Skip to main content
Choisir le droit chemin avant la faillite
Face à l'impasse financière actuelle, l'économiste Abdoulaye Ndiaye propose une thérapie de choc : le recours au "cadre commun du G20". Une option qu'il juge préférable à l'endettement perpétuel sur le marché régional
 
ID
1002171
{"id":1002171,"title":"Choisir le droit chemin avant la faillite","subheadline":"Face à l'impasse financière actuelle, l'économiste Abdoulaye Ndiaye propose une thérapie de choc : le recours au "cadre commun du G20". Une option qu'il juge préférable à l'endettement perpétuel sur le marché régional","image":"/sites/default/files/2026-02/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-02-08%20a%CC%80%2017.49.25.png","link":"/article/choisir-le-droit-chemin-avant-la-faillite"}
  • https://www.youtube.com/watch?v=wgttjxsqU40

Le co-auteur du rapport sur la dette sénégalaise était l'invité de l'émission Jury du Dimanche ce 8 février 2026 sur iTV, où il a détaillé les recommandations de son étude.

Abdoulaye Ndiaye, professeur d'économie à New York University et co-auteur avec Martin Kessler d'un rapport sur la dette sénégalaise, a accordé une interview exclusive à l'émission JDD ce dimanche. L'économiste sénégalais, de passage à Dakar pour une mission ponctuelle, a livré son analyse sans détour sur la crise de la dette que traverse le pays.

"Il faut qu'on arrête de dire qu'il n'y a pas de dette cachée et ça c'est clair. Nous sommes face à un mur", a déclaré le professeur Ndiaye sur le plateau d'iTV. Selon lui, le Sénégal fait face à une "dette cachée" de 11 milliards de dollars non divulguée au FMI, "un cas exceptionnel dans le top 0,01% des cas de mis-reporting de ce type", a-t-il précisé.

L'économiste a confirmé que le pays traverse une véritable crise : "On fait face à une crise de la dette parce qu'il y a des arriérés. On fait face à une crise de la dette parce qu'il est difficile de dérouler la vision du Sénégal pour 2050", a-t-il expliqué.

Le professeur a détaillé les principales recommandations de son rapport, réalisé avec Martin Kessler de la Finance for Development Lab à Paris.

"Par souci de transparence, le citoyen sénégalais doit avoir la liberté et la possibilité de pouvoir voir ce rapport", a insisté Abdoulaye Ndiaye. "Le rapport final qui fait base de discussion actuellement doit être public. Sinon, on doit prendre le rapport de la Cour des comptes comme le rapport final", a-t-il ajouté.

Le rapport appelle le Fonds monétaire international à "clarifier la notion de ce que ça veut dire une dette soutenable", selon l'économiste. Il a rappelé que "le FMI ne peut pas confirmer que la dette sénégalaise est soutenable", utilisant des "termes diplomatiques" pour signifier que l'institution de Bretton Woods doute de la viabilité de la dette du pays.

En cas de restructuration, le rapport recommande "que ça ne touche pas trop aux dépenses sociales", a précisé le professeur. "On parle aussi de la responsabilité des citoyens pour qu'ils puissent demander, pour qu'ils s'intéressent à cette question. L'économie est très simple", a souligné l'invité d'iTV.

Abdoulaye Ndiaye a exposé les deux chemins possibles pour le Sénégal. Le premier consiste à "continuer à faire rouler la dette par des opérations essentiellement sur le marché régional", mais à des taux élevés (4,5 à 6%) qui risquent d'augmenter. "Ce chemin-là ne peut pas aller sur une longue durée", a-t-il averti.

La seconde option est la restructuration via le "cadre commun du G20". "Il est important quand même que les citoyens comprennent que ce n'est pas une honte. Ce cadre-là a beaucoup changé. Ce n'est plus les programmes d'ajustement structurel des années 90", a-t-il rassuré.

Le professeur a appelé à une décision rapide : "Notre rapport dit que nous arrivons à un moment de reconnaissance, moment of reckoning en anglais. Il faut juger maintenant quels sont les coûts économiques."

L'économiste a conclu en espérant que son "travail patriotique pour le Sénégal" permettra au pays de retrouver "le droit chemin".

1002171
ID
1002171
Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3