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Entre Pékin, Paris et Washington, Macky Sall joue la carte diplomatique
Président du Sénégal de 2012 à 2024, ancien président de la Cedeao (2015- 2016) et de l’union africaine (2022-2023), Macky Sall met en avant son expérience des affaires internationales pour défendre sa candidature à la succession d’António Guterres
 
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L’ancien président de la République, Macky Sall, poursuit sa campagne diplomatique en vue de l’élection du prochain secrétaire général des Nations Unies. À travers une série de consultations menées auprès de plusieurs capitales et représentations diplomatiques, l’ancien chef de l’État s’emploie à élargir le cercle de ses soutiens en perspective de cette échéance internationale, où l’appui des grandes puissances sera déterminant

Président du Sénégal de 2012 à 2024, ancien président en exercice de la Cedeao (mai 2015- juin 2016) et de l’union africaine (février 2022- février 2023), Macky Sall met en avant son expérience des affaires internationales pour défendre sa candidature à la succession d’António Guterres, dont le second mandat arrive à expiration le 31 décembre 2026.

Conformément à la procédure des nations unies, le futur secrétaire général devra être recommandé par le conseil de sécurité, sans faire l’objet d’un veto de l’un de ses cinq membres permanents, avant d’être désigné par l’assemblée générale. Son mandat, d’une durée de cinq ans, débutera le 1er janvier 2027.

Quatre candidats sont officiellement en lice et ont présenté leur vision devant les 193 états membres de l’Onu. Il s’agit de Michelle Bachelet, ancienne présidente du chili et ex-haut commissaire des nations unies aux droits de l’homme. Elle plaide pour une réforme de l’organisation, une restauration de la confiance dans l’institution et estime qu’une femme à sa tête enverrait un signal fort. Initialement présentée conjointement par le Chili, le Brésil et le Mexique, Michelle Bachelet poursuit désormais sa campagne avec le seul soutien du brésil et du Mexique, après le retrait officiel de Santiago.

L’argentin Rafael Grossi, directeur général de l’agence internationale de l’énergie atomique (Aiea) depuis 2019, met en avant son expérience dans la gestion des crises internationales, notamment sur les dossiers nucléaires iranien et ukrainien. Il promet un secrétaire général davantage présent sur le terrain et impliqué dans la prévention des conflits.

La costaricienne Rebeca Grynspan, actuelle secrétaire générale de la Cnuced (Onu commerce et développement) et ancienne vice-présidente de son pays, défend une Onu plus réactive face aux crises. Forte de son expérience dans les négociations sur les exportations de céréales ukrainiennes, elle souhaite renforcer le rôle de l’organisation dans la prévention des conflits et la promotion de la paix.

Enfin, Macky Sall, plus jeune candidat de cette élection, bénéficie d’une candidature portée par le Burundi. Celle-ci ne bénéficie toutefois ni du soutien officiel du Sénégal ni d’un consensus au sein de l’union africaine. S’il était élu, Macky Sall deviendrait le troisième africain à diriger les nations unies, après Boutros Boutros-Ghali (1992-1996) et Kofi Annan (1997-2006)

Pour convaincre les états membres, l’ancien président sénégalais défend un projet placé sous le thème : « refonder le multilatéralisme pour un monde meilleur ». Son programme s’articule autour de trois priorités : renforcer le lien entre paix, sécurité et développement afin de s’attaquer aux causes profondes des conflits ; rénover le multilatéralisme en rétablissant la confiance entre le nord et le Sud ; moderniser enfin la gouvernance des nations unies pour la rendre plus inclusive, plus efficace et davantage adaptée aux défis contemporains

Une offensive diplomatique tous azimuts

Depuis plusieurs mois, Macky Sall multiplie les rencontres diplomatiques afin de rallier un maximum de soutiens. le 6 juillet 2026, il a rencontré Fu Cong, représentant permanent de la chine auprès des nations unies, quelques jours après une audience accordée par le ministre chinois des affaires étrangères, Wang yi, à pékin. À l’issue de cette rencontre, l’ancien président sénégalais a indiqué avoir échangé sur « les enjeux importants de la vie de l’organisation et l’avenir du multilatéralisme ». cette séquence s’inscrit dans le prolongement des relations étroites nouées avec pékin durant ses deux mandats présidentiels. en novembre 2021, il avait notamment coprésidé à Dakar, aux côtés du président chinois Xi Jining, intervenu par visioconférence, la cérémonie d’ouverture de la 8ᵉ conférence ministérielle du forum sur la coopération sino-africaine (focac), avant de prendre, quelques mois plus tard, la présidence en exercice de l’union africaine.

