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Deux filles ont été tuées, mais le silence, lui, demeure bien vivant
A elle seule, l’année 2026 a déjà enregistré huit féminicides en moins de six mois. Combien de féminicides, d’actes pédocriminels et de viols faudra-t-il encore pour susciter une réaction à la hauteur de la gravité de ces crimes ?
 
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Dans un communiqué publié ce vendredi 10 juillet 2026 ci-dessous, le collectif WAXJOTNA réclame l'inscription du féminicide comme crime autonome dans le Code pénal sénégalais, à l'image du parricide ou de l'infanticide. L'organisation dénonce un vide juridique qui prive l'État de statistiques fiables et de politiques de prévention adaptées.

"En l’espace de deux jours, nous apprenons avec stupéfaction les meurtres d’une adolescente de 14 ans et d’un bébé de deux ans. Face à ces actes d'une extrême gravité, le silence des pouvoirs publics, la faible mobilisation nationale et le traitement médiatique limité interrogent.

A elle seule, l’année 2026 a déjà enregistré huit féminicides en moins de six mois, un rythme comparable à celui de l’année 2025. 

Ces meurtres s’inscrivent dans un continuum de violences qui touchent quotidiennement les femmes et les filles au Sénégal. Le féminicide n’est que la résultante de cette violence genrée, réduite à de simples faits divers. 

La reconnaissance du féminicide comme crime autonome comme le parricide ou l’infanticide constitue une étape essentielle pour permettre au droit pénal sénégalais de saisir la spécificité des violences létales faites aux femmes. À ce jour, les homicides de femmes et filles sont traités dans le cadre général du meurtre ou de l’assassinat, sans prise en compte de leur dimension genrée.

L’absence de qualification spécifique du féminicide a des conséquences directes sur l’action publique sur le plan statistique, sur le plan pénal, et sur le plan préventif.

Pourtant, la protection des femmes et des enfants est une responsabilité première de l'État

En 2014, le ministère de la justice a mis en place un groupe de travail chargé d'élaborer un projet de Code de l'enfant. Plus de dix ans après, ce texte est toujours attendu. Le 31 décembre 2025, le président de la République condamnait les féminicides en les nommant tacitement et nous promettait des mesures dissuasives.

Il est temps que ces engagements se traduisent en actes. 

Dans ce sens, WAXJOTNA réclame : 

  • L’inscription du féminicide comme crime spécifique dans le Code pénal 
  • la reconnaissance explicite du mobile de genre et le contexte systémique de domination.
  • la mise en place des politiques pénales, statistiques et préventives adaptées.
  • l’adoption du Code de l’enfant

Combien de féminicides, d’actes pédocriminels et de viols faudra-t-il encore pour susciter une réaction à la hauteur de la gravité de ces crimes ? 

Si les pouvoirs publics choisissent le silence, WAXJOTNA sera assurément, la voix de celles et ceux que l'on refuse d'entendre. Nous continuerons à dénoncer, à interpeller et à porter ce combat jusqu'à ce que la vie des femmes et des enfants soit enfin érigée en priorité nationale.

La coordination"

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