Au Venezuela, l’administration américaine enlève le président, en Iran, elle exécute le guide suprême et sa famille, menace le Premier ministre espagnol et qualifie le Premier ministre britannique de No-Churchill. Il est vrai que le président Trump n’a pas toujours été aimable avec l’Afrique, mais Washington envoie une délégation au nouveau chef de l’État malgache arrivé au pouvoir après le renversement d’un régime dit démocratique, délègue un envoyé à Dakar pour examiner la question d’un accord avec le FMI, signe des financements à destination de la santé avec le président du Niger, etc. Les récents échanges US-Afrique, dans leur style et leur temporalité, dénotent un souhait de revenir (come-back) à des partenariats continus avec la sélection de pays de continent qui présentent des intérêts pour les États-Unis. Loin de la perception souvent négative du Mali, vu de Paris ou de Bruxelles, il semble bien que les diplomates et les militaires US souhaitent, pour des raisons ci-dessous expliquées, renouer, consolider et renouveler leurs relations avec le pouvoir de Bamako. L’approche nuancée et patiente de l’administration Trump avec le Mali révèle bien sûr la permanence des liens entre les deux nations. C’est aussi l’indice que le « souverainisme » et la solidarité entre eux des pays membres de l’AES et sa rupture avec le sous-impérialisme français leur confèrent une marge de manœuvre avec la puissance globale US qui, elle-même, malgré sa panoplie guerrière ne veut plus perdre de soldats au Sahel.
Reconnaissance de la gouvernance prétorienne
L’administration américaine ne fait pas du Mali un simple partenaire bilatéral. Elle cherche à l’impliquer dans sa politique multidimensionnelle qui se déroule sur la scène planétaire. Elle se dissocie donc complètement du rétrécissement d’optique macronien. Cependant, elle s’inscrit aussi dans la longue durée et n’ignore par les spécificités maliennes et l’arrivée de nouvelles générations au pouvoir qui se distinguent des élites qu’elle connaissait. Ceux qui ont dit non à Paris[1] peuvent être qualifiés de prétoriens. Les mutins, les putschistes, la junte, tous les qualificatifs usés pour définir l’équipe d’officiers supérieurs qui met fin à un régime civil corrompu[2] aidé par la France omettent de parler de leur arrière-plan, en particulier militaire. Assimi Goïta a travaillé pendant des années avec les forces spéciales US[3] et jamais avec leur faible équivalent français. Il a participé à plusieurs pays aux manœuvres conjointes qu’organise Africom et dénommées Flintlock. Assimi Goïta parle le même langage du président Trump lorsqu’il prend le pouvoir : “By making this intervention, we have put Mali first”.
Les États-Unis désavouent d’abord le coup d’État dirigé par Goïta. Celui-ci a mis fin à la coopération militaire et politique avec Paris soupçonné de favoriser la dissidence Touareg. Par contre, Washington se refusera ensuite à cautionner la croisade du président Macron[4] contre le nouveau pouvoir nigérien installé en 2023. Le président français ne peut accepter de considérer que l’impérialisme occidental est en crise tout comme le système oligarchique africain qui se met en place à l’Indépendance. Après le renversement du président Bazoum au Niger[5], le Département d’État US et l’Africom sont bien décidés à renouer les relations avec l’AES dans le domaine de la sécurité. C’est aussi l’abandon du coté US de la théorie selon laquelle le postulat militaire de l’anti-terrorisme était une erreur. La nouvelle administration américaine renonce totalement à la notion d’État fragile pour parler du Mali et entrevoit la nouvelle gouvernance prétorienne comme un schéma de partenariat.
Actualiser les menaces
En dépit de l’ostracisme[6] dans lequel le président Macron et une sphère revanchiste ont essayé de plonger le Mali et l’Alliance des États du Sahel (AES), les États-Unis n’ont jamais renoncé à garder leur place dans cette partie de l’Afrique. Après la crise de la sécheresse des années 1970 et le recours à l’aide alimentaire venant des pays étrangers, les États-Unis vont véritablement faire leur entrée sur la scène malienne, avec le concours d’aides alimentaires par le biais de la United States Agency for International Development (USAID), mais aussi par l’envoi des premiers volontaires du Corps de la Paix[7]. Les années 1980, quant à elles, sont celles de la mise en place des Plans d’Ajustements Structurels, dans un Mali gouverné par le régime militaire de Moussa Traoré (1968- 1991) pour lequel la CIA et l’USAID montreront beaucoup de bienveillance.
