(SenePus) - Le Sénégal engage une réorganisation majeure de sa politique d’endettement, dans un contexte où sa dette publique atteint désormais environ 132 % du PIB. Un article de de RFI de Léa-Lisa Westerhoff, de ce 19 juin, montre cette évolution s’inscrit dans une dynamique gouvernementale récente marquée par une série de nominations au sein du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, visant à renforcer la gestion des finances publiques.
Au cœur de ce dispositif, la création d’une nouvelle structure unique, la Direction générale des financements et de la dette, constitue un tournant stratégique. Elle regroupe des compétences jusque-là dispersées entre plusieurs directions administratives, ce qui devrait permettre une meilleure coordination et un suivi plus centralisé des emprunts et de leur remboursement. À sa tête a été nommé Babacar Touré, ancien dirigeant du secteur bancaire privé, notamment à Afrika Banque Sénégal.
Ce choix d’un profil issu du monde financier est interprété par certains observateurs comme un signal adressé aux partenaires internationaux, notamment aux marchés et aux bailleurs de fonds. Il intervient également alors que le pays cherche à restaurer la confiance dans la gestion de sa dette, dans un contexte marqué par des tensions budgétaires et la révélation récente d’irrégularités comptables.
Cette réforme répond aussi à des recommandations anciennes de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), reprises par le Fonds monétaire international (FMI), qui préconisent une autorité unique pour la gestion de la dette publique. Sa mise en œuvre actuelle est ainsi perçue comme un alignement du Sénégal sur les standards régionaux et internationaux en matière de gouvernance financière, tout en signalant, selon certains analystes, un probable changement de stratégie économique.