(SenePlus) - À la veille d'un match décisif contre la Norvège pour leur survie dans la Coupe du monde, les Lions de la Téranga font face à une crise interne majeure. Primes impayées, conditions d'hébergement déplorables et sélectionneur sans contrat officiel : les graves manquements de la Fédération sénégalaise de football (FSF) menacent directement le parcours de l'équipe nationale.
Le Sénégal retient son souffle. Après la désillusion d'une défaite face à l'équipe de France (3-1), la sélection nationale joue sa survie au Mondial 2026 ce mardi face à la Norvège. Si les joueurs s'efforcent d'afficher un visage confiant, l'envers du décor, révélé par le journaliste Malick Bamba dans une enquête explosive pour Sport News Africa ce vendredi 19 juin, décrit une situation alarmante. L'amateurisme institutionnel semble avoir repris ses droits au pire moment.
L'unité affichée par le groupe sur les pelouses américaines masque de profondes frustrations. Au cœur de la colère : l'argent. Selon Sport News Africa, l'instance dirigeante du football sénégalais n'a toujours pas versé les primes promises aux joueurs.
Une situation que le vestiaire juge inacceptable, d'autant que les caisses de la FSF sont pleines. L'institution a en effet déjà perçu « les enveloppes astronomiques des prize money de la CAN 2025 ainsi que les bonus liés à la qualification pour cette Coupe du monde ». L'opacité totale autour de la gestion de ces fonds crispe des internationaux sénégalais qui pensaient ces pratiques révolues.
Une logistique au rabais pour les Lions
Les difficultés financières s'accompagnent de conditions de séjour indignes d'une équipe de ce calibre. L'enquête de Sport News Africa pointe du doigt un camp de base américain aux standards bien inférieurs à ceux exigés par le très haut niveau. Cette austérité choque d'autant plus les joueurs qu'ils gardent en mémoire « les conditions d'excellence absolue à Tanger lors de la CAN 2025 ».
Le symbole le plus frappant de ces coupes budgétaires inexpliquées se trouve dans l'assiette des Lions. Le chef cuisinier de la sélection a été purement et simplement écarté du voyage. Résultat : une restauration hôtelière jugée si médiocre que « certains joueurs commandent régulièrement de la nourriture à l'extérieur pour pouvoir s'alimenter correctement ».
Ce régime sec imposé aux joueurs contraste de façon choquante avec le faste dont profitent certains officiels. Sport News Africa dénonce la présence aux États-Unis d'une « délégation pléthorique et budgétivore... entièrement aux frais de la FSF », composée de familles et de proches des dirigeants. Un favoritisme qui rappelle douloureusement les dérives constatées lors du Mondial 2018.
Pape Thiaw, un sélectionneur dans le vide juridique
Le comble de ce chaos institutionnel concerne l'homme chargé de mener l'équipe à la victoire : Pape Thiaw. Le sélectionneur sénégalais affronte cette Coupe du monde dans une précarité professionnelle absolue.
Malgré les promesses formulées par le chef de l'État avant la compétition pour régler la situation, le contrat du technicien n'a toujours pas été renouvelé. La Fédération refuse catégoriquement de parapher le document, prétextant « l'urgence des matchs importants ».
Pour le média sportif, cette stratégie est avant tout un « calcul cynique ». La FSF jouerait la montre pour évaluer les résultats du Mondial et se laisser l'opportunité de se séparer de Pape Thiaw sans verser d'indemnités en cas d'élimination précoce. C'est donc un sélectionneur « sans contrat, sans aucune base légale et privé de ses émoluments depuis près d'une demi-année » qui devra trouver les ressources pour battre la Norvège. Un climat toxique qui hypothèque sérieusement les chances de succès du Sénégal dans cette compétition planétaire.