Dès 2002, les États-Unis se préoccupent de mettre en place un dispositif anti-terroriste au Sahel, et en particulier au Mali. En effet, le Mali participe vite au « Trans-Sahara Counterterrorism Partnership »[8] et bénéficie du programme IMET. Washington était l’un des plus importants donateurs d’aide bilatérale au Mali, notamment militaire, assistance qui avait été interrompue temporairement après le coup d’État de mai 2012 en vertu d’une loi du Congrès (247 millions de dollars d’assistance bilatérale américaine au Mali suspendus, 119 millions d’aide humanitaire versés). Après la phase 2020 des coups d’État maliens, l’aide US humanitaire et au développement a subsisté alors que la France et ses proxy, CEDEAO et BCEAO multipliaient les sanctions qui sont aujourd’hui déclarées illégales. Les États-Unis suivent avec acuité et agilité l’évolution de la guerre insurrectionnelle au Mali et de la criminalité de la drogue dans toute la région. Début juillet 2025, Rudolph Atallah, directeur adjoint pour la lutte contre le terrorisme au Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, est venu promouvoir une coopération militaire mais aussi économique à Bamako. « Nous avons des équipements adéquats, des connaissances et des forces pour faire face à la menace terroriste. Si le Mali décide de travailler avec nous, on saura comment faire », a promis l’émissaire du président américain, Donald Trump, au ministre malien des affaires étrangères, Abdoulaye Diop[9]. Quelques jours plus tard, le 22 juillet, au terme d’une tournée dans les trois pays qui ont formé l’Alliance des États du Sahel (AES) et se sont rapprochés de la Russie au détriment de leurs partenaires occidentaux, William B. Stevens, sous-secrétaire d’État adjoint pour l’Afrique de l’Ouest, déclarait pour sa part que « ce serait une aubaine pour les Etats-Unis de travailler avec le Mali », envisageant notamment, comme piste dans la lutte contre les groupes djihadistes, d’« empêcher les terroristes d’avoir accès à des sources financières et d’armement ».
Alors que Paris n’a pas condamné, en 2025, l’immixtion ukrainienne auprès du Front de Libération de l’Azawad (FLA), les militaires US se sont alarmés de la destruction de la base de drones de l’État malien (septembre 2025) qui avait coûté plusieurs centaines de millions USD. Ils ont attribué la réussite de l’opération à l’usage de drones[10] ukrainiens par le FLA et à l’absence chez les Maliens de contre-mesures et de systèmes anti-drones. Leur irritation contre les drones ukrainiens est double car ils sont aussi utilisés par les cartels mexicains[11]. Le Mali et la région du Sahel restent le corridor[12] préféré du passage de la cocaïne[13] vers le Moyen-Orient et l’Europe. La DEA (Drug Enforcement Administration) américaine ne se soucie pas des consommateurs hors des États-Unis mais sait que tant que les cartels auront de l’argent venant du reste du monde[14], ils seront en mesure de résister aux coups que leur porte l’administration Trump. Ni AFRICOM, ni la DEA n’occultent, à la différence de toute une école qui ose parler de gouvernance du JNIM, qu’Al Quaïda et les cartels[15] de la drogue[16] collaborent depuis plus d’une décennie. Pour passer aux actes, il fallait lever les sanctions contre les nouveaux patrons du Mali. Ce qui fut fait au début de l’année 2026.
Pas d’interférences ?
Pour la bonne règle, le Mali a donc été présenté comme demandeur d’un entretien avec le président américain. Au moment d’ailleurs où le JNIM ralentissait l’approvisionnement de Bamako en carburant. Dans le même temps, la cinquième colonne française continuait de faire croire à une intervention militaire de l’OTAN au Mali et contre Assimi Goïta. Quelle que soit la logique du rapprochement très visible entre Bamako et Washington, il est au moins clair que désormais les militaires US jouent leurs cartes sans montrer leur jeu aux Français ou à qui que ce soit de l’OTAN.
