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Le patron de Petrosen veut bâtir le nouveau géant pétrolier africain
Entre l'exploration de nouveaux puits terrestres et la prise de contrôle du gisement gazier Yakaar-Teranga, le directeur général dessine une feuille de route audacieuse pour asseoir définitivement la souveraineté énergétique du pays
 
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(SenePlus) – Deux ans après une arrivée contestée en interne, Alioune Gueye s'est imposé à la tête de Petrosen et nourrit des ambitions à la hauteur des enjeux énergétiques du Sénégal. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, signé Maher Hajbi, le directeur général de la Société nationale des pétroles du Sénégal dévoile une stratégie offensive, entre renégociation des contrats, exploitation de Yakaar-Teranga et exploration onshore.

L'ambition est clairement posée : « faire de Petrosen l'Aramco de l'Afrique ». Petrosen Holding affichait en 2024 un chiffre d'affaires de 126,7 milliards de francs CFA. L'écart avec le géant saoudien — 104,65 milliards de dollars de résultat net en 2025 — est vertigineux. Mais Alioune Gueye assume le pari. Son plan stratégique 2030 repose sur trois piliers : l'exploration onshore avec un budget de 100 millions de dollars, le développement de Yakaar-Teranga, et le renforcement des activités aval via le réseau de stations-service et le gaz de pétrole liquéfié.

Le retrait de Kosmos du gisement Yakaar-Teranga en avril, présenté comme une victoire politique à Dakar, est décrit par le DG comme « le fruit d'un processus négocié ». Petrosen hérite de la licence et devient opérateur. La raison est idéologique autant qu'industrielle : les partenaires internationaux privilégiaient une exploitation orientée vers les marchés d'exportation de GNL, quand Dakar entend d'abord répondre aux besoins domestiques. « Yakaar-Teranga est par essence le projet qui va asseoir la souveraineté énergétique du Sénégal », affirme Alioune Gueye à Jeune Afrique. « Certains doutent de notre capacité à y parvenir, mais le défi est pleinement assumé. »

L'entretien livre une confidence troublante sur la rentabilité actuelle des gisements en exploitation. Sur GTA, les revenus du Sénégal s'élèveront à 800 millions de dollars sur vingt ans, pour des recettes totales de 30 à 40 milliards. « Ce rendement demeure dérisoire pour l'État et Petrosen car notre quote-part ne suffira pas à payer la dette et les intérêts contractés pour financer notre part du développement de ce champ », reconnaît-il. D'où l'urgence des renégociations en cours avec BP, dont Petrosen espère une « restructuration complète » du partenariat, avec l'espoir que l'arrivée d'une nouvelle direction chez le géant britannique facilite les discussions.

Enfin, Petrosen relance l'exploration terrestre, abandonnée depuis des décennies. Les premiers forages sont attendus d'ici décembre 2026, à des profondeurs de 3 000 à 4 000 mètres, dans des zones comme Diender et Sébikotane. « Je crois fermement que nous allons faire une découverte de classe mondiale », déclare Alioune Gueye. Une conviction qui reste à confirmer, mais qui dit l'ampleur des espoirs placés dans ce nouveau chapitre de l'histoire pétrolière sénégalaise.

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