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Adji Bousso Dieng, la Sénégalaise qui redessine les frontières de l'IA
Lauréate du NSF CAREER Award, membre du panel scientifique de l'ONU sur l'IA, fondatrice d'une ONG panafricaine, la professeure sénégalaise de Princeton cumule les distinctions
 
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1005627
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(SenePlus) – Adji Bousso Dieng vient de décrocher l'une des plus hautes distinctions académiques américaines pour les chercheurs en début de carrière. La scientifique sénégalaise, professeure de sciences informatiques à l'université de Princeton, a reçu le NSF CAREER Award de la National Science Foundation, accompagné d'une dotation de 500 000 dollars sur cinq ans, selon une annonce publiée le 4 juin 2026 par le département d'informatique de Princeton.

Ce prix ne récompense pas seulement un parcours, il finance une vision. Adji Bousso Dieng utilisera ce financement pour construire de nouvelles méthodes d'IA capables de découvrir des molécules et des matériaux inédits, en s'attaquant à un problème qu'elle a elle-même théorisé : le « mode collapse ». Ce phénomène désigne la tendance des systèmes d'IA à tourner en rond, générant des réponses prévisibles qui imitent ce qui est déjà connu, ratant ainsi les zones chimiques inexplorées où se trouvent les véritables percées scientifiques.

Pour y remédier, elle développe ce qu'elle appelle une « intelligence investigatrice » : un nouveau paradigme mathématique qui force les systèmes d'IA à activement chercher la nouveauté, la rareté et les structures chimiques encore inconnues. L'objectif final est de mettre ces outils en libre accès pour l'ensemble de la communauté scientifique mondiale.

Un profil hors norme

Originaire de Kaolack, Adji Bousso Dieng a rejoint la faculté de Princeton en septembre 2021, devenant la première professeure noire en informatique dans cette institution. Elle était auparavant chercheuse chez Google DeepMind. Titulaire d'un diplôme d'ingénieur de Télécom Paris, d'un master de Cornell et d'un doctorat de Columbia, elle est également affiliée à plusieurs instituts de Princeton couvrant l'ingénierie chimique, la santé de précision, le quantique et l'environnement.

En 2026, elle a été nommée parmi les 40 membres du Panel scientifique international indépendant des Nations Unies sur l'intelligence artificielle, le premier organe scientifique mondial entièrement dédié à l'IA.

Parallèlement à ses travaux académiques, Adji Bousso Dieng est fondatrice de The Africa I Know, une organisation à but non lucratif qui vise à transformer les récits sur l'histoire, les savoirs et l'innovation africains pour inciter les jeunes du continent à s'orienter vers les sciences et la technologie.

Dans un portrait publié par Jeune Afrique cette semaine, elle avait formulé un message direct aux autorités sénégalaises : « Ne pas mobiliser les compétences disponibles, y compris celles de la diaspora, est difficilement concevable, mais je reste totalement à disposition pour contribuer au développement technologique de mon pays. »

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