Le projet d’un flanc Sud de l’OTAN en Europe, appuyé sur la base de Rota en Espagne et le Maroc, est complètement remisé après le refus du Premier ministre Sanchez d’accorder le droit d’escale aux bombardiers US en direction du Golfe. Par contre, les autorités maliennes se sont pour l’heure abstenues de critiquer l’intervention américano-israélienne contre l’Iran le 28 février 2026. Téhéran fait pourtant figure de partenaire de l’Alliance des États du Sahel (AES), dont le Mali est membre aux côtés du Niger et du Burkina Faso. Si cette bienveillance malienne était souhaitée, Washington a assez bien ajusté sa position et a réagi vite en suspendant les sanctions vis-à-vis de ce que l’on nomme à Paris la junte.
La fin des sanctions pourrait ouvrir la voie à d’éventuelles discussions avec les sociétés de sécurité privées US qui pourraient opérer au Mali en particulier pour protéger les mines et les transports de minéraux. Le retrait des dirigeants maliens de la liste des individus et entités ciblés par le Trésor US a aussi permis des rencontres à haut niveau entre les deux parties dans un climat où Bamako a pu prétendre à un traitement respectueux. L’objectif US n’est pas de remettre en cause le régime actuel mais de s’appuyer sur lui pour plusieurs enjeux.
Combattre les proxy
La géopolitique US en Afrique se concentre à présent sur la façade atlantique et non plus sur le bassin méditerranéen. Enclavé certes, le Mali n’en est pas moins, en raison de sa superficie, une pierre d’angle qui part de la Guinée à l’Algérie, alignant ainsi une immense frontière avec la Mauritanie. Bon nombre d’approvisionnements du Mali (farine et en carburant en particulier) sont importés via les ports mauritaniens et de plus grâce aux devises internationales détenues par les opérateurs mauritaniens.
Le président américain, dévolu à la résolution des conflits mondiaux, veut en finir avec le foyer politico-militaire des autonomistes[17] du Sahara Occidental. De plus, de nombreux anciens combattants du Front Polisario ont été ou/et sont à la tête des groupes armés qui affrontent les États du Sahel, dont le Mali. Nul n’est sûr qu’ils soient complètement détachés du Front Polisario. Le Front Polisario a reçu une formation guerrière du Hezbollah[18], considéré en ce moment comme la cible majeure des Israéliens et des Américains. Le GAFI vient de produire un rapport, peut-être tendancieux[19], comme ceux de l’International Crisis Group, selon lequel les réseaux libanais dans toute l’Afrique de l’Ouest ferait passer de l’argent[20] au Hezbollah via le Front Polisario. Le délitement du Front Polisario s’est accompagné du développement du terrorisme au Sahel au point que les services US posent depuis longtemps une relation entre l’effondrement du mouvement indépendantiste sahraoui et le regain de l’activité de l’AQMI, mais aussi de l’État Islamique au Sahel dirigé par un Sahraoui avant son exécution par la France en 2021. Washington, en 2026, souhaite renforcer sa collaboration avec Bamako dans l’espoir de combattre l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS), dont l’extension dans le nord-ouest du Nigeria et au Bénin inquiète particulièrement le Congrès attaché à la protection des Chrétiens. On rappellera d’ailleurs que la longue présence de volontaires et de missionnaires US dans la région de Sikasso a engendré des églises évangéliques auxquelles adhèrent de plus en plus de Maliens.
On rappelle le cas d’Adnan Abou Walid al-Sahrawi, membre du Front Polisario devenu fondateur du Mouvement pour l’Unification et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), puis du premier noyau de « l’État islamique au Grand Sahara ». Le politologue rwandais, Ismaël Buchanan, a affirmé pour sa part que l’entité séparatiste du Front Polisario entretient des « liens notoires » avec les organisations terroristes sévissant dans la bande sahélo-saharienne. « Il ne peut y avoir de paix ni de sécurité en Afrique tant que le « Polisario » n’est pas classé organisation terroriste », a lancé cet expert international, selon lequel ce groupe armé représente une « grave menace » à la paix et à la sécurité en Afrique et au-delà. Pour sa part, le président de l’Association d’amitié maroco-palestinienne, Mohamed Ziad Al Jaabari, a évoqué la « complicité » entre les mouvements séparatistes, les groupes terroristes et les réseaux du crime organisé dans la région du Sahel, notant que les groupuscules terroristes bénéficient des ressources, notamment en fonds et en armes, fournies par les réseaux de la criminalité organisée. Les Marocains sont certes ravis de dénoncer le camp de Tindouf comme lieu de trafics. Cependant ils dénoncent aussi en filigrane la liaison du Hamas avec les Frères musulmans et leur coopération avec l’État islamique.
