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La face cachée de la débâcle sénégalaise au Mondial 2026 !
Le groupe convoqué par Pape Thiaw regorge de talents : presque tous ont été sacrés champions d’Afrique, à l’exception de quelques absents lors de la CAN Maroc 2025 (Bamba Dieng, Assane Diao, Bara Sapoko Ndiaye entre autres)
 
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L’équipe nationale du Sénégal dispute sa quatrième Coupe du monde, organisée par le trio États‐Unis‐Canada‐Mexique, après Corée‐Japon 2002, Russie 2018 et Qatar 2022. Une compétition d’élite où seule la performance compte. Le groupe convoqué par Pape Thiaw regorge de talents : presque tous ont été sacrés champions d’Afrique, à l’exception de quelques absents lors de la CAN Maroc 2025 (Bamba Dieng, Assane Diao, Bara Sapoko Ndiaye entre autres). Avec un tel potentiel, des individualités exceptionnelles figurant à la deuxième place en Afrique et au 16e rang du classement FIFA, le Sénégal avait de quoi nourrir de grandes ambitions. Placés dans un groupe relevé avec la France, la Norvège et l’Irak, les Lions savaient que la tâche serait ardue. Mais l’effectif n’avait rien à envier à personne en termes de talent pur.

L’ossature de cette équipe repose sur quatre cadres expérimentés. Kalidou Koulibaly, seul défenseur à compter trois campagnes mondialistes, Idrissa Gana Guèye, milieu le plus capé de l’histoire de la sélection, et Ismaïla Sarr disputent leur troisième Coupe du monde consécutive. Sadio Mané, lui, vit sa troisième campagne mondialiste après avoir été convoqué en 2022 mais contraint de déclarer forfait avant le tournoi en raison d’une blessure.

À leurs côtés, une nouvelle vague talentueuse piaffe d’impatience : Mamadou Sarr, fils de l’ancien international Pape Sarr, La‐ mine Camara, Ibrahima Mbaye, Assane Diao, Bara Sapoko Ndiaye et d’autres, rêvant de prendre le flambeau.

Deux matchs, deux claques un fiasco collectif

Entrée en lice cauchemardesque contre la France. Une défaite 3‐1, amère. Dominants en première période, les coéquipiers de Sadio Mané n’ont jamais trouvé la faille face à Mike Maignan. « Un premier mi‐temps de rêve, un second de cauchemar », résume la rédaction du Témoin.

Après cette déroute, tous les espoirs se reportent sur le choc face à la Norvège pour un sursaut. Mais Pape Thiaw reconduit quasi‐ ment la même équipe.

Kalidou Koulibaly, revenu tout juste de blessure et en méforme, avouera plus tard : « Il y avait des joueurs qui n’étaient pas bien physiquement, comme moi, comme Gana Guèye qui n’avait pas joué depuis longtemps. Pape Guèye aussi était fatigué. »

Contre la Norvège, c’est pourtant le capitaine qui portera le chapeau, multipliant les erreurs fatales. Malgré des changements et une intensité revue à la hausse, le Sénégal s’incline (3‐2). Déchets techniques, désorganisation criante, absence de coordination… Les critiques s’abattent sur Pape Thiaw et ses joueurs.

Mais réduire cet échec aux seuls choix du sélectionneur et de ses joueurs serait une erreur d’analyse.

Une équipe nationale n’opère pas en vase clos. Derrière le coach, il y a une institution : la Fédération sénégalaise de football (FSF). Elle doit répondre à des questions cruciales. La préparation a‐t‐elle été optimale ? Les choix sportifs étaient‐ils cohérents ? Les joueurs sont‐ils arrivés dans les meilleures conditions physiques ?

Quand les autres nations peaufinaient leur préparation, la FSF était engluée dans une guerre de primes. Selon L’Observateur (21 avril 2026), la répartition des primes post‐CAN 2025 a viré à la polémique. Plusieurs responsables auraient perçu 13 millions de FCFA chacun, sans validation préalable du Comité exécutif. « Ça va exploser. Il y a trop de problèmes », confiait anonymement un membre de l’instance

Et que dire des matchs de préparation ?

Le choix de disputer un match amical contre la Gambie peut légitimement interroger au regard du niveau d’exigence d’une préparation de Coupe du monde. La rencontre face à l’Arabie saoudite pouvait, en revanche, se justifier par la présence de l’Irak dans le même groupe. Mais ces oppositions étaient‐elles suffisantes pour préparer des rencontres contre la France et la Norvège ? 

Le feuilleton du contrat de Pape Thiaw : amateurisme ou dysfonctionnement ?

Avant même le départ pour les États‐Unis, des spéculations agitaient la tanière. Selon plusieurs informations de presse, Pape Thiaw, sélectionneur champion d’Afrique, ne dispo‐ sait toujours pas d’un contrat officiellement signé et aurait travaillé plusieurs mois avec des arriérés de salaire.

Selon Dsports (27 mai 2026), un échange avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, aurait contribué à débloquer la situation. Des informations de presse ont également évoqué un possible refus d’embarquer du sélectionneur, une version officiellement démentie par la Fédération sénégalaise de football, qui a toutefois reconnu l’existence de discussions contractuelles.

Mais une question demeure : Pourquoi un sélectionneur champion d’Afrique devait‐il encore négocier son contrat à quelques jours d’une Coupe du monde ? Qui a retardé sa signature ? Et pour quelles raisons ?

En pleine compétition, l’intendance suit le chaos

Au lendemain de la défaite contre la France, la situation en coulisses a fini de stupéfier. Selon Mansour Loum de Sport News Africa, le camp sénégalais était confronté à plusieurs difficultés : situation contractuelle du sélectionneur, retards dans le versement de certaines primes, absence de chef cuisinier dédié, restauration à l’extérieur et hôtel jugé austère.

Si ces informations sont avérées, elles interrogent sur l’environnement offert aux Lions au moment d’aborder la plus grande compétition du football mondial.

En conférence de presse d’avant‐match face à la Norvège, Pape Thiaw avait pourtant assuré que les problèmes liés à sa situation contractuelle étaient désormais réglés. Il avait précisé qu’il s’agissait avant tout d’une question de « principe et de respect », et non d’une revendication financière.

Fait aggravant : dès qu’une information sensible est rendue publique, une solution semble être trouvée. Mais le simple fait que ces dysfonctionnements existent jette une lumière crue sur la gouvernance. Personne ne peut affirmer qu’ils n’ont eu aucune répercussion sur le groupe.

Alors, à qui la faute ?

Si cette Coupe du monde 2026 doit servir à quelque chose, ce n’est pas seulement à désigner un bouc émissaire. Elle doit imposer un électrochoc au football sénégalais, de la Fédération jusqu’aux joueurs, en passant par le staff technique. Car au plus haut niveau, les échecs sont rarement l’œuvre d’un seul homme. Ils sont souvent le reflet d’un système qui, à un moment clé, a cessé de fonctionner.

Le Mondial 2026 ne doit pas seulement rester comme celui des deux premières défaites consécutives du Sénégal en phase finale de Coupe du monde, une première dans l’histoire des Lions. Il doit surtout être le point de départ d’une profonde remise en question de la gouvernance du football sénégalais. Car les grandes nations tirent les leçons de leurs échecs. Les autres se contentent de désigner des coupables. Le Sénégal devra choisir son camp. 

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