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Claudy Siar dénonce un "racisme systémique" dans l'audiovisuel public français
Un an après son éviction de France 24, l'ancien animateur de "Couleurs tropicales" dénonce le prix de la liberté d'expression pour les journalistes noirs dans l'audiovisuel public français
 
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1002987
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  • https://www.youtube.com/watch?v=sMNbKn13ijM

Plus d'un an après son départ de France 24, Claudy Siar brise le silence sur les circonstances de son licenciement. Dans une interview diffusée sur la chaîne guinéenne Espace TV, l'animateur et journaliste livre un témoignage accablant sur les entraves à la liberté d'expression des journalistes noirs dans l'audiovisuel public français.

« J'ai été licencié de France 24 suite à mes propos », déclare-t-il sans détour, précisant que « les choses sont très mal engagées » également avec RFI, deux entités appartenant à France Médias Monde, le groupe de l'audiovisuel extérieur français. Selon ses dires, ce licenciement fait directement suite à ses « prises de position humanistes » sur les réseaux sociaux, notamment sa « dénonciation de ce qui est commis contre le peuple palestinien ».

Se définissant comme un « humaniste » sans appartenance religieuse, Claudy Siar affirme que « l'humanité » constitue sa seule religion. « On peut mettre un terme à mon contrat mais pas à mes combats », lance-t-il, assumant pleinement le prix à payer pour ses convictions. Il précise que ses engagements « n'ont jamais suscité de plainte ni de la part des tutelles de France Médias Monde, ni d'association, ni de personnes », soulignant l'absence de poursuites officielles contre lui.

Le cœur de son propos porte sur ce qu'il qualifie de traitement différencié des journalistes en fonction de leur origine ethnique. « Il y a des journalistes, des femmes et des hommes sur le service public en France – France Inter, France Info, France 2, France 3 – qui sur leurs réseaux sociaux ont des positions très claires où ils soutiennent les États-Unis, où ils soutiennent Israël, soutiennent l'extrême droite en France et ils ont le droit de travailler », déclare-t-il.

En revanche, selon lui, « si vous êtes afro en France, si vous êtes noir en France et que vous soutenez celles et ceux que l'on opprime, votre carrière peut s'arrêter immédiatement ». Il lance un défi aux téléspectateurs : « Trouvez-moi en France une personne noire appartenant à un média et qui parle comme elle le souhaite. Il y en a pas. Je suis le seul et aujourd'hui on me le fait payer. »

Cette analyse s'inscrit, selon ses mots, dans une logique plus large : « En France, lorsque vous êtes noir, soit vous restez à votre place, soit vous devrez subir les foudres du pouvoir, pouvoir médiatique, pouvoir politique, pouvoir économique. » Il affirme avoir « toujours compris » cette réalité et avoir « fait en sorte de ne jamais être bloqué socialement » en anticipant ce type de sanctions.

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