De plus, poussés par Trump, plusieurs congressistes US demandent que le Front Polisario soit classé terroriste. Un de leurs arguments serait que les mouvements de fonds entre le Front Polisario et le Hezbollah rattaché à l’Iran ont pris une importance significative lors de la dernière décennie. D’après les experts du GAFI, organisme intergouvernemental international de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, la liaison financière entre le Front Polisario et le Hezbollah a pris une dimension plus internationale et s’étend désormais de l’Iran à l’Afrique. La guerre contre l’Iran et la volonté de stabiliser la façade atlantique de l’Afrique incitent donc le gouvernement américain et AFRICOM à se rapprocher du Mali pour briser une connexion Iran-Hezbollah-État Islamique-Front Polisario. Le sort de Kevin Rideout, un ressortissant américain enlevé à Niamey dans la nuit du 21 au 22 octobre 2025, qui pourrait se trouver au Mali, préoccupe le Département d’État qui espère que Bamako pourra mobiliser les bonnes volontés pour sa libération.
Sous-sol et corridors
Washington considère que chaque pays africain disposant de ressources minières critiques ne peut être négligé. Le Mali est le premier producteur d’or d’Afrique de l’Ouest et également dispose du second gisement de lithium[21] du continent. Les Américains attendent donc de pouvoir obtenir des visas, en particulier pour les agents des sociétés militaires privées et les employés de la société Flagship Gold, qui a conclu, en octobre 2025, un accord avec l’État malien afin de relancer la production de la mine d’or de Morila, dans le sud du pays. C’est le patron par intérim du bureau des affaires africaines du département d’État, Nick Checker, qui, au début du mois de février, a accepté en échange de bons procédés maliens de présenter la levée des sanctions contre les généraux maliens à son retour à Washington. Avec succès !
La décision de Washington d’accéder à cette requête quelques semaines plus tard a été particulièrement bien accueillie par le gouvernement d’Assimi Goïta, qui la réclamait de longue date comme gage de bonne volonté de la part des États-Unis. Le rôle actif du Mali pour le verrouillage de sa longue frontière avec la Mauritanie est souhaité par la partie US. Elle offre d’ailleurs de nombreux rapports satellitaires aux services de renseignement[22] du Mali afin de mener des frappes par drones sur les mouvements des groupes proches de l’État islamique. Le deuxième intérêt majeur de Washington serait de disposer d’un corridor minéral qui partirait du Mali pour aboutir à Conakry afin de sécuriser l’approvisionnement US en lithium, en or, en cuivre et en fer provenant de cette partie de l’Afrique de l’Ouest.
Le Mali s’accorde dès maintenant avec la Guinée pour développer une voie alternative au transit de ses marchandises À l’issue du Conseil des ministres du mercredi 28 janvier, le Mali a annoncé une série de mesures visant à sécuriser un nouvel axe de transit de ses marchandises par la Guinée. L’objectif : réduire la dépendance aux corridors traditionnels que sont Dakar et Abidjan. Des accords de coopération de transports et de transits routiers et maritimes ont été signés entre le Mali et la Guinée. Bamako obtient, dans ce cadre, des espaces portuaires ainsi que des facilités de traitement de ses marchandises au port de Conakry. Le Mali cède, lui, gracieusement 10 hectares à Conakry, à proximité de la route Kouremalé-Bamako, pour y construire des infrastructures logistiques et des espaces d’entreposage. Ces dernières années, les exportations maliennes via la Guinée ont fortement augmenté, passant de 299 tonnes en 2022 à 7 624 tonnes en 2023. Les dernières statistiques disponibles, du 1er semestre 2024, confirmaient cette tendance à la hausse. Le gouvernement américain souhaite le raffermissement de ce couloir de transport pour y faire passer à la sortie les convois miniers mais aussi livrer en échange de plus en plus de biens, y compris des produits agroalimentaires au Mali.
