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Le Conseil constitutionnel pressé de trancher le cas Sonko
Syndicats et intellectuels exigent l'intervention des Sages sur la légalité du retour controversé de l'ancien Premier ministre au perchoir
 
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1005621
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(SenePlus) - Un large collectif regroupant des syndicats, des intellectuels et des figures de la société civile, baptisé Forces vives de la nation, alerte sur un risque imminent de crise institutionnelle et exhorte le Conseil constitutionnel à se prononcer sur la légalité du retour d'Ousmane Sonko au Parlement. Cette information a été rapportée par la correspondante de RFI à Dakar, Juliette Dubois.

Depuis l’élection de l’ancien Premier ministre à la présidence de l’Assemblée nationale le 26 mai dernier, les relations entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif se sont fortement dégradées. La rupture politique entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien allié Ousmane Sonko s'est en effet déplacée sur le terrain institutionnel. Limogé de la primature le 22 mai en raison de profondes divergences sur la gestion de la dette et la justice, Ousmane Sonko a rapidement retrouvé les bancs de l'hémicycle pour succéder à Malick Ndiaye, démissionnaire du perchoir.

Mais cette réintégration est contestée. Dès le 1er juin, des députés de l'opposition ont déposé un recours. Aujourd'hui, c'est au tour de la société civile de monter au créneau. Pour les signataires de l'appel, c'est la stabilité même des institutions qui est menacée. Ils demandent expressément au Conseil constitutionnel de ne pas se déclarer incompétent, comme il a pu le faire par le passé sur les affaires internes de l'Assemblée, et de rendre une décision claire avant que l'agenda parlementaire ne s'accélère.

L’objectif de cette démarche est clair : éviter l'enlisement et apaiser un climat politique délétère. Interrogé par RFI, Djibril Gningue, membre du Gradec (Groupe de recherche et d'appui à la démocratie participative et la bonne gouvernance) et signataire de l'appel, estime qu'une intervention des juges est la seule voie de sortie pacifique. « Nous pensons que, pour ne pas tomber dans cette situation de rapport de force, il faudrait que le Conseil constitutionnel dise le droit », affirme-t-il. Selon lui, une fois la décision rendue, « tout le monde va se plier à cette décision-là. Ce sera de nature à ramener la paix, la stabilité et la sérénité sur le champ politique ».

Outre cette saisine symbolique des Sages, le collectif des Forces vives de la nation lance un appel au calme. Face aux tensions ravivées par la dissolution du tandem historique élu en 2024, il exhorte les militants de tous bords à rejeter les postures de confrontation. Le collectif craint un basculement vers une crise aux « conséquences dramatiques », rappelant les épisodes de violence qui ont secoué le pays ces dernières années.

Enfin, les signataires invitent le président Bassirou Diomaye Faye à renouer le dialogue avec l'ensemble de la classe politique et de la société civile. Une tentative de médiation pour que le divorce politique entre les deux têtes de l'exécutif de 2024 ne paralyse pas définitivement le fonctionnement de la République sénégalaise.

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