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Scandale de la concession du Môle 4 du Pad pour 25 ans : Anatomie d’un séisme sous-marin
La concession du Môle 4 du Port autonome de Dakar (PAD), validée en septembre 2025, appartient désormais à cette catégorie de dossiers sensibles qui, en 2026, continuent de hanter le débat public.
 
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1005540
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 Il est des décisions publiques qui cessent d’être de simples actes de gestion pour devenir des révélateurs de système. La concession du Môle 4 du Port autonome de Dakar (PAD), validée en septembre 2025, appartient désormais à cette catégorie de dossiers sensibles qui, en 2026, continuent de hanter le débat public. Elle met directement en cause la responsabilité conjointe du Directeur général, Waly Diouf Bodiang, et du Président du Conseil d’administration, le Pr Ngouda Mboup, dans une opération stratégique engageant le port pour 25 ans.

Au‐delà des discours sur la modernisation et des projections d’investissement, ce sont les conditions de validation, la base juridique retenue et la chaîne de décision institutionnelle qui suscitent aujourd’hui de sérieuses interrogations. 

C’est en septembre 2025 que le Conseil d’administration du Port autonome de Dakar a validé la concession du Môle 4, après plusieurs reports et une montée progressive des contestations internes et externes. Cette décision a scellé une responsabilité institutionnelle à deux niveaux : celle du Directeur général, Waly Diouf Bodiang, maître d’œuvre du montage contractuel et porteur de la stratégie d’attribution ; celle du Président du Conseil d’administration, Pr Ngouda Mboup, garant de la validation stratégique, juridique et institutionnelle. 

À partir de ce moment, la décision ne relève plus d’un simple acte administratif : elle engage l’architecture entière de gouvernance du Port autonome de Dakar.

Une procédure qui fragilise les exigences de la commande publique

Le cœur du dossier demeure la qualification juridique de l’opération. Alors que l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) avait estimé que le projet relevait du régime des partenariats public‐privé (PPP), impliquant une mise en concurrence obligatoire, le Port autonome de Dakar a maintenu le recours au régime de l’Autorisation d’Occupation Temporaire (AOT), fondé sur la loi de 1992. Cette divergence majeure entre le régulateur et l’autorité portuaire n’a pas été tranchée par un consensus juridique national, mais par une décision institutionnelle interne validée en septembre 2025.

Une responsabilité conjointe qui ne peut être évitée

Dans cette configuration, aucune lecture ne permet d’isoler les responsabilités. Le Directeur général a conçu, structuré et défendu le montage juridique et économique de la concession. Le Conseil d’administration, sous la présidence du Pr Ngouda Mboup, l’a validé en 2025, engageant le Port pour un quart de siècle. Cette articulation place les deux responsables au centre d’une même chaîne de décision, où l’initiative exécutive et la validation institutionnelle se confondent dans leurs effets juridiques et politiques.

Une omission majeure qui continue d’interpeller

Parmi les éléments versés au Conseil d’administration lors de la validation de 2025 figuraient des documents techniques et financiers structurants. Pourtant, un document essentiel demeure absent des annexes : l’avis de l’ARCOP. Or, cet avis qui qualifiait le projet de potentiellement relevant du régime des PPP, constituait un élément déterminant de l’appréciation juridique du dossier. En 2026, cette absence continue d’alimenter des interrogations lourdes sur la complétude de l’information ayant conduit à la décision finale.

Une rupture avec les pratiques historiques de gouvernance portuaire

Le Môle 4 se distingue nettement des standards ayant encadré les grandes concessions portuaires du Sénégal. Les terminaux stratégiques ont historiquement été attribués soit à l’issue d’appels d’offres internationaux, soit dans le cadre de mécanismes de régulation ou de compromis institutionnels, avec une attention particulière portée à la concurrence et au contenu local. 

Le schéma retenu en 2025 apparaît, lui, comme une configuration atypique : absence de mise en concurrence ouverte, recours à un montage contractuel spécifique, et concentration de la décision dans un cercle institutionnel restreint.

Le prive national en état d’alerte

Le secteur privé national a rapidement exprimé de vives préoccupations après la validation de la concession. Plusieurs organisations patronales ont alerté sur les risques économiques et sociaux majeurs du projet, notamment la marginalisation d’opérateurs locaux historiquement actifs et la perte potentielle de milliers d’emplois. 

Dans cette lecture, la concession du Môle 4 pourrait entraîner une reconfiguration profonde des équilibres économiques portuaires, au profit d’un consortium étranger intégré, sans garanties explicites de protection du tissu national.

Une affaire qui dépasse le Port : L’interpellation des plus hautes autorités de l’État

En 2026, le dossier du Môle 4 ne relève plus uniquement du Port autonome de Dakar. Il est devenu une affaire d’État au sens plein du terme. Dès lors, une interpellation directe s’impose au plus haut niveau de l’exécutif. Le Premier ministre est désormais appelé à faire toute la lumière sur les conditions de validation de cette concession : fondements juridiques retenus, traitement de l’avis du régulateur, et chaîne de responsabilité administrative. 

Au‐delà, le Président de la République est également interpellé au nom des principes proclamés de bonne gouvernance, de transparence et de souveraineté économique. Il lui revient, en dernier ressort, de garantir que les engagements structurants de l’État ne s’écartent ni des règles de droit, ni des intérêts fondamentaux de la nation.

Une validation de 2025 qui s’impose comme une épreuve de cohérence étatique

Un an après sa validation, la concession du Môle 4 continue de cristalliser les tensions. Elle dépasse désormais le cadre portuaire pour devenir un test de cohérence institutionnelle : respect des règles de commande publique, articulation entre régulation indépendante et décision administrative, et lisibilité de la responsabilité publique.

Une responsabilité désormais publiquement exposée

Au centre de cette controverse demeurent deux figures : Waly Diouf Bodiang et le Pr Ngouda Mboup. 

La concession du Môle 4, validée en septembre 2025, place leur responsabilité conjointe sous le regard direct de l’opinion publique et désormais sous celui des plus hautes autorités de l’État. 

En 2026, la question n’est plus seulement technique ou administrative. Elle est politique et institutionnelle : comment une décision de cette ampleur, contestée dans sa base juridique et critiquée dans sa méthode, a‐t‐ elle pu être validée sans clarification exhaustive au nom des exigences de l’État de droit, de la transparence et de la souveraineté économique ? 

Dans cette affaire du Môle 4, Waly Diouf Bodiang et Ngouda Mboup doivent plus que des explications au peuple sénégalais qu’ils ont engagé pour vingt‐cinq ans sur 20% du trafic national sans passer par le Code des marchés publics de notre pays. 

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