La diplomatie américaine qui ne s’embarrasse pas de précautions a cependant été rassurée par le fait que l’UEMOA reconnaisse que les sanctions contre le Mali en 2020 et 2021 étaient illégales. Mieux, le président Goïta sort vainqueur de son bras de fer avec le canadien Barrick Gold. Cela a permis à l’État du Mali de récupérer les arriérés douaniers et fiscaux (pour plusieurs centaines de millions USD) et la réouverture de Loulo-Gounkoto, une des plus grandes mines d’or du monde. Avec une once d’or à 5400 USD, les Américains commencent à considérer le marché malien comme solvable et espèrent détourner les transactions et les exportations maliennes qui vont aujourd’hui à Dubaï. La guerre 2026 déclarée au Golfe persique menace tous les flux de transfert de l’or du Sahel vers les Émirats Arabes Unis où il était commercialisé. New-York City a longtemps été une capitale des transactions de l’or et du diamant avant d’être remplacée par la Suisse, puis Dubaï. Un retour à bonne fortune serait apprécié.
Puzzle interne et externe
Sur le plan politique Washington pense encore (tout bas) à la coalition des forces pour la République sous l’égide de Mahmoud Dicko. Dans l’équation US, l’État islamique est le premier ennemi à abattre. L’association au dialogue du Jama’at Nusrat al Islam wal Muslimeen (JNIM) ne leur répugnerait pas mais comme force auxiliaire pour briser l’État islamique. Ainsi qu’on le constate dans d’autres parties du monde, la politique internationale des États-Unis privilégie les hommes forts et le pouvoir plutôt que les mouvements de la société civile. Du coté de Bamako, devant un éventuel rapprochement entre Paris et Alger[23], suite à la visite du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez , on n’est pas mécontent de se trouver aux côtés des États-Unis de Trump, irrités des achats algériens d’armes anti-aériennes à la Russie. Les États-Unis ont compris que le Sahel, comme la Corne de l’Afrique, risquait de sombrer dans une constellation de crises interagissant les unes entre les autres. Depuis Biden, la politique africaine US considère la façade atlantique de l’Afrique comme de sa responsabilité. Il n’y a plus, côté américain, la moindre confiance sur les capacités de Paris et les Touaregs ne sont pas une priorité de Washington. Alors que les milieux diplomatiques et africanistes parisiens décrient le ministre malien des affaires étrangères, monsieur Diop, il semble que son langage soit compris par ses homologues US. Le président américain a laissé entendre que l’importante diaspora malienne dans son pays ne serait pas en première ligne de la traque contre les immigrés. Il a demandé en contrepartie la sécurité au Mali pour les citoyens US et une pleine coopération en échange des renseignements, des équipements et de formations fournis par Africom.
L’USAID « nouvelle manière » va reprendre le financement de certains programmes au Mali (en particulier dans le domaine de la santé), un si vieux partenaire et Washington manœuvre la Banque Africaine de Développement (BAD) et lui impose de consentir crédits et dons aux pays du Sahel. L’administrateur français à la BAD n’y peut rien et Washington assure que toute résistance de la BAD entrainerait l’arrêt de ses cotisations. Pour le lithium il faudra être patient du côté américain car les gisements de Goulamina et de Bougouni demeurent sous le contrôle des Chinois. La mansuétude US pour le pouvoir de Bamako vise aussi la réduction de la présence de Pékin.
[1] https://www.theafricareport.com/172328/mali-who-really-is-assimi-goita-the-man-who-said-no-to-france/
[2]The coup came after months of protests in the capital, Bamako, which brought tens of thousands of Malians into the streets to demand the resignation of Ibrahim Boubacar Keïta. Video showed people cheering as mutinous soldiers stormed Bamako on Tuesday and took Keïta, along with several of his top officers, into their custody. https://www.independent.co.uk/news/world/africa/mali-coup-leader-us-military-colonel-assimi-goita-a9682426.html
[3] Colonel Assimi Goïta, who emerged on Thursday as the head of the junta in power, worked for years with US Special Operations forces focused on fighting extremism in West Africa. He spoke regularly with US troops and attended US-led training exercises, said the officers, who spoke on the condition of anonymity because they were not authorized to discuss the matter publicly. Mr. Goïta, who also received training from Germany and France, headed Mali’s special forces unit in the country’s restive central region, where fighters linked to al-Qaida and the Islamic State have established a stronghold that has alarmed global leaders. Ibid.
