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Comment Infantino et le Maroc dictent leur loi à la CAF
Unis par des intérêts communs et des renvois d'ascenseur permanents, le patron de la FIFA et celui du foot marocain ont forgé un axe inébranlable. Une toute-puissance politique qui éclaire crûment la décision expéditive d'arracher la CAN au Sénégal
 
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1003405
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(SenePlus) - Le retrait du titre de champion d'Afrique au Sénégal au profit du Maroc dépasse le simple cadre sportif : il révèle l'emprise politique totale de la FIFA sur le continent. C'est l'analyse implacable dressée par le journaliste Étienne Moatti dans les colonnes du quotidien sportif français L'Équipe dans son numéro de ce jeudi 19 mars 2026. Selon lui, l'incroyable décision de la Confédération Africaine de Football (CAF) d'offrir la CAN 2025 sur tapis vert au Royaume chérifien est le fruit d'un système savamment orchestré, où le président de la FIFA Gianni Infantino s'appuie sur le très influent patron du football marocain, Fouzi Lekjaa.

Comme le souligne le journal, le retournement de situation de la finale du 18 janvier agit « comme une déflagration ». Il met en lumière non seulement la puissance du Maroc, pays hôte de la compétition, mais aussi et surtout l'influence décisive de Gianni Infantino en Afrique. À la manière de son prédécesseur Sepp Blatter, le dirigeant italo-suisse a su, dès son élection en 2016, choyer le continent africain pour s'y forger de solides alliés et isoler la puissante Europe.

La stratégie d'Infantino repose avant tout sur une manne financière considérable. L'Équipe rappelle que le programme Forward de la FIFA promet d'offrir aux fédérations africaines « jusqu'à 8 millions de dollars (environ 7 millions d'euros) par association » entre 2023 et 2026, soit une augmentation vertigineuse de 30% des montants versés précédemment.

Mais l'argent ne fait pas tout, il faut des hommes de confiance. Et c'est exactement ce qu'a réussi à imposer le patron de la FIFA à la tête de la CAF. En 2021, l'élection à la présidence du milliardaire sud-africain Patrice Motsepe (reconduit en 2025) a été largement soutenue par Infantino. Plus encore, le secrétaire général de l'instance continentale, le Suisso-Congolais Véron Mosengo-Omba, n'est autre qu'un très proche du patron de la FIFA, avec qui il travaillait déjà à l'UEFA. Pour Étienne Moatti, cette configuration fait de la CAF « une parfaite courroie de transmission pour le boss de l'instance mondiale. »

L'axe Infantino-Lekjaa, clé de voûte du système

Sur ce continent où il jouit d'une excellente image, Gianni Infantino entretient des liens particulièrement étroits avec Fouzi Lekjaa. Le président de la Fédération Royale Marocaine de Football, également premier vice-président de la CAF et membre du Conseil de la FIFA, est décrit comme un « fidèle » du patron du foot mondial.

Ce tandem s'est avéré particulièrement redoutable sur plusieurs dossiers. L'Équipe révèle qu'Infantino s'était arrangé pour faciliter le rattachement du Maroc (candidat malheureux à cinq reprises) au ticket de l'Espagne et du Portugal pour l'organisation de la Coupe du Monde 2030. En échange de ce coup de pouce décisif, Fouzi Lekjaa était monté au créneau pour défendre avec vigueur l'un des projets les plus controversés d'Infantino : la Coupe du monde tous les deux ans. Un projet finalement avorté face au rejet catégorique de l'UEFA.

Si l'Italo-suisse a perdu cette bataille mondiale, L'Équipe rappelle qu'il sait pouvoir compter sur ses soutiens africains : « Il ne va pas les oublier. » Une loyauté qui éclaire d'un jour nouveau l'incompréhensible destitution du Sénégal, et qui confirme que le football africain, comme l'écrit le quotidien, « n'a jamais été aussi politisé. »

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