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AGENCES BUDGÉTIVORES
LES "ONZE" PÈSENT 750 MILLIARDS
 
ID
37682
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Considérées comme budgétivores, les 11 agences aujourd’hui existantes au sein de l’administration sont assises sur un budget global de 750 milliards de francs Cfa.

Sous le régime libéral, la prolifération des agences a amené nombre d’observateurs à juger de la nécessité de les réduire de façon drastique, du fait de leur caractère «budgétivore». Ce que le Président Macky Sall a opéré, dès les premiers jours de son magistère, en diminuant leur nombre.

Cependant, même réduites à 11, elles représentent plus 26,7% du budget national. Soit 750 milliards de francs Cfa. C’est-à-dire, plus du quart des 2732 milliards de francs Cfa. C’est ce que renseigne le rapport d’exécution budgétaire provisoire des établissements publics, agences et structures assimilées au 30 juin 2014.

4 agences se taillent 730 milliards

En effet, dans la constitution du budget de ces agences, la contribution directe de l’Etat constitue 56,9%, 426,27 milliards francs Cfa et les ressources propres se chiffrent à 322,79 milliards francs. Mais, parmi ces 11 agences, 4 seulement engloutissement 97,49% du budget global, soit presque 730 milliards de Cfa. Il s’agit de l’Aser, de l’Ageroute, du Fse et du Fera. «Le caractère stratégique pour l’Etat de ces secteurs est illustré par le poids des budgets cumulés de ces quatre organismes autonomes, 26,7 %, par rapport aux crédits ouverts au titre de la loi de finance initiale 2014»,  renseigne le rapport.

11,6 milliards pour le personnel

Et présentement, les crédits de fonctionnement représentant 48,33 % des dotations annuelles sont consommés à hauteur de 46,19% et les charges de personnel des 11 agences sont provisionnées pour un montant de 11,66 milliards francs dit le document. Les auteurs du rapport qui semblent avoir décelé des problèmes dans le système de rémunération, estiment que «la finalisation du dispositif juridique portant harmonisation des niveaux de rémunération du personnel des agences et structures assimilées devrait contribuer à une meilleure maîtrise des charges de personnel». 

Le rapport s’inquiète cependant du fait que «les activités d’investissement n’ont absorbé que 13,57% des crédits ouverts au 30 juin 2014». Une situation due essentiellement à «la faiblesse des réalisations de l’Ageroute aux missions essentiellement capitalistiques. 

ABSENCE ET RETARDS IMPORTANTS DANS LA REALISATION DE PROJETS, DIFFICULTES D’ABSORPTION…

Parmi les 11 agences que le chef de l’Etat a souhaité conserver, l’Agence des Travaux et de Gestion des Routes (Ageroute) est incontestablement celle qui gère le plus gros budget. En effet, ses crédits s’élèvent à 347 milliards de francs Cfa. Cependant, l’Ageroute «a connu un niveau d’absorption des crédits très faible», renseigne le rapport. «En effet, pour des prévisions de 344 milliards francs, les réalisations se situent 13,17% soit 45,31milliards francs à la migestion. Cette situation résulte de l’absence ou de retards importants notés dans la réalisation de certains projets financés par les partenaires techniques et financiers tels que l’Union européenne, le Mca, la Bad, la Boad, l’Afd, la Badea. Les lenteurs dans les décaissements de ces partenaires découlent en partie de lourdeurs dans les procédures administratives », souligne le rapport.

L’Ageroute, le plus gros budget, peine…

Par exemple, la route Passy-Sokone n’en est qu’au lancement du dossier d’appel d’offres, la route Hydrobase Saint-Louis n’a même pas vu ses études démarrer. Il y a aussi des retards importants dans la revue des études, dans l’attribution des marchés et l’exécution des travaux du Mca, une absence d’exécution sur le Contournement de Tivaouane, sur Dialocoto-Mako, une absence d’exécution sur Dinguiraye-Niora- Keur Ayib, un retard dans l’exécution des travaux de la Boucle du Blouf.

Un endettement courant de 37 milliards

Après l’Ageroute, c’est le Fonds spécial de Soutien au Secteur de l’Energie (Fse), créé pour sécuriser l’approvisionnement en combustible de Senelec, qui détient l’autre budget colossal avec 295,4 milliards de Cfa. Ensuite, vient le Fonds d’Entretien routier autonome (Fera) avec un budget de 72,3 milliards de francs Cfa. L’Agence sénégalaise d’Electrification rurale (Aser), qui a un budget de 13,9 milliards de Cfa en 2014, souffre elle, d’un «niveau de mobilisation globale des ressources assez mitigé, 28,04% des prévisions», qui résulte principalement de la faiblesse des taux de décaissements auprès des partenaires techniques et financiers. 

L’endettement des agences a aussi été passé au peigne fin. Et le rapport a décelé que l’Ageroute et le Fera sont les plus grands débitrices. «L’endettement courant des agences et structures assimilées est arrêté au 30 juin 2014 à 37,19 milliards francs. En effet, elles sont débitrices à l’égard des  fournisseurs pour un montant de 36,37 milliards francs. Cette dette est principalement due par l’Ageroute et le Fera»

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