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Cinema - Ficac 2026 : Saint-Louis, pont vivant entre l’Afrique et la Catalogne
Pour son cinquième anniversaire, le Festival Itinérant des Cinémas Africains de Catalogne (FICAC) a choisi Saint‐Louis du Sénégal comme première escale africaine
 
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1005557
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Pour son cinquième anniversaire, le Festival Itinérant des Cinémas Africains de Catalogne (FICAC) a choisi Saint‐Louis du Sénégal comme première escale africaine. Samedi dernier, la Maison de la Photographie ‐ Ker Thian a accueilli la «Journée de l’Afrique», une soirée placée sous le signe du lien plutôt que de l’origine. Une Afrique pensée comme un réseau vivant, capable de traverser les territoires, les langues et les mémoires.

Trois courts‐métrages, trois cinématographies, un même fil conducteur : interroger ce que veut dire «nous» quand l’Afrique se vit au‐delà du continent. Le public venu nombreux a salué une programmation exigeante et accessible, suivie de débats pour rapprocher le cinéma des habitants de la vieille cité.

Avec son court métrage de 4 minutes titré « Réflexion sur l’abattage indiscriminé des arbres» / «Com fer un Xilòfon «, le journaliste barcelonais Marc Serena remonte au nord du Ghana, là où l’abattage des arbres «sacrés» alimente l’artisanat du xylophone. En quelques plans, il dresse l’éloge d’une tradition en péril, entre savoir‐faire ancestral et pression économique.

L’anthropologue et cinéaste cubaine‐madrilène Aida Bueno Sarduy dans « Guillermina « (17 minutes) associe animation et archives pour faire résonner les discours du féminisme noir. Elle questionne la place assignée aux femmes noires dans l’imaginaire contemporain. Un travail de mémoire et de réappropriation visuelle.

En clôture, la réalisatrice franco‐sénégalaise, Alice Diop, César du meilleur court‐métrage pour «Vers la tendresse» et Grand Prix du Jury à Venise pour «Saint Omer», pose à travers son film de 21 minutes intitulé « Fragments for Venus « sa caméra face à des artistes, activistes et penseurs, avec comme question centrale : comment nommer ce «nous» aujourd’hui, sans l’enfermer ? Le regard devient ici outil politique.

Anna Rosés, déléguée du gouvernement de la Catalogne en Afrique occidentale qui a assisté à l’événement, a rappelé que cette activité est une collaboration entre le gouvernement de la Catalogne et le Festival Itinérant des Cinémas Africains en Catalogne. « Cette année, on a décidé de nous concentrer dans deux villes au Sénégal, quatre en Catalogne et une au Ghana, tout en essayant de rapprocher les cultures catalane et africaine, valoriser les relations, la collaboration et la coopération, l’art et la culture du cinéma africain et sa diaspora» a‐t‐elle confié avant de préciser que le choix de Saint‐Louis est motivé par sa richesse culturelle en tant que patrimoine mondial, avec ses espaces de débats, de réflexions par rapport à la culture, au cinéma et à l’art qui sont, selon elle, impressionnants.

Amina Awa Niang, productrice, réalisatrice et présidente du Collectif cinéma de Saint‐Louis «Écran du fleuve», a rappelé que l’événement est porté par la délégation Catalogne en Afrique de l’Ouest, le fonds catalan et l’association Cinemafriques.

«C’est la deuxième fois que nous accueillons cette journée à Saint-­Louis, en partenariat avec le collectif Écran du fleuve. Il s’agit de montrer les films, partager des images de cinéma imaginaire, mais également créer des liens entre nos deux territoires «, a‐t‐elle fait savoir.

La jeune réalisatrice et productrice de cinéma a profité de l’occasion pour se prononcer sur l’importance du cinéma et proposer des pistes de solutions pour vulgariser les talents locaux pour que les films soient vus partout en Afrique et que les Africains puissent avoir accès à des films étrangers. « Une manière de partage d’expérience, de montrer la vision et la culture africaines « a‐t‐elle ajouté

Elle qualifie le cinéma de quelque chose de politique. En tant que créateur, il faut réfléchir à faire des films. Cependant, elle plaide pour la mise en place d’infrastructures comme des salles de cinéma qui n’existent pratiquement plus à Saint‐ Louis, l’organisation de sessions de formation qui demande des moyens. «Beaucoup de créateurs et cinéastes sénégalais n’attendent plus pour créer, c’est pourquoi nous interpellons les autorités étatiques pour cela «, a‐t‐elle confié.

Au niveau local, la présidente du Collectif cinéma de Saint‐Louis et Écran du fleuve précise que des formations structurantes sont menées avec les différents acteurs avec des moyens limités. C’est pourquoi elle demande que les cinéastes soient dotés en matériel adapté pour promouvoir les ta‐ lents locaux et leur donner plus de chance.

Amina Awa Niang s’est prononcée sur la projection des trois films courts‐métrages. «Nous avons eu trois films avec trois formes différentes qui traitent de la même problématique de l’Afrique, de la peau noire, de la représentation de la femme noire qui a toujours été présentée dans le cinéma, dans la peinture, dans la sculpture. Ces films nous inter‐ pellent en tant que créateurs africains sur le regard que le monde porte toujours sur notre peau, nos valeurs et origines. À travers les outils, les moyens que nous avons, c’est à nous de montrer un nouveau regard, créer de nouveaux récits en tant que femmes battantes comme les autres du monde en croyant en nous, en relevant les défis qui se pré‐ sentent à nous et dépasser les préjugés sur notre physique ou couleur de peau et même dépasser les hommes dans certains domaines», a‐t‐elle expliqué.

Sarah Camara, directrice déléguée de l’Institut français de Saint‐Louis et Sira Bâ Dieng , directrice du Centre culturel régional, ont également pris part à cette activité organisée par le FICAC, l’association Cinemàfriques et la Commission Migration et développement du Fonds catalan.

Saint‐Louis n’est qu’une première étape. Après la cité tricentenaire, le FICAC 2026 poursuivra son périple : Gérone et Tarragone en Espagne, puis Kolda au Sénégal et Sawla au Ghana. 

De Saint‐Louis à Barcelone, de Kolda à Gérone, le FICAC 2026 s’impose comme un festival sans frontières. Un pont, un lien vivant. 

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