Situé à Malango, dans la région de Fatick au cœur du pays sérère, le Centre Expérimental des Médecines Traditionnelles (CEMETRA) est un haut lieu de préservation et de promotion des savoirs ancestraux. Créé en 1971 par le Dr Erick Gbodossou, gynécologue, psychiatre et défenseur passionné des médecines traditionnelles africaines, le centre abrite chaque année la grande cérémonie du Xoy (ou Xhoy), inscrite depuis 2013 au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.
Le Xoy : tradition et spiritualité
Cette cérémonie millénaire, marquant l’arrivée de l’hivernage, réunit les Saltigués - devins et guérisseurs - qui prédisent l’avenir, proposent des remèdes, conjurent le mauvais sort et prient pour la paix et le développement.
Le tout se déroule dans une ambiance rythmée par les tambours, les chants, les danses, et ponctuée de proverbes et d’énigmes.
Suspendu pendant la pandémie de Covid-19, le Xoy a retrouvé toute son ampleur cette année, les 26 et 27 juillet, avec une mobilisation exceptionnelle, notamment la participation de dignitaires lébous, de la reine-mère du bois sacré venue de Casamance, ainsi que de chercheurs, universitaires et journalistes africains et américains.
Médecine traditionnelle et plaidoyer
En marge des rites, un panel consacré aux médecines traditionnelles a rappelé leur importance dans le bien-être des communautés.
La rencontre s’est conclue par la “Déclaration de Malango”, un document officiel plaidant pour une meilleure reconnaissance de ces pratiques, tout en appelant à dépasser les préjugés médiatiques et à traiter ce patrimoine avec respect.
Un héritage vivant
Pour le Dr Gbodossou, le Xoy et la médecine traditionnelle resteront vivants malgré l’influence des religions révélées, car ils portent la spiritualité originelle des peuples africains.
L’édition de cette année, marquée par la jeunesse dynamique des Saltigués, laisse entrevoir un avenir prometteur pour cette tradition.