L’ancien chef de l’état cherche également à consolider ses appuis en Europe. le 2 juin 2026, il a été reçu au palais de l’Elysée par le président français Emmanuel Macron. Cette rencontre s’inscrit dans sa stratégie de mobilisation des principaux partenaires internationaux, la France demeurant un acteur influent dans les grands équilibres diplomatiques.

En qualité de président en exercice de l’union africaine en 2022, Macky Sall avait également présidé le sommet union africaine-union européenne à Bruxelles, qui avait débouché sur un vaste programme d’investissements destiné notamment aux infrastructures, à la santé et à la transition énergétique.

Une expérience diplomatique mise en avant

Les soutiens de Macky Sall mettent en avant son expérience acquise à la tête de plusieurs organisations régionales. À la présidence de l’union africaine, il avait notamment porté le plaidoyer en faveur de l’admission de l’organisation au sein du g20. Cette initiative a abouti le 9 septembre 2023 avec l’intégration officielle de l’union africaine comme membre permanent du g20, une décision présentée par ses soutiens comme l’aboutissement de son action diplomatique.

Au début de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, il s’était rendu à Sotchi en juin 2022 afin d’évoquer avec les autorités russes les conséquences du conflit sur la sécurité alimentaire du continent africain. Un an plus tard, en juin 2023, il participait à une mission africaine de paix en Ukraine et en Russie aux côtés de plusieurs chefs d’état africains.

À la recherche du soutien américain

La campagne de Macky Sall s’étend également aux Etats-Unis. le 10 avril 2026, il a été reçu à New York par Mike Waltz, ambassadeur des Etats-Unis auprès des nations unies, dans le cadre de ses consultations diplomatiques

Dans un entretien accordé au média américain Breitbart news, l’ancien président sénégalais a salué la volonté du président Donald Trump de réformer l’organisation des nations unies, allant jusqu’à reprendre le slogan « Make the un great again » (Munga), inspiré du célèbre « make america great again ». il y défend une Onu « plus efficace », plaide pour une réduction des coûts, une rationalisation des mandats des agences onusiennes et une réforme de sa gouvernance.

Macky Sall n’a pas manqué aussi d’adresser des signaux positifs à Donald Trump. le candidat au premier plan a salué l’engagement du président américain en faveur de la paix, le qualifiant de « bâtisseur de paix ». « Mon premier message au président Trump est d’abord de le féliciter pour son action en faveur de la paix. C’est un bâtisseur de paix », a-t-il déclaré, estimant que les initiatives du dirigeant américain constituaient « quelque chose d’énorme » pour la stabilité mondiale. Macky Sall a également appelé Donald Trump à « poursuivre ce processus pour être et rester un bâtisseur de paix ». Il affirme également vouloir travailler en étroite collaboration avec Washington tout en maintenant un dialogue avec la chine, la Russie, l’Europe et l’Afrique. Cette démarche traduit sa volonté d’obtenir l’appui des cinq membres permanents du conseil de sécurité, dont dépend largement l’issue de l’élection du futur secrétaire général.

Une candidature encore sans soutien officiel de Dakar

Sur le plan africain, la candidature de Macky Sall a été présentée par le Burundi. En revanche, le Sénégal n’a, à ce stade, pas officiellement apporté son soutien. début mai 2026, le président de la république, Bassirou Diomaye Faye avait indiqué que le Sénégal observait une position de neutralité dans cette élection. le chef de l’état avait également précisé que les autorités sénégalaises n’avaient pas été associées à l’initiative de candidature de son prédécesseur. Toutefois, selon des informations relayées, hier, mercredi 8 juillet 2026, par le journaliste Madiambal Diagne, les discussions autour d’un éventuel soutien officiel du Sénégal à Macky Sall évolueraient. Sur les réseaux sociaux, le patron du groupe avenir communication a affirmé que le président Bassirou Diomaye Faye, son homologue gambien Adama Barrow et l’ancien président bissauguinéen Umaro Sissoco Embaló ont échangé, le 7 juillet 2026, sur cette question. Toujours selon le journaliste, Macky Sall est attendu prochainement à Dakar puis à Banjul dans le cadre de la poursuite de ses consultations diplomatiques. Aucune date officielle n’a toutefois été communiquée. 

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