[4] Lyn Ossome. “Imperialism and crises of social reproduction in Africa.” Review of African Political Economy. 2024. Vol. 51(181):515-530. DOI: 10.62191/ROAPE-2024-0034
[5] By contrast, when Mohamed Bazoum was overthrown, Macron tried hard to reinstall him. He sought the support of ECOWAS, under the presidency of Nigerian Bola Tinubu, a leader lacking internal legitimacy. ECOWAS put in place a range of tough economic and financial sanctions against landlocked Niger and its new rulers. At the same time, it gave the military leaders an ultimatum to free Bazoum and reinstate him, under threat of foreign military intervention. The presidents of Senegal, Côte d’Ivoire and Benin announced their readiness to send troops to Niger. In response, the military regimes in Mali, Burkina Faso and Guinea expressed their solidarity with Niger, declaring that any military intervention against the latter would result in their collective retaliation. This raised the stakes and the intervention did not take place. The African peoples were overwhelmingly opposed, as was an anxious Algeria. The Nigerian Senate also objected to President Tinubu’s war intentions. The USA did not follow France’s warmongering logic either, calculating that it could secure its military presence and investments in Niger through diplomatic means (Broder and Sylla 2024). In : Lyn Ossome. “Imperialism and crises of social reproduction
[6] Ibid.
[7] Le Peace Corps est une agence indépendante du gouvernement des États-Unis créé en 1961 par le président Kennedy. Ce corps a pour mission de favoriser la paix et l’amitié entre les peuples, notamment via l’aide, aux habitants des pays les plus pauvres, à satisfaire leurs besoins élémentaires. Le 15 avril 1971, les gouvernements maliens et américains signent un accord autorisant le Corps de la Paix à opérer au Mali, ce qui a permis, cette même année, d’y envoyer 25 volontaires américains. Les volontaires du Corps de la Paix au Mali travaillent en majorité sur des projets appuyés par l’USAID. (Source : B.M. Sissoko, 2011, Corps de la Paix au mali, l’esprit d’un partenariat vrai, journal L’Essor, édition du 2 mars).
[8] On November 7, 2002, the State Department’s Office of Counterterrorism started the Pan Sahel Initiative to “protect borders, track movement of people, combat terrorism, and enhance regional cooperation and stability.” The Initiative encompassed Mauritania, Mali, Niger, and Chad. In response to the kidnapping of European tourists in Algeria and a coup attempt in Mauritania in 2003, PSI expanded in 2005. Renamed the Trans-Sahara Counterterrorism Partnership (TSCTP), the Partnership incorporated the entirety of the Sahara and Sahel–Algeria, Burkina Faso, Cameroon, Chad, Libya, Mali, Mauritania, Morocco, Niger, Nigeria, Senegal, and Tunisia. Since then, TSCTP has been the cornerstone of U.S. Sahel policy, and the U.S. government has spent over $1 billion on the program since its inception. The Partnership seeks to coordinate a whole-of-government approach to the Sahara and Sahel and cooperates extensively with local governments. In practice, the TSCTP focuses on equipping and training local militaries to advance counterterrorism programs. The American focus on counterterrorism also extends to other regions of Africa. In 2007, the Department of Defense established AFRICOM, a combatant command based in Germany that oversees military operations in all of Africa except Egypt. Counterterrorism was a primary justification for establishing AFRICOM.
