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Plus de 18 000 milliards de FCFA de recettes et 7 840 milliards d’investissements prévus
Présentant le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuel (DPBEP), Cheikh Diba, a détaillé une stratégie axée sur la consolidation des finances publiques, la réduction du déficit budgétaire, la mobilisation des ressources internes...
 
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Le gouvernement prévoit de mobiliser 18 286 milliards de FCFA de recettes et de consacrer 7 840,2 milliards de FCFA aux investissements sur la période 2027‐2029. Présentant, ce mardi 30 juin 2026, devant l’Assemblée nationale le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuel (DPBEP), le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a détaillé une stratégie axée sur la consolidation des finances publiques, la réduction progressive du déficit budgétaire, la mobilisation accrue des ressources internes et le financement de projets à fort impact économique et social.

Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a d’abord rappelé que le DPBEP constitue le cadre de référence de la future loi de finances 2027. Inscrit dans la mise en œuvre de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, de la Stratégie nationale de développement (SND 2025‐2029) et du Plan de redressement économique et social (PRES), ce document fixe les grands équilibres budgétaires et financiers de l’État.

« Le Sénégal a démontré une réelle capacité d’absorption du choc », a déclaré Cheikh Diba en évoquant le contexte international marqué par les conflits au Moyen‐Orient, la flambée des prix du pétrole et du gaz, le retour des tensions inflationnistes ainsi que le renchérissement du coût des financements sur les marchés internationaux

Selon lui, ces turbulences ont conduit à une révision des perspectives économiques mondiales, avec une croissance désormais attendue à 3,1 % en 2026. Pour le Sénégal, la croissance devrait s’établir à 3,2 %, soit un recul de 1,8 point par rapport aux prévisions de la loi de finances initiale. Malgré cet environnement difficile, le ministre a mis en avant les performances enregistrées par les finances publiques. « Le déficit de 2025 a été contenu à 6,4 % du PIB contre un objectif de 7,8 % fixé dans la loi de finances rectificative, grâce aux mesures de redressement engagées par le gouvernement », a‐t‐il souligné.

Retour progressif aux normes de l’UEMOA

Cheikh Diba a annoncé que le gouverne‐ ment poursuivra sa politique de consolidation budgétaire afin de ramener progressivement le déficit public aux critères communautaires. Ainsi, le déficit devrait être réduit à 4,9 % du PIB en 2027, 3,8 % en 2028 puis 3 % en 2029, conformément aux exigences de l’UEMOA. Le ministre a insisté sur le fait que cette stratégie ne relève pas d’une politique d’austérité. « Le déficit résiduel sera exclusivement consacré au financement des investissements, tandis que les dépenses courantes seront intégrale‐ ment couvertes par les recettes de fonctionnement. »

À ses yeux, cette orientation permettra de restaurer durablement la crédibilité financière du Sénégal auprès des marchés et des partenaires techniques et financiers. « Ce principe de rigueur budgétaire, indispensable pour regagner la confiance des marchés et des partenaires techniques et financiers, sera maintenu. »

Une réforme fiscale pour accroître les ressources

Afin de soutenir cette trajectoire, le gouvernement entend renforcer la mobilisation des recettes internes. Cheikh Diba a annoncé la poursuite de la réforme du Code général des impôts et du Code des douanes, la modernisation de l’administration fiscale, la digitalisation des procédures, la recherche de nouvelles niches fiscales et non fiscales, le renforcement de la fiscalité applicable à l’économie numérique, l’amélioration de la taxation des activités extractives, notamment minières et pétrolières, ainsi que la réduction des dépenses fiscales jugées peu efficaces. L’objectif est de porter progressivement la pression fiscale au seuil communautaire de 20 % du PIB. Sur la période 2027‐2029, les recettes du budget général sont projetées à 18 286 milliards de FCFA, dont 17 654,8 milliards provenant des ressources internes. Les ressources extérieures devraient atteindre 631,2 milliards de FCFA, tandis que les recettes is‐ sues des hydrocarbures sont désormais estimées à 703,2 milliards de FCFA, des prévisions revues à la baisse en raison de la volatilité des marchés internationaux. Selon le ministre, ces ressources financeront les secteurs sociaux, le développement du secteur privé, les PME, la campagne agricole ainsi que les programmes de réduction de la pauvreté.

