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Le Sénégal inspire une nouvelle vague de lois anti-LGBT en Afrique
Réunis au Ghana les législateurs de plusieurs nations africaines ont scellé une alliance politique pour verrouiller les droits des minorités sexuelles. Dans cette dynamique régionale, Dakar s'impose comme un précurseur avec ses récentes mesures pénales
 
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(SenePlus) - La vague de répression juridique contre les minorités sexuelles gagne en puissance sur le continent. Du 3 au 6 juin 2026, la capitale ghanéenne Accra a abrité la "Conférence interparlementaire africaine sur les valeurs familiales et la souveraineté". Selon un compte-rendu de Reuters réalisé par les journalistes Emmanuel Bruce et Robbie Corey-Boulet, cette rencontre inédite a rassemblé des délégations d'une vingtaine de pays africains, avec l'objectif explicite de coordonner l'adoption de législations restrictives à travers le continent.

L'enjeu n'est plus seulement de pénaliser l'homosexualité — ce que font déjà plus de la moitié des 54 États africains —, mais de criminaliser toute forme de visibilité ou de "promotion" LGBT. Dans cette dynamique répressive, le Sénégal s'illustre tristement comme un modèle.

Le Sénégal, fer de lance de la criminalisation

Comme le souligne Reuters, le Sénégal fait partie des pays, avec l'Ouganda, qui "sont récemment allés plus loin en adoptant des lois qui criminalisent la « promotion » LGBT". Cette législation sénégalaise sévère fait figure de référence pour d'autres parlements de la sous-région, notamment au Ghana où une loi similaire a été adoptée fin mai et attend l'assentiment du président John Dramani Mahama.

Cette offensive législative au Sénégal s'inscrit dans un contexte de collaboration étroite avec des réseaux conservateurs étrangers. L'agence Reuters rappelle ainsi qu'en mars 2026, le très controversé groupe américain "MassResistance", autoproclamé "pro-famille", "avait été en contact avec des militants au Ghana soutenant le projet de loi, ainsi qu'avec ceux derrière la nouvelle loi du Sénégal".

Derrière les discours sur la préservation des "valeurs culturelles", les conséquences de ces lois sur la santé publique sont désastreuses et immédiates. Les experts sanitaires cités par Emmanuel Bruce et Robbie Corey-Boulet avertissent que cette répression contraint la communauté LGBT à la clandestinité, sapant les efforts de lutte contre le VIH au sein de populations particulièrement vulnérables.

La situation sénégalaise est particulièrement préoccupante à cet égard. Selon Reuters, qui rappelle ses propres enquêtes publiées en avril 2026, "moins de patients atteints du VIH se rendaient dans les centres de traitement au Sénégal par crainte d'être arrêtés, au milieu d'une vague d'arrestations coïncidant avec le débat sur la nouvelle loi de ce pays". Le durcissement pénal se traduit donc directement par un recul critique de la prévention et du soin.

L'influence occidentale conservatrice saluée

L'ironie de ce sommet d'Accra réside dans la dénonciation de l'impérialisme occidental par des acteurs largement épaulés par la droite chrétienne euro-américaine. Le Néerlandais Henk Jan van Schothorst, directeur exécutif de Christian Council International, y a fustigé les interdictions européennes des prétendues "thérapies de conversion", les qualifiant de "colonisation idéologique", selon les propos rapportés par l'agence de presse.

Le changement de cap politique à Washington, avec le retour de Donald Trump, est par ailleurs perçu comme une aubaine inespérée par ces parlementaires. Contrairement aux administrations Obama et Biden, le nouveau gouvernement américain ne fait plus de la protection des droits LGBT une priorité de sa politique étrangère. Un basculement célébré ouvertement à Accra : "Remercions d'abord le peuple américain d'avoir voté pour le président Trump. La conversation en Amérique aujourd'hui est différente", s'est réjouie l'ancienne députée ougandaise Sarah Opendi, citée par Reuters.

Le sommet s'est achevé sur l'adoption par 18 des 20 délégations d'une "Charte africaine sur la famille, la souveraineté et les valeurs". Ce document de 32 pages incite les États signataires à se retirer des accords internationaux prétendument favorables à "l'agenda LGBT" et à verrouiller leurs dispositifs légaux. Pour la communauté homosexuelle de la région, le climat est devenu irrespirable. "Je m'autocensure constamment, je me cache, je surveille mes arrières. Ce n'est pas de la sécurité, c'est de la survie", a témoigné un résident d'Accra à Reuters. Un cri d'alarme qui résonne tristement avec la réalité sénégalaise.

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