[9] https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/08/01/les-etats-unis-se-reengagent-aupres-des-juntes-du-sahel_6625970_3212.html
[10] Africa Center for Strategic Studies. (2025). Drone Proliferation in Africa Is Destabilizing. https://africacenter.org/spotlight/drone-proliferation-africa-destabilizing/
[11] Intelligence Online. (2025, July 29). Mexico/Ukraine: Ukraine counterintelligence investigates presence of sicarios on front line. https://www.intelligenceonline.com/government-intelligence/2025/07/29/mexico-ukraineukraine-counterintelligence-investigates-presence-of-sicarios-on-front-line,202413134-art
[12] Pulitzer Center. (2023). The Bissau Corridor. https://pulitzercenter.org/stories/bissau-corridor
[13] SeneNews. (2025, August 29). Cocaine, Cash, and Cartels: The Ins and Outs of a Trafficking Operation that Puts Dakar on the Radar. https://www.senenews.com/en/senegal/cocaine-cash-and-cartels-the-ins-and-outs-ofa-trafficking-operation-that-puts-dakar-on-the-radar-9075.html
[14] El Universal. (2017, July 1). Mexican Cartels Expand to New Markets. https://www.eluniversal.com.mx/articulo/english/2017/07/1/mexican-cartels-expand-new-markets/
[15] Brookings Institution. (2023). The Foreign Policies of the Sinaloa Cartel and CJNG – Part III: Africa. https://www.brookings.edu/articles/the-foreign-policies-of-the-sinaloa-cartel-and-cjng-part-iii-africa/
[16] The groundwork for this convergence was laid over a decade ago, when al-Qaeda-affiliated
groups collaborated with Mexican cartels to facilitate drug trafficking and share operational
expertise in West Africa. As early as 2017, reports documented Mexican cartels, including the Sinaloa Cartel, expanding into African markets by leveraging AQ-linked networks to move cocaine through ports in Ghana, Ivory Coast, Cape Verde, Guinea, Guinea-Bissau, Senegal, Benin, Togo, Nigeria, and Dakar. Large-scale shipments—such as those detailed in recent investigations tracing cocaine flows through these ports and onward to Mali, Niger, and Burkina Faso —are highly unlikely to occur without at least tacit coordination or acquiescence from JNIM or its local affiliates, in addition to corrupt officials.
[17] https://jamestown.org/western-saharas-polisario-movement-manufacturing-a-threat-to-global-security/
[18] Iran’s involvement on the African continent extends beyond Nigeria. There are several reports of Hezbollah and the IRGC smuggling weapons and drugs across the African continent into nearby regions, like Europe.75 The IRGC’s alleged funding, training, and weapons support for the Polisario Front76 in Morocco through the Iranian embassy in Algeria resulted in Rabat severing ties with Tehran.77 u Many instances of Iranian support in Africa are clandestine. Last year, the Quods Force supported the establishment of Saraya Zahara in the Central African Republic to attack U.S. interests in Chad, Sudan, and Eritrea.78 Conversely, toward more legitimate activities, Iran also has cultural centers in some African countries, such as Sierra Leone and Tanzania.79
[19] Evidence that Iran is supplying military equipment to the Polisario’s camps (which can only be done through Algeria) is dubious at best. Algeria, which suspected Iran of meddling in its civil war on behalf of the Islamist opposition, pursues a resolutely independent course in international affairs. It is difficult to believe Tehran would now be allowed direct access to the Sahrawi camps to arm and recruit local fighters to pursue the interests of Shiite Iran at Algeria’s expense. Voir : https://jamestown.org/western-saharas-polisario-movement-manufacturing-a-threat-to-global-security/
[20] At the same time, Africa has provided opportunities for Iran to bolster the capabilities of its own proxies. Hezbollah, for instance, has exploited West Africa’s large Lebanese diaspora for illicit finance and smuggling, and the continent has become a major hub for the group’s fundraising and black-market activities. The Shi’a militia is known to be deeply enmeshed in the continental drug trade, and approximately 30 percent of the profits from cocaine transiting the continent and destined for Western nations can be tied back to Hezbollah. Ibid
[21] Mali is projected to become Africa’s second-largest lithium producer in 2026 with reserves estimated at 890 000 tons.
[22] Over the months ahead, increased US intelligence support and drones, mostly bought from Turkey, may help the juntas and their Russian allies better target jihadist commanders and groups of fighters. But without a political track, it won’t be enough to resolve the security crisis.
[23] Rather than pursuing direct military deployments, France now appears to be shifting toward indirect security engagement through regional allies. Nuñez said both countries had agreed to restore cooperation “as quickly as possible” and at “a very high level,” covering intelligence, counterterrorism, and migration enforcement.