausse le ton. Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi 7 juillet 2026, l’organisation a dressé un tableau sur la conjoncture économique et exprimé le ras-le-bol des commerçants et des acteurs économiques face à ce qu’elle considère comme une absence de réponses des pouvoirs publics.

Dès l’entame de sa déclaration, l’ASCODEM a soufflé : «Le temps des constats est terminé, car trop c’est trop», ont lancé ses responsables, estimant que «les acteurs économiques du Sénégal n’acceptent plus d’être les victimes silencieuses d’une politique qui étouffe l’entreprise, décourage l’investissement et fragilise des milliers de familles».

Selon le collectif, les difficultés se multiplient pour les entreprises sénégalaises. Il évoque des fermetures d’entreprises, la baisse des activités commerciales, des pertes d’emplois ainsi qu’une hausse continue du coût de la vie. à cela s’ajoute, selon l’association, une pression fiscale devenue insoutenable pour de nombreux opérateurs, alors même que l’état tarde à régler sa dette envers les entreprises. Pour l’ASCODEM, cette situation est porteuse de graves conséquences. « si rien n’est fait rapidement, c’est tout le tissu économique national qui risque d’être durablement affaibli », prévient-elle.

Face à ce constat, l’association formule plusieurs exigences. Elle réclame : «un calendrier clair pour l’apurement de la dette due aux entreprises» ; «une révision du Code des douanes afin de mettre un terme aux dispositions qui créent une insécurité juridique pour les opérateurs économiques» ; «un dialogue sincère entre les autorités et les représentants des acteurs économiques avant que la crise ne s’aggrave davantage.»

Sur ce, l’ASCODEM interpelle directement le ministre des finances et du Budget, Cheikh Diba, ainsi que la direction générale des douanes, les invitant à prendre des initiatives pour rétablir la confiance entre l’administration et le secteur privé.

Au-delà des revendications économiques, l’association s’est également prononcée sur la situation du Pdg de Locafrique, Khadim Ba, actuellement placé sous mandat de dépôt. Dans sa déclaration, l’ASCODEM estime que « cette affaire est devenue un symbole des inquiétudes qui traversent le monde des affaires ». elle considère qu’«un pays qui aspire à attirer les investisseurs ne peut ignorer les interrogations soulevées par une procédure qui suscite autant de débats». L’organisation va plus loin en réclamant «la libération de Khadim Ba» et appelle à ce que son dossier soit traité « avec toute la diligence, l’impartialité et la transparence requises par l’état de droit ».

Estimant que les préoccupations des opérateurs économiques sont insuffisamment prises en compte, l’ASCODEM annonce le lancement d’une mobilisation nationale. elle prévoit l’organisation prochaine d’un grand rassemblement réunissant commerçants, transporteurs, industriels, artisans, importateurs et autres acteurs économiques afin de défendre, selon ses termes, «le respect des entreprises sénégalaises et la sauvegarde de l’économie nationale».

L’association sénégalaise des Commerçants et délégués de marchés avertit également que si aucune réponse concrète n’est apportée par les autorités, elle engagera «des actions citoyennes, légales et pacifiques», parmi lesquelles «une journée sans taxis», tout en précisant que d’autres formes de mobilisation seront dévoilées ultérieurement.

Tout en réaffirmant ne pas chercher l’affrontement, l’ASCODEM estime que « l’heure est venue pour les autorités d’écouter les acteurs économiques, de restaurer la confiance et de créer les conditions d’une véritable relance économique ». elle assure enfin qu’elle prendra « toutes les initiatives légales et républicaines nécessaires pour faire entendre cette voix ». 

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