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Par Abdoul Aziz Diop
Empreintes Sène
Après avoir lu la chronique du Doyen Majib Sène sur Pape Djibril Fall, je me suis posé la seule question qui s’imposa à moi : Qu’attendent les milliers de lecteurs du Doyen pour rendre à Sène ce qui est à Majib ? 
 
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En remarquant la substitution du nom propre Sène à l’épithète « Saines » d’aucuns réclameront le pluriel de Sène pour n’avoir pas tenu compte - une fois n’est pas coutume - du fait que les noms propres ne s’accommodent ni d’un genre, ni d’un nombre. 

Sène est ici le nom de famille de celui dont le nom Majib a une ascendance arabe, la langue dont le savant soufi Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum dit qu’elle est la seule à comporter dix garde-fous là où le français et l’anglais n’en comportent qu’un ou deux chacun. Par garde-fou, il faut comprendre la spécificité de la langue sur laquelle le lecteur doit s’arrêter pour que l’auditeur sache vraiment ce qu’il dit.

Majib ? 

Prénom d’origine arabe, sa signification est « glorieux », « noble » ou « vénérable ».

Glorieux Sène écrivit les pages glorieuses du plus beau métier du monde, le sien, le journalisme. En quoi faisant ? En hissant comme personne auparavant le reportage et le commentaire sur les rencontres de football au rang indépassable des plus grands moments de radio.

Noble Sène imprima à la langue de Molière une personnalité autre que française en la parlant de sorte que le plus jeune auditeur de radio brûle les étapes de l’apprentissage d’une langue dont les pièges tendues aux locuteurs ne se déjouent qu’avec le préalable que constitua l’attention plusieurs fois accordée à Noble.

Vénérable Sène, enfin, avait su faire vénérer son plus grand ami, journaliste sportif comme lui, l’inimitable Pathé Dièye Fall, celui dont le parler fut un match dans le match. L’instituteur de tout un peuple.

Quel duo !

Mais dans ce duo, le relais assuré par Majib, rehaussait ce qui fut assez haut pour qu’on le soulève plus haut encore : la voix de Pathé Dièye Fall.

Tant d’empreintes Sène - saines bien sûr - qui font encore aujourd’hui que nous refusons de parler mal pour nous être très tôt imprégnés des mots qui rendent bons à jamais.

De sorte qu’après avoir lu la chronique du Doyen Majib Sène sur le jovial représentant Pape Djibril Fall à  la suite de plusieurs autres chroniques sur tant d’autres, je me suis posé la seule question qui s’imposa à moi : Qu’attendent les milliers de lecteurs du Doyen pour rendre à Sène ce qui est à Majib ? J’ai alors décidé de faire le pas pour ce que je dois au journaliste et à l’écrivain Majib Sène. Je me suis surtout dit qu’être digne de la dignité de Majib Sène, c’est empêcher autant que faire se peut qu’il fasse la prochaine fois un portrait autre que le sien après tant d’empreintes saines. J’ai alors fait à la place du meilleur d’entre nous ce qu’on lui aurait reproché de faire pour lui tout seul. Sans être à la hauteur, j’ai tout juste essayé. Je n’en attend qu’une chose : ne jamais rien écrire sur le mauvais payeur de la redevance longtemps occultée que voici.

Merci Doyen Majib.

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