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Centenaire de Fanon : la leçon d’humilité du militant anticolonialiste
Le centenaire de Frantz Fanon a été célébré récemment en grande pompe au Musée des Civilisations Noires de Dakar. Des Africains venus des 4 coins du monde se sont mobilisés pour donner une dimension internationale et symbolique forte à cet événement.
 
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1000894
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  • https://www.youtube.com/watch?v=d0o0Fissh-g

Dans cette interview, l’historien franco-béninois Amzat Boukari-Yabara met en lumière les enjeux stratégiques du panafricanisme contemporain et la nécessité de se remobiliser autour d’un panafricanisme de combat, à l’image de l’engagement porté par Frantz Fanon.

Le centenaire de l’illustre militant anticolonialiste a été célébré récemment en grande pompe au Musée des Civilisations Noires de Dakar. Des Africains venus des quatre coins du monde se sont mobilisés afin de donner à cet événement une dimension internationale et symbolique forte.

Artistes, intellectuels, activistes, responsables politiques, chercheurs et acteurs de la société civile ont pris part à ce colloque international intitulé « L’espérance Frantz Fanon ». De nombreux panels enrichissants, ainsi que des séances plénières, se sont tenus du 17 au 20 décembre, dans le but de mieux faire connaître la personnalité de Frantz Fanon et de s’inspirer de ses combats pour la liberté et la dignité humaine.

En marge de cet événement, nous avons rencontré Amzat Boukari-Yabara, historien franco-béninois et président de la Ligue panafricaine UMOJA, pour un entretien approfondi.
Le panafricanisme : une notion plurielle, mais exigeante.

Au cours de l’interview, l’intellectuel insiste sur les nuances qu’il convient de prendre en compte dans ce que l’on appelle aujourd’hui le panafricanisme. S’il existe un substrat originel commun auquel beaucoup se réfèrent, les approches et les priorités diffèrent selon les courants. Intervenant lors d’un panel, Amzat Boukari-Yabara a affirmé que « le panafricanisme ne peut être que de combat ».

Relancé sur cette idée, il a précisé : « Il existe des panafricanismes dont le combat n’est pas la priorité. Or, il est nécessaire de faire un travail de recohésion du panafricanisme. »

Faire découvrir Fanon aux jeunes générations

Abordant la question de la transmission de la pensée de Frantz Fanon, notamment auprès des lycéens, Amzat Boukari-Yabara estime que certaines œuvres majeures, telles que Peaux noires, masques blancs ou Les Damnés de la terre, peuvent s’avérer complexes pour leur âge.

En revanche, il suggère de privilégier la lecture de la lettre de Frantz Fanon adressée à ses parents, un texte fondamental dans lequel Fanon confesse s’être trompé de combat, témoignant ainsi d’une grande humilité intellectuelle et morale.

L’humilité comme héritage politique

Sur un autre plan, Amzat Boukari-Yabara souligne que le sens de l’humilité de Frantz Fanon transparaît clairement dans sa lettre de démission de l’hôpital de Blida-Joinville. Dans ce document, cette figure majeure du panafricanisme et de la lutte anticoloniale reconnaît s’être engagé pour une France idéalisée — celle des Lumières, universelle et égalitaire — qui ne correspondait ni à la réalité coloniale ni à ses propres valeurs humanistes.

L’idée de la France comme mère patrie ne tient donc pas, du point de vue de Fanon. Pour l’historien et écrivain Boukari-Yabara, cette capacité d’autocritique et de remise en question constitue une grandeur morale rare, souvent absente aujourd’hui chez nombre d’Africains, en raison du poids de l’ego et du refus de reconnaître ses erreurs.

Amzat Boukari-Yabara a, par ailleurs, coanimé un panel au cours duquel il a développé le thème « Frantz Fanon, un panafricanisme de combat », en lien avec le thème général du colloque : « Frantz Fanon, un panafricanisme décolonial combatif ».

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