Moins de dépenses de fonctionnement, davantage d’investissements

Le gouvernement prévoit également une rationalisation des dépenses publiques. Les dépenses courantes devraient passer de 4 485,7 milliards de FCFA en 2027 à 4 326,3 mil‐ liards de FCFA en 2029, soit une baisse de 159,4 milliards de FCFA. Cette évolution résulterait notamment de la rationalisation des subventions, de la réduction des transferts aux organismes publics, de la maîtrise de la masse salariale ainsi que de la baisse des charges liées à la dette publique. Les intérêts de la dette devraient ainsi diminuer de 242,5 milliards de FCFA entre 2027 et 2029

Les dépenses d’acquisition de biens et services devraient également reculer sous l’effet des mesures de rationalisation engagées au sein de l’administration. En revanche, la masse salariale continuerait de progresser afin d’accompagner les recrutements et l’intégration des enseignants contractuels dans la fonction publique, tout en restant sous le seuil de 35 % des recettes fiscales fixé par l’UEMOA

À l’inverse, les investissements connaîtront une forte progression.

Les dépenses d’investissement passeront de 2 402,8 milliards de FCFA en 2027 à 2 912,5 milliards de FCFA en 2029, soit une hausse de 509,7 milliards de FCFA.

Explications de Cheikh Diba : « La hausse des dépenses d’investissement est consécutive à une orientation des ressources vers les projets à fort impact économique et social et à la rationalisation des projets peu efficients. » Il a ensuite résumé cette nouvelle orientation budgétaire en une formule : « L’État investit donc davantage tout en dépensant moins en fonctionnement. » Au total, 7 840,2 milliards de FCFA seront consacrés aux investissements sur la période triennale

Le capital humain demeure prioritaire

Le Document de Programmation Budgétaire et Économique Pluriannuelle (DPBEP) accorde une place importante aux politiques sociales. L’axe consacré au capital humain et à l’équité sociale bénéficiera de 2 697 mil‐ liards de FCFA, devant celui consacré à l’économie compétitive (2 359,9 milliards de FCFA) et celui relatif à l’aménagement durable du territoire (1 536,7 milliards de FCFA)

Dans la répartition sectorielle des dé‐ penses, les affaires économiques concentreront 29 % des crédits budgétaires, devant l’enseignement (22,3 %), la protection sociale (8,6 %), la santé (8,5 %), l’environnement (près de 5 %), la défense (4,8 %) ainsi que l’ordre et la sécurité publics (3,9 %).

Selon Cheikh Diba, ces choix traduisent la volonté du gouvernement d›«accélérer la transformation productive de l’économie tout en renforçant le capital humain, la cohésion sociale et la résilience climatique ».

Une gestion prudente de la dette et un recours accru aux partenariats public‐privé (PPP)

Le ministre a également détaillé la stratégie de financement retenue par le gouverne‐ ment. Le besoin global de financement de l’économie est estimé à 19 689,4 milliards de FCFA sur la période 2027‐2029, soit une moyenne annuelle de 6 563,1 milliards de FCFA. Il a précisé que 77,26 % de ce besoin est imputable à l’amortissement de la dette, le reste étant consacré à la couverture du déficit budgétaire et des arriérés sur ressources intérieures.

« Le gouvernement entend poursuivre une gestion prudente de la dette publique, tout en diversifiant ses sources de financement, afin de soutenir les investissements nécessaires à la transformation économique du pays », a déclaré l’Argentier de l’État.

Pour répondre à ces besoins, le gouverne‐ ment entend privilégier les financements concessionnels, renforcer la coopération avec les partenaires traditionnels, diversifier ses sources de financement, notamment vers les pays arabes et asiatiques, tout en mettant en œuvre une gestion active de la dette reposant sur des emprunts à moyen et long terme

Cheikh Diba a également souligné le rôle croissant des partenariats public‐privé dans le financement des infrastructures. « Il s’agira pour le secteur privé de prendre progressive‐ ment le relais de l’État, qui s’est fortement en‐ gagé ces dernières années dans le financement des investissements. »

Il a rappelé que la création de l’Unité nationale d’appui aux partenariats public‐privé (UNAPPP) ainsi que les nouvelles réformes encadrant ces contrats doivent permettre de renforcer la participation du secteur privé dans la réalisation des grands projets structurants.

Ainsi, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan a présenté le DPBEP 2027‐ 2029 comme cadre budgétaire triennal d’un Sénégal devenu producteur d’hydrocarbures. Selon Cheikh Diba, l’enjeu est de faire des nouvelles ressources nationales « le socle d’une prospérité partagée et durable » plutôt qu’une